Fête nationale de la République française - Réception du 10 juillet

Discours de M. Jean-François THIBAULT,

Ambassadeur de France au Maroc

A l’occasion de la réception donnée pour la Fête nationale

Vendredi 10 juillet 2009

Monsieur le Premier ministre,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Représentants des Organisations internationales,
Mesdames et Messieurs,
Chers Amis,

C’est une nouvelle fois pour moi un grand plaisir et un honneur de m’adresser à vous à l’occasion de la Fête nationale française. Dans les incertitudes du monde présent, la devise nationale de la France, où la liberté se nourrit d’une certaine idée de l’égalité et de la fraternité entre les hommes et les peuples, est pour nous toujours porteuse d’espoir. Au moment où des hommes et des femmes luttent, dans plusieurs endroits du monde, pour leur dignité et pour leur liberté, il est bon de se rappeler que nous portons collectivement ces valeurs.

Dans cette relation si ancienne entre le Maroc et la France, il y a, Monsieur le Premier ministre, quelque chose d’indéfinissable qui se reflète dans le plaisir que j’ai à être à vos côtés. Jamais plus qu’aujourd’hui, je crois, il n’existe une communauté de destin aussi intime entre nos deux pays. Le remarquable brassage de nos populations, le dynamisme de nos intérêts économiques et financiers, la qualité de notre coopération concourent sans cesse à enrichir notre partenariat.

Un partenariat fait d’abord d’hommes et de femmes de qualité et de conviction, au service du développement et de la connaissance. Je pense d’abord à ces communautés marocaine en France et française au Maroc, près de 38.000 personnes immatriculées cette année dans nos six consulats pour la nôtre, et sans doute beaucoup plus dans les faits, qui sont autant de preuves de la richesse humaine des deux côtés de la Méditerranée.

C’est aussi un partenariat politique d’envergure, comme l’illustrent les déplacements au cours de l’année écoulée de dix membres du gouvernement français, sans compter les nombreuses missions parlementaires, (ce qui me permet de saluer la présence du Député Jean Roatta, Président du groupe d’amitié à l’Assemblée nationale), mais aussi d’élus locaux ou de hauts fonctionnaires. Après le succès de la dernière réunion de Haut niveau présidée par vous-même, Monsieur le Premier Ministre, et votre homologue François Fillon, ici même à Rabat en avril 2008, la préparation du prochain séminaire gouvernemental, qui se tiendra cette fois en France, constituera un rendez-vous important et une feuille de route fondamentale pour approfondir notre relation dans tous les domaines dans les prochains mois. Laissez-moi rappeler également, Monsieur le Premier ministre, que vous vous êtes rendu récemment à Paris le 8 avril et que vous avez été reçu à cette occasion par M. le Président de la République et par le Premier ministre français.

La France est plus que jamais présente au Maroc et aux côtés du Maroc. Elle maintient, dans un environnement des plus concurrentiels, sa place de premier investisseur. Alors que la crise touche toute la planète, mon pays croit à l’investissement dans ce pays. La récente confirmation du grand projet de Renault Tanger en témoigne, comme l’illustre aussi la présence parmi nous ce soir de M. Henri Proglio, PDG de Veolia, patron de l’une des plus grandes entreprises françaises que je salue tout particulièrement. Ces entreprises, comme par exemple nos partenaires de ce soir, Renault dans l’industrie automobile, Alstom dans l’énergie, les transports urbains ou ferroviaires et Veolia dans le domaine de l’eau et de l’environnement ainsi que des transports, sont en tant qu’entreprises, des partenaires confiants du Maroc. Nous avons des chantiers majeurs pour notre avenir commun dans tous les secteurs que ces entreprises représentent ce soir, avec le TGV, le Tramway et les transports urbains de Rabat, la génération d’électricité, mais aussi la gestion déléguée de l’eau, de l’électricité ou des déchets, ou l’automobile et ses équipementiers à côté de l’aéronautique avec ses segments industriels implantés au Maroc, sans parler du transport aérien, du transport maritime, et des télécommunications.

