Etudes en France / Discours de l’ambassadeur de France (11 octobre 2014)

Discours de l’ambassadeur de France au Maroc, M. Charles FRIES
Inauguration de l’espace Campus France de Marrakech
11 octobre 2014

Je suis particulièrement heureux de vous accueillir aujourd’hui à l’occasion de l’inauguration de ces nouveaux locaux de l’Espace Campus France Maroc au sein de l’Institut français de Marrakech.

1. Vous savez tous l’importance que revêt la mobilité étudiante entre le Maroc et la France.

L’Espace Campus France Maroc, opérateur de cette mobilité au sein de l’Institut Français du Maroc, a pour vocation d’orienter les étudiants marocains –toujours plus nombreux– qui souhaitent poursuivre leurs études en France. Le nombre de dossiers déposés à l’espace Campus France Maroc en 2014 dépasse en effet les 18 000 et a connu une hausse de plus de 18% par rapport à 2013. Ce chiffre fait écho aux 32 000 étudiants marocains présents en France, qui constituent le plus fort contingent d’étudiants étrangers, devant les étudiants chinois et algériens. Ce sont ainsi plus de 9 000 jeunes marocains qui sont partis en 2013, tous visas confondus, des quelques dizaines de lycéens, aux cohortes plus importantes d’étudiants et d’élèves des grandes écoles. Quel bel exemple de la densité des liens humains entre le Maroc et la France et de l’attractivité de notre pays auprès de la jeunesse marocaine.

Votre présence, M. le Président de l’Université ainsi que la vôtre, Monsieur le Directeur de l’AREF, illustre l’importance politique de cette mobilité de jeunes marocains dont je souhaite souligner ici le niveau d’excellence tout particulier. Cette excellence est confirmée par une étude récente du Réseau européen des migrations selon laquelle les étudiants marocains, qui sont un peu plus de 60% à choisir l’Université, privilégient les études scientifiques et commerciales à accès sélectif. Que ce soit dans les IUT, les écoles d’ingénieurs ou dans les classes préparatoires, les Marocains constituent systématiquement la nationalité étrangère la plus importante numériquement. Ils sont parfois, et c’est le cas dans les écoles d’ingénieurs, jusqu’à 10 fois plus nombreux que les étudiants des autres pays du Maghreb. Ils sont enfin très bien représentés dans les plus prestigieuses de nos grandes écoles, notamment au sein des filières scientifiques. La mobilité étudiante marocaine est donc une mobilité de haut niveau ; elle est le fait de jeunes ayant un projet d’études précis et ambitieux.

L’installation de cette antenne Campus France au sein de l’Institut Français de Marrakech n’est pas le fruit du hasard. Elle s’inscrit au contraire dans le cadre d’une volonté affirmée de notre part de toucher de nouveaux publics, au-delà de l’axe Casablanca/Rabat.

Marrakech s’est naturellement imposé à cet égard, au regard de l’importance de son université.

Les étudiants marocains relevant des consulats français d’Agadir et Marrakech représentent plus de 15% des demandes qui se sont exprimées cette année. Et ce sont ainsi plus de 1200 jeunes issus de ces circonscriptions consulaires qui sont déjà partis en septembre 2014 rejoindre les bancs des universités et grandes écoles françaises. Cela témoigne non seulement de l’envie de France mais de la vitalité des universités marocaines et du partenariat étroit qui les lie aux instituts français du Maroc. Pour ce qui concerne Marrakech, cette relation s’exprime au travers de collaborations innovantes avec l’Université Cadi Ayad, portant sur la culture scientifique et technique, la remédiation linguistique en cours de finalisation avec les facultés de droit et des lettres.

L’installation d’une antenne Campus France Marrakech permettra de densifier encore ces relations, de recevoir les étudiants dans des conditions optimales, leur évitant un déplacement vers Casablanca ou Rabat tant pour les informer que pour procéder aux entretiens liés à la procédure d’inscription dans l’enseignement supérieur français. Ce sera aussi la possibilité de disposer d’une expertise supplémentaire pour renforcer la mobilité encadrée que chacun appelle de ses vœux.

2. Vous l’avez compris, ce que fait la France avec le Maroc en matière de coopération universitaire est pour notre pays unique au monde.

