Inauguration du Carrefour des Fournisseurs de l’Industrie agroalimentaire (Casablanca, 16/09/2014)

Discours de M. Charles FRIES , ambassadeur de France au Maroc

Inauguration du CFIA
(Carrefour des Fournisseurs de l’Industrie Agroalimentaire.)

Casablanca 16 septembre 2014

Je suis heureux d’être présent parmi vous ce matin pour inaugurer cette quatrième édition du Carrefour des Fournisseurs de l’Industrie Agro-alimentaire. Je tiens à saluer tous les participants à cette grande manifestation qui permettra, je l’espère, de renforcer les échanges entre le Maroc et ses partenaires. J’ai une pensée particulière pour les entreprises françaises qui, comme il y a deux ans, ont répondu massivement présent car elles connaissent le potentiel de développement du Royaume et les opportunités qu’il peut offrir pour nouer davantage de coopérations entre nos deux pays.
1) On sait en effet la force et l’intensité de la relation qui a toujours existé entre la France et le Maroc. Ceci s’illustre très bien dans le domaine de l’agro-alimentaire :
-  d’abord à travers une forte présence d’entreprises françaises puisqu’une cinquantaine d’entreprises de la sphère agroalimentaire implantées au Maroc sont des filiales de groupes français.
-  Ces entreprises sont naturellement très actives en matière d’investissements, plaçant la France au premier rang en matière d’IDE au Maroc. Je rappelle, à titre d’exemples, les investissements importants opérés dans le secteur agroalimentaire par deux fleurons de l’industrie française : SOFIPROTEOL qui est devenu l’actionnaire de référence de LESIEUR Cristal en 2012 ; DANONE qui a pris le contrôle de Centrale Laitière en 2013.
-  Ceci se traduit aussi par un commerce bilatéral très intense puisque nous sommes, selon les années, le premier ou le deuxième exportateur de produits agroalimentaires vers le Maroc, avec une part de marché comprise entre 15 et 20 %. En 2011 nous étions premiers, en 2012 et 2013 deuxième derrière le Brésil. Les premiers chiffres dont nous disposons pour 2014 nous laissent espérer une très bonne année 2014 pour la France. Nos exportations, dominées par les céréales, contribuent d’ailleurs à la sécurité alimentaire du Maroc. Par ailleurs, la France demeure le premier importateur de produits agroalimentaires marocains devant l’Espagne.
-  Je rappelle enfin que le Maroc constitue de plus en plus un hub vers la rive sud de la Méditerranée et plus encore vers l’Afrique subsaharienne et que les entreprises françaises sont prêtes à jouer un rôle actif afin d’accompagner ce mouvement. Il y a là un gisement considérable d’opportunités, qu’il s’agisse de co-localisations, de renforcement des capacités exportatrices du Maroc ou de partenariats franco-marocains tournés vers le continent africain.

2) Dans ce contexte, quels sont les objectifs de la France ?

a) Conforter tout d’abord la relation entre nos deux pays dans le domaine de l’agriculture.

Lors de la visite du Président de la République au Maroc en avril 2013, les deux ministres en charge de l’agriculture, Stéphane LE FOLL et Aziz AKHANNOUCH, ont signé une convention de partenariat et de coopération dans les domaines de l’agriculture, du développement rural et de l’agro-alimentaire, avec l’accent mis sur plusieurs domaines : la formation technique agricole, la veille stratégique, les statistiques agricoles, les filières de production, le dispositif sanitaire marocain.

C’est dans ce cadre que le premier comité mixte agricole a réuni les deux ministres en février dernier à Paris. Stéphane LE FOLL était à nouveau présent au Maroc à l’occasion de la dernière édition du Salon International de l’Agriculture (SIAM) à Meknès. Et nous souhaitons naturellement que ces échanges ministériels se poursuivent.