La France est aussi un des pays les plus engagés au Maroc à travers l’effort de coopération bilatérale et comme partie à la mobilisation de l’Union européenne pour le développement du Royaume dans les différents volets de l’enseignement, y compris professionnel, à l’université, dans le secteur culturel, dans le domaine de la science et de la recherche. L’Education est un des terrains sur lesquels se joue l’avenir du Maroc et c’est, pour lui, un des chantiers prioritaires qu’a identifié Sa Majesté Le Roi. La France est aux côtés du Maroc dans la démarche courageuse qu’il a engagée. Vous le savez, l’Agence Française de Développement vient de signer un prêt de 50 millions d’Euros en appui du « Plan d’urgence » destiné à réformer le système scolaire marocain.

Parallèlement, et je voudrais le rappeler ce soir, les écoles d’enseignement français, en y ajoutant les écoles marocaines privées homologuées sur le plan pédagogique, accueillent au Maroc près de 30.000 élèves, dont une grande majorité d’enfants marocains ou franco-marocains. J’y vois une marque de confiance qui nous est faite, par toutes ces familles et un honneur pour notre système éducatif. Mais ce réseau est de plus en plus soumis, vous le savez, à une demande qui dépasse l’offre que nous sommes en mesure de présenter. C’est pourquoi il me semble qu’il faudra réfléchir ensemble à son évolution, dans le respect de son identité et de ses valeurs bien sûr, et dans la logique de partenariat avec les autorités marocaines, qui prévaut toujours dans nos relations bilatérales.

C’est en tout cas dans cet esprit que, cette année, nous avons célébré, à la Bibilothèque nationale du Royaume, à Rabat, les vingt années de l’option internationale du baccalauréat (OIB) qui, dans les écoles françaises du réseau, propose aux jeunes Marocains qui le veulent une formation bilingue français-arabe. Plus de 3500 élèves ont suivi ce cursus exigeant, bi-culturel et ouvert sur la modernité.

Enfin , je ne voudrais pas oublier de rappeller que ce sont plus de 30.000 étudiants marocains qui fréquentent les bancs du cycle d’enseignement supérieur en France, ce qui est une preuve de la remarquable qualité intellectuelle de la jeunesse marocaine.

Bâtir cette ambition entre le Maroc et la France, c’est aussi tracer des perspectives pour l’avenir du Royaume avec l’Union européenne et avec la Méditerranée, notre région commune. La présidence française de l’UE, qui aura duré une année, ici au Maroc, a été riche en évènements. J’en retiens deux. D’abord la signature d’un document conjoint portant sur le Statut avancé lors du Conseil d’association d’octobre dernier, véritable feuille de route d’un rapprochement encore plus fort du Maroc et de l’Europe. Ensuite, l’Union pour la Méditerranée, projet novateur, basé sur un partenariat authentique et s’adressant à nos peuples, dont le sommet constitutif s’est tenu à Paris le 13 juillet dernier. Nous savons que cette nouvelle ambition pour la Méditerranée, que nous partageons avec le Maroc, sera décisive pour l’avenir de nos deux pays.

Monsieur le Premier Ministre, nous partageons marocains et français ensemble, beaucoup d’intérêts, d’idées et d’ambitions. Cette Fête nationale me donne l’occasion de rappeler l’objectif d’enracinement de notre partenariat qui découle de son caractère à maints égards si particulier, fait de confiance et de respect, mais aussi d’exigence pour nos deux nations et nos deux Etats. Je vous remercie à nouveau de votre présence et je me propose, Monsieur le Premier ministre, de vous rejoindre sur la pelouse pour écouter avec vous les hymnes nationaux de nos deux pays, qui seront interprétés cette année par la Musique du 43ème Régiment d’infanterie de Lille.

Je vous remercie.

[11/07/09]

Dernière modification : 21/07/2009

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