Etudiants étrangers en France/Discours de Mme Fioraso (16.03.2013)

Étudiants étrangers en France - Discours de la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Mme Geneviève Fioraso (Paris, 16/04/2013)

Avec Manuel Valls, nous souhaitons réaffirmer que les étudiants et chercheurs étrangers sont une richesse pour la France. Leur accueil dans notre pays est un enjeu majeur pour le rayonnement universitaire et scientifique de la France, mais aussi pour notre compétitivité, et pour notre politique d’influence reposant sur la diffusion de notre langue, de notre culture et de nos valeurs à travers le monde. Cela crée les conditions de partenariats professionnels ultérieurs, bien utiles à notre balance commerciale extérieure.

290.000 jeunes étrangers font chaque année le choix d’étudier dans notre pays. 41 % des thèses soutenues en France le sont par des étudiants étrangers. 60 000 titres de séjours de longue durée bénéficient annuellement aux étudiants, contre 17 000 à des salariés et 90 000 au motif du regroupement familial. Notre pays peut s’honorer de ce rayonnement international qui témoigne à lui seul de la qualité scientifique et pédagogique de nos universités.

J’étais hier avec ma collègue allemande Johanna Wanka. La France est avec l’Allemagne le premier pays d’accueil non anglophone des étudiants internationaux. Mais cette position est fragile. Notre pays a perdu du terrain, en passant de la 4e à la 5e place dans le classement des pays les plus attractifs en matière d’études supérieures.

Les pays émergents fondent leur développement sur l’élévation du niveau de qualification et de la recherche. Avec 3,3 millions d’étudiants pour 59 millions d’habitants et 4,34 % de son PIB dédiés à la R&D, la Corée du Sud est un exemple frappant. La France n’est que le 8e pays d’accueil de ses étudiants avec seulement 5.500 Coréens inscrits dans nos établissements sur 154.000 partant chaque année à l’étranger, et seulement 3 % en ingénierie et sciences. L’Inde veut doubler le nombre de ses étudiants, mais ils ne sont que 3.000 étudiants indiens en France, et seulement 1.000 étudiants français sont en mobilité dans ce pays de près d’un milliard d’habitants.

Continuer à attirer les meilleurs étudiants internationaux

Face à ces flux croissants, les pays d’accueil s’organisent. Le président Obama vient de lancer une politique d’attractivité scientifique ambitieuse. Les grands pays anglophones prennent des positions offensives dans les échanges internationaux. Nous ne devons pas rester à l’écart de ces dynamiques.

Pour être à nouveau offensive dans la compétition universitaire mondiale, la France doit continuer à attirer les meilleurs étudiants internationaux, mais doit aussi diversifier leur origine géographique. Nous devons nous tourner vers les pays émergents, les Brics. Mais nous devons également renforcer nos liens avec l’Afrique, où notre enseignement supérieur demeure attractif, car c’est aussi dans les échanges avec ce continent, où la Chine est déjà très présente, que se joue une partie du développement économique de l’Europe.

Pour atteindre ces objectifs, je souhaite renforcer les politiques d’internationalisation des universités. La France n’est pas qu’une terre d’accueil, elle doit aussi savoir envoyer ses étudiants dans les universités des pays émergents, notamment en Asie. Nous devons parallèlement développer l’implantation d’antennes de nos universités et écoles dans les pays d’Afrique et du Maghreb, où ils contribuent au rayonnement de notre enseignement supérieur.

Il est également indispensable d’améliorer les conditions d’accueil des étudiants étrangers dans notre pays.

La loi sur l’enseignement supérieur permettra de dispenser des cours en langue étrangère pour attirer les étudiants internationaux de pays non-francophones, notamment des pays en pleine croissance. Ils s’accompagneront d’apprentissage du français.

Le logement est un de nos points faibles, particulièrement en région parisienne. En débloquant le plan Campus, ce sont 13 000 logements qui sont en programmation grâce au retour des collectivités locales que l’on remet autour de la table. Un nouvel élan est donné à la Cité internationale, dont le parc immobilier va s’accroître de 1 800 logements supplémentaires. Le programme est l’un des 13 projets prioritaires, financé à hauteur de 22 millions d’euros. De plus, à l’initiative du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, de nouvelles facilités d’emprunts ont été négociées avec la Caisse des dépôts et la Banque européenne d’investissement. D’autres fonds viendront des pays partenaires. J’espère vivement pouvoir plaider la cause de la Cité internationale lors du déplacement que le président de la République prévoit en Chine dès la semaine prochaine. La Cité internationale compte de belles et grandes maisons. Il en faut sûrement une pour cette grande puissance asiatique, devenue l’un de nos premiers partenaires académiques.

Le gouvernement a pleinement conscience que les conditions d’attribution des visas et de délivrance des titres de séjour doivent être fluidifiées et améliorées. Après avoir ensemble abrogé la circulaire Guéant, Manuel Valls et moi avons travaillé ensemble à plusieurs niveaux :

- la mise en place du titre de séjour pluriannuel par cycle d’étude (3 ans pour une licence, 2 ans pour un master) afin de simplifier les procédures de renouvellements qui pénalisent les étudiants et chercheurs et encombrent l’administration. Une circulaire sera prise en ce sens très prochainement ;

- l’ouverture de guichets uniques pour l’accueil des étudiants et chercheurs étrangers sur les universités, permettant d’accomplir en un seul lieu toutes les démarches pédagogiques, administratives et pratiques liées à une installation. Je sais que la Cité internationale, avec le concours de la Ville de Paris et de la Région Ile de France, s’est engagée dans une telle démarche en réunissant autour d’elles de nombreux services utiles, dont ceux relevant du ministère de l’intérieur ;

- le passage plus facile du statut d’étudiant à celui de salarié pour les jeunes diplômés d’un master ou d’un doctorat, en allongeant la durée de validité de l’autorisation provisoire de séjour. C’est un travail, en cours, mené avec Michel Sapin. Je souhaite également que nous puissions avancer pour donner aux étrangers ayant soutenu un doctorat en France une forme de visa permanent pour visiter à nouveau notre pays chaque fois que de besoin.

Pour atteindre nos objectifs, nous devons fédérer toutes les énergies. La Cité internationale et les établissements parisiens sont des locomotives pour les forces académiques nationales. Qu’ils en soient remerciés aujourd’hui et encouragés toujours mieux demain.

Je ne sous-estime pas les difficultés. Mais nous connaissons tous les enjeux, et vous pouvez compter sur Manuel Valls et moi-même pour favoriser un développement fondé sur la jeunesse, les échanges internationaux, la coopération scientifique et culturelle./.

Dernière modification : 18/04/2013

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