Fête nationale / Discours de l’ambassadeur de France, M. Charles Fries (14 juillet 2015)

Discours de l’Ambassadeur de France au Maroc, M. Charles Fries, à l’occasion de la réception de la Fête nationale

Résidence de France, mardi 14 juillet 2015 (Rabat)

Monsieur le Chef de gouvernement,
Monsieur le Président de la Chambre des Représentants,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs, chers Amis,

Soyez tous les bienvenus à la Résidence de France ! Je me réjouis avec mon épouse de vous accueillir ce soir pour la 4ème fois à l’occasion de notre fête nationale pour partager, en cette fin de Ramadan, ce moment de convivialité et de fraternité placé sous le signe de l’amitié franco-marocaine.

Comme vous le savez, la relation entre la France et le Maroc a retrouvé ces derniers mois toute sa vigueur et sérénité habituelles. A la suite de la rencontre début février entre le Président de la République et Sa Majesté le Roi, une nouvelle dynamique de coopération, confiante et ambitieuse, a été lancée entre nos deux pays, dans tous les domaines. Cette relance a été rendue possible grâce à la conclusion d’un accord qui va conduire nos deux justices à travailler davantage ensemble, dans le plein respect de nos lois et de nos engagements internationaux. Je me réjouis que ce texte, voté par l’Assemblée nationale fin juin, soit adopté demain par le Sénat français : avec son approbation en parallèle par le Parlement marocain, cet accord pourra entrer en vigueur dès la rentrée.

Un nouveau chapitre de la relation entre nos deux pays s’est donc ouvert en 2015, comme en témoignent les visites à Rabat des Ministres des affaires étrangères, de l’Intérieur et des Finances puis celle du Premier ministre. La Rencontre de Haut Niveau qui s’est tenue à Paris fin mai entre les deux gouvernements a illustré cette volonté partagée de renforcer et de renouveler les liens entre nos deux pays.

Le Maroc et la France ont en effet, plus que jamais, besoin de travailler ensemble. Tout d’abord pour assurer leur sécurité. Nos deux pays font face aujourd’hui à une grave menace terroriste. La France, frappée à plusieurs reprises ces derniers mois, en a payé lourdement le prix. Nous devons combattre ce fléau avec fermeté et sans relâche, grâce à une coopération accrue entre nos services de sécurité et de renseignement. Nous devons travailler aussi davantage ensemble pour empêcher la radicalisation de certains de nos concitoyens. C’est là un domaine dans lequel le Maroc constitue une véritable référence grâce aux efforts engagés depuis de très nombreuses années pour promouvoir un Islam ouvert et tolérant et c’est pourquoi nous souhaitons coopérer avec le Royaume pour la formation des imams de France.

Le Maroc sait par ailleurs qu’il peut compter sur le soutien constant de la France pour l’accompagner dans son ambitieux processus de réformes, engagé depuis plusieurs années sous l’impulsion de Sa Majesté. Nous restons ainsi le premier partenaire économique du Royaume et nous y sommes le premier investisseur étranger. Après le succès de l’usine Renault à Tanger, l’arrivée d’un deuxième constructeur automobile avec le groupe Peugeot Citroën symbolise la confiance des entreprises françaises dans le formidable potentiel de développement du Royaume, perçu à la fois comme une terre de croissance et une porte ouverte sur les marchés africains.

De même, nous sommes aux côtés des autorités marocaines pour contribuer à la formation et à l’emploi de la jeunesse de ce pays. Des chantiers très importants ont été lancés ces dernières années. Je pense en particulier au développement de filières bilingues dans les lycées marocains afin d’améliorer et de démocratiser l’enseignement du français et de renforcer ainsi les perspectives d’insertion professionnelle des jeunes. Je pense aussi à l’essor de la mobilité étudiante vers la France, à ces 34.000 jeunes Marocains qui séjournent dans mon pays et qui y représentent le premier contingent d’étudiants étrangers. Je pense enfin à l’installation au Maroc d’établissements français d’enseignement supérieur qui viendront former des étudiants marocains et, plus largement, de toute la région : dès septembre, nous aurons ainsi les premières générations d’étudiants de la nouvelle Ecole centrale de Casablanca ou de l’INSA International de Fès. Ce sont là, je crois, des projets majeurs pour le Maroc et l’avenir de sa jeunesse.

Cette concertation privilégiée entre nos deux pays s’exprime enfin sur le terrain diplomatique, en particulier à New York ou à Bruxelles. Elle va se renforcer encore davantage avec la co-présidence franco-marocaine du Dialogue 5+5 sur la Méditerranée occidentale et avec la Conférence sur le changement climatique à la fin de l’année à Paris qui sera la plus grande conférence jamais accueillie par la France dans son histoire. Nous travaillons déjà étroitement ensemble puisque le Maroc nous succèdera avec la présidence de la COP 22 en 2016. Nous partageons la même ambition : parvenir en décembre prochain à un accord universel et ambitieux permettant de protéger la planète des dérèglements du climat. Là encore, le Maroc, premier pays arabe à avoir présenté sa contribution pour cette conférence de Paris, montre la voie à ses partenaires en s’étant par exemple résolument engagé dans la promotion des énergies renouvelables.

Monsieur le Chef de gouvernement,

Votre venue ce soir à la Résidence est un grand honneur et un geste d’amitié auquel je suis très sensible et dont je vous remercie chaleureusement. Cela montre, une fois encore, votre attachement sincère à la relation avec la France. Nos deux pays partagent le même destin, doivent relever les mêmes défis, ont besoin mutuellement l’un de l’autre. Et nous restons toujours attirés par nos cultures respectives : le succès des expositions au Louvre et à l’Institut du monde arabe a témoigné de l’engouement du public français pour la richesse du patrimoine marocain et pour le talent de ses créateurs contemporains. Je ne doute pas que le public marocain sera au rendez-vous cet automne lors de la venue de la Comédie française qui fera une tournée dans quatre villes du Royaume.

Mesdames, Messieurs,

Cette soirée est pour moi un moment un peu particulier, chargé d’émotion, puisque c’est la dernière fois que je m’adresse à vous, après plus de trois ans passés dans ce magnifique pays. Je mesure l’honneur et la chance d’avoir dirigé une de nos plus importantes ambassades de France à l’étranger, au service d’une relation bilatérale exceptionnelle par sa richesse et sa diversité.

Je suis fier du travail accompli avec toute mon équipe que je tiens à remercier ce soir pour son professionnalisme et son dévouement. Je tiens aussi à exprimer toute ma reconnaissance aux autorités marocaines pour leur coopération et pour tous ces nouveaux projets que nous avons lancés conjointement et qui permettront à notre partenariat de garder une force sans équivalent dans la région. Je quitte le Maroc, heureux d’avoir activement contribué à ce que notre relation ait retrouvé toute sa vitalité et en étant convaincu que nous avons encore de bien belles choses à accomplir ensemble.

Je salue aussi chaleureusement tous mes compatriotes ainsi que leurs représentants élus qui œuvrent au quotidien à faire vivre cette formidable relation entre nos deux pays. Je tiens enfin à remercier mon épouse Hélène pour son précieux soutien à mes côtés et pour avoir fait de cette Résidence et de ses jardins un lieu exceptionnel de rayonnement de la France.

Je ne saurais terminer mon discours sans exprimer toute ma gratitude aux entreprises qui soutiennent la célébration de ce 14 juillet : Renault, Sanofi, Lafarge, Saint Gobain, BMCI et Smadire.

Je vous souhaite à tous une excellente soirée. Vive la France, vive le Maroc, vive l’amitié franco-marocaine !

Dernière modification : 15/07/2015

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