Dans le droit fil de la volonté exprimée en avril 2013 par le Président de la République et Sa Majesté le Roi d’ériger l’éducation et la formation des jeunes en tant que priorité de la relation bilatérale, notre objectif est de répondre à la forte demande d’enseignement supérieur qui s’exprime au Maroc en créant un vaste espace commun de formation franco-marocain marqué par la libre circulation du savoir et la mobilité des étudiants. Plusieurs actions sont engagées en ce sens :

-  nous travaillons tout d’abord à l’installation d’établissements français d’enseignement supérieur au Maroc, dans une logique de « co-localisation académique ». L’objectif est de permettre à des étudiants marocains qui ne peuvent ou ne souhaitent pas effectuer leurs études en France d’obtenir un diplôme français tout en étudiant sur le territoire marocain. Ces nouvelles filières sont déjà une réalité puisque l’Ecole d’architecture de Rabat a ouvert ses portes à la rentrée 2013, que la cérémonie de lancement de l’INSA international intégrée au sein de l’Université Euroméditerranéenne de Fès s’est tenue en septembre et que plusieurs autres établissements suivront leurs exemples dans les mois qui viennent, à l’instar de l’Ecole centrale de Casablanca, ou encore de l’Institut aux métiers de la logistique et des transports à Tanger ou de l’IUT International.

-  par ailleurs, nous souhaitons que la possibilité d’étudier en France soit davantage ouverte à l’ensemble des jeunes Marocains, quel que soit leur niveau de ressources. Notre politique de coopération universitaire s’accompagne ainsi d’un important programme de bourses de l’Etat français à destination des étudiants et chercheurs marocains, pour un budget de plus de 2 millions d’euros chaque année. Celles-ci visent à offrir à leurs bénéficiaires la possibilité de poursuivre leurs études en France dans des conditions financières et matérielles satisfaisantes. Ce sont ainsi plus de 400 étudiants qui ont bénéficié d’une bourse d’études pour la seule année 2013, tandis qu’environ 120 doctorants se voyaient octroyés une bourse de recherche de 3 à 6 mois dans le cadre de la préparation de leur doctorat en co-tutelle d’une université française et d’une université marocaine. Une coopération avec la Fondation OCP a permis également de mener de façon expérimentale l’intégration de quelques boursiers en licence professionnelle au sein du réseau des IUT français.

Un mot sur les visas. Nous avons constaté qu’une fois leurs études en France terminées, certains étudiants marocains hésitaient à rentrer au Maroc de peur de n’avoir plus ensuite de visa pour se rendre en France et entretenir les liens qu’ils y avaient noué pendant leurs études. Afin de répondre à leurs attentes et de franchir un pas supplémentaire dans cette mobilité circulaire entre les deux rives de la Méditerranée, les 6 consulats généraux de France au Maroc ont depuis le 1er mars pour instruction de délivrer, à chaque fois que cela est possible, un visa de circulation Schengen d’au moins un an à tous les étudiants marocains récemment titulaires d’un diplôme obtenu en France et équivalent au minimum au niveau master.

Cette mesure concerne tous les domaines d’études, ceux tenus habituellement pour prestigieux (sciences et ingénierie notamment) mais aussi ceux où la France est reconnue pour son expertise (hôtellerie, design, mode,..).

3. Il n’est pas nécessaire, je crois, de vendre les mérites de la destination France pour les étudiants, qui continuent de la plébisciter. Sachez néanmoins que la France fournit un effort conséquent pour que son enseignement supérieur continue de figurer parmi les meilleurs du Monde.

Ainsi, un prochain appel d’offres, lancé en France dans le cadre du second programme d’investissement d’avenir (PIA), portera à 10 milliards d’euros l’enveloppe consacrée aux projets d’amélioration de nos universités. L’objectif est de doter la France d’universités parmi les meilleures au monde, qui lui permettront de tenir son rang dans la compétition scientifique et économique.

Votre présence, la création de ce nouvel et bel espace, les différentes initiatives en cours que je viens de rappeler, sont autant de preuves du dynamisme et de la force de notre relation dans le domaine de l’éducation, du savoir de la connaissance. Je suis convaincu que nos deux pays ont tout à y gagner. Car rapprocher nos jeunesses aujourd’hui, c’est construire pour demain l’avenir commun de nos deux pays.

Je vous remercie.

Dernière modification : 13/10/2014

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