7ème colloque FONDAFIP (Rabat, 13 et 14 septembre)

Intervention de M. Charles FRIES, Ambassadeur de France au Maroc, au 7ème colloque FONDAFIP

Rabat, le 13 septembre 2013

Monsieur le Ministre,
Monsieur le Trésorier général du Royaume,
Madame la Présidente de la CGEM,
Monsieur le Président de la Fondafip,
Mesdames, Messieurs,

Je suis heureux d’être parmi vous cet après-midi pour cette 7ème édition du colloque organisé par le Ministère marocain de l’Economie et des Finances et l’Association pour la Fondation internationale des finances publiques, un colloque dédié à la problématique des finances publiques dans nos deux pays. Je tiens à saluer chaleureusement tous les participants et je remercie tout particulièrement M. Pierre Joxe, Premier Président honoraire de la Cour des comptes, et le Sénateur Charles Guene d’apporter leur contribution éminente à nos débats.

Le constat de départ est clair : les finances publiques, en France comme au Maroc, sont dans une situation dégradée depuis plusieurs années et leur redressement constitue une urgence commune à nos deux pays. Certes, cette détérioration ne provient pas des mêmes causes :

• en France, le creusement de nos déficits publics résulte largement de la crise financière et économique de la fin des années 2000,

• au Maroc, la dégradation du déficit budgétaire est lié pour une grande part à la hausse des dépenses de compensation, elles-mêmes tributaires de la volatilité des prix du pétrole.

Mais dans les deux cas, ces déficits sont trop sévères pour que leur résorption ne soit pas érigée en priorité politique. En effet, nous avons eu un déficit public en France de 6% du PIB en moyenne entre 2009 et 2012 et une dette publique qui a dépassé 90% du PIB l’an dernier. Au Maroc, le déficit a été de 4,8% sur la période 2009-2012 et la dette a atteint près de 60% du PIB en 2012.

Vous savez combien depuis plus d’un an, les autorités françaises sont engagées dans un effort sans précédent de consolidation de nos finances publiques, avec une réduction historique de notre déficit structurel. Cet effort, nous ne le faisons pas parce qu’on nous le demande à Bruxelles. Nous le faisons pour nous-mêmes, pour nos propres intérêts, pour défendre notre souveraineté, pour ne pas nous placer sous la coupe des marchés financiers. Nous le faisons en réduisant les dépenses publiques et en prenant des mesures fiscales les moins pénalisantes possibles pour la croissance et l’emploi. Ce redressement budgétaire contribuera à renforcer la compétitivité de l’économie française et à assurer le caractère durable de son développement. Le gouvernement a présenté avant-hier le projet de budget pour 2014 qui prévoit ainsi un déficit de 3,6% l’an prochain et un retour sous la barre des 3% en 2015.

S’agissant du Maroc, il ne me revient pas ici de commenter les réformes en cours ou annoncées pour redresser les finances publiques. J’aimerais juste rappeler, au moment où la région est secouée par les crises et soubresauts des printemps arabes, le message fort adressé, ici à Rabat, par le Président de la République devant le Parlement en avril dernier : « la France a confiance dans le Maroc ». Ce pays est en effet engagé depuis plusieurs années, sous l’impulsion de SM le Roi, dans un ambitieux processus de réformes et il constitue un exemple réussi de transition dans la stabilité. Bien sûr, tout comme la France, le Maroc a ses propres défis à relever, y compris des défis budgétaires, et il s’y emploie. Le Royaume sait qu’il peut compter sur le soutien de la France pour l’accompagner dans ce mouvement profond de modernisation. Dans ce contexte, nous ne pouvons que saluer les efforts entrepris par le Maroc pour concentrer les dépenses publiques sur des secteurs clés comme par exemple l’éducation et la formation. C’est une priorité pour ce pays, encore récemment rappelée par le Roi. C’est aussi une priorité pour la coopération menée ici par l’ambassade de France.

L’intensité de cette coopération franco-marocaine, vous le savez, est sans équivalent dans la région et ceci établit entre nos deux pays un partenariat qualifié d’exception. Je me réjouis que cette coopération puisse aussi concerner, depuis de nombreuses années, les finances publiques. Je tiens ainsi à saluer l’action originale et nécessaire de la Fondafip qui permet de développer au Maroc la recherche en finances publiques et de favoriser les échanges entre les décideurs politiques, le monde universitaire et les praticiens des affaires budgétaires. Je souligne aussi le rôle joué depuis longtemps par l’ADETEF, l’agence de coopération technique internationale de Bercy, ainsi que la très bonne coopération nouée entre la Direction générale des finances publiques et la Trésorerie générale du Royaume qui porte sur des sujets aussi variés que la formation des cadres, la gouvernance informatique, l’amélioration du dispositif comptable de l’Etat et des collectivités locales ou la modernisation du système des achats publics. Je pense enfin au travail en cours avec l’Inspection générale des finances dans le cadre d’un jumelage européen pour un renforcement des capacités institutionnelles de l’IGF marocaine.

Je vous souhaite d’excellents travaux, en espérant que ce colloque permettra des échanges utiles, concrets et pratiques pour améliorer le pilotage de nos finances publiques. Merci de votre attention.

Dernière modification : 13/09/2013

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