Ce renforcement du partenariat franco marocain dans le domaine agricole s’est également traduit par le démarrage de nombreux projets qui s’inscrivent dans un contexte très favorable avec l’entrée en vigueur, depuis octobre 2012, de l’accord agricole entre l’Union européenne et le Maroc. Il y a là des opportunités considérables pour le Maroc, en particulier pour les fruits et légumes et l’huile d’olive. Il y a aussi des opportunités pour les entreprises françaises comme, par exemple, pour les aliments en conserve, les fruits et légumes, les produits laitiers et les viandes. A nous, Marocains, Français et Européens, de faire vivre cet accord en l’utilisant au maximum de ses possibilités et de manière équilibrée afin que chacun puisse y trouver son compte.

b) 2ème objectif : soutenir et accompagner activement le Plan Maroc Vert.

-  Ceci s’est traduit tout d’abord par une forte implication financière de l’AFD, qu’il s’agisse par exemple de la mise en oeuvre du pilier II du Plan Maroc Vert dans les régions du Nord ou, à travers le Crédit agricole du Maroc, du financement des investissements des exploitations agricoles n’ayant pas accès au crédit bancaire classique. L’AFD est également partie prenante dans le développement des Agropoles.

-  Ceci passe aussi par un appui à une des démarches centrales du Plan Maroc Vert qui est l’agrégation. En la matière, le Maroc peut s’enorgueillir de plusieurs réussites exemplaires. Centrale Laitière / DANONE effectue par exemple un travail important auprès des éleveurs qui l’approvisionnent en lait pour les accompagner dans leur travail, que ce soit pour l’amélioration de la qualité des laits collectés ou en leur fournissant la génétique animale dont ils ont besoin.

-  3ème axe : la structuration des filières de production.
Lesieur cristal a ainsi engagé une ambitieuse stratégie de développement de la production de 50 000 ha de tournesol et de structuration d’une filière oléagineuse au Maroc, répondant ainsi à la dynamique lancée par le Ministère marocain de l’Agriculture.

FranceExportCéréales qui représente l’interprofession française au Maroc accompagne la filière marocaine en matière d’expertise et de formation.
L’interprofession française des viandes rouges (INTERBEV) a initié un partenariat ambitieux avec son homologue marocaine (la FIVIAR) en matière de structuration de la filière et de formation professionnelle.

-  Ceci se traduit enfin par un accompagnement institutionnel par la France des efforts marocains.

Afin de favoriser la réussite du Plan Maroc Vert, Aziz AKHANNOUCH a souhaité restructurer l’ensemble du dispositif de formation technique agricole. Pour ce faire, Stéphane LE FOLL vient de mettre à sa disposition un expert français pour accompagner cette ambitieuse réforme. La formation a toujours été un axe fort du partenariat entre les deux ministères : depuis plus de 20 ans, nous accueillons chaque année en France plus de 200 stagiaires de l’enseignement supérieur agronomique et vétérinaire marocain.

Cet accompagnement s’applique aussi dans le domaine sanitaire, en particulier à travers le partenariat approfondi que nous entretenons avec l’Office National de Sécurité Sanitaire des Produits Alimentaires (ONSSA).

Toutes ces évolutions dont je viens de parler représentent un formidable gisement d’opportunités. La France dispose d’un savoir-faire reconnu dans de nombreux domaines : équipements pour la transformation du lait, stérilisateurs de conserves, maîtrise de la chaîne du froid, équipements pour abattoirs, etc.. A titre d’exemple, l’abattoir moderne Biobeef de Meknès a été conçu et équipé par des entreprises françaises ; les silos de stockage du grain, les équipements de boulangerie/pâtisserie français sont très présents dans le Royaume. Le développement des entreprises de conditionnement et de transformation au Maroc ne peut donc qu’inciter les équipementiers, les fournisseurs d’intrants présents sur le CFIA à s’intéresser davantage au marché marocain.

Sachez que la CFCIM et les services de l’Ambassade de France au Maroc sont à votre disposition pour vous accompagner dans vos démarches et dans vos projets.

Je vous souhaite à tous un très bon CFIA 2014.

Dernière modification : 24/09/2014

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