Message du Président de la République en hommage à l’adjudant Imad Ibn Ziaten, assassiné le 11 mars 2012 à Toulouse [ar]

JPEG Crédits à Fadel Senna (AFP)

Lors d’une cérémonie organisée samedi 11 mars 2017 à M’diq en hommage au Franco-Marocain Imad Ibn Ziaten, l’ambassadeur de France au Maroc Jean-François Girault a lu un message du Président François Hollande adressé à la famille de la victime. En voici le texte complet :

Chère Latifa,
cher Ahmed, Hatim, Ikram, Naoufal, Ilyasse et Thibaut.

Je ne peux être présent aujourd’hui pour cette cérémonie d’hommage, mais je vous adresse mes pensées les plus chaleureuses.
Il y a cinq ans, votre fils, votre frère, l’adjudant Imad Ibn Ziaten, était froidement abattu, victime de l’équipée meurtrière d’un terroriste inspiré par la haine.
Pas un instant nous ne l’avons oublié !
Son souvenir demeure bien présent dans nos cœurs et nous connaissons notre dette envers lui.

Imad a été tué pour ce qu’il représentait : l’armée et les valeurs que nous défendons.
Ce dimanche 11 mars 2012, Imad n’a pas été choisi au hasard.
Il était sous-officier au 1er régiment du train parachutiste de Francazal.
Entré dans l’armée en 2004, il avait servi au Gabon, en République Centrafricaine, ou Tchad ou en Côte d’Ivoire.
Décoré à plusieurs reprises, il exerçait son métier avec passion.
Mais Imad représentait sans doute plus qu’un soldat pour son meurtrier.
Il était né en 1981 à Mont Saint Aignan, dans cette Normandie où ses parents avaient élu domicile.
Il repose aujourd’hui en paix sur la terre de ses ancêtres, dans ce cimetière de M’Diq, face à la mer.
Cet enfant de la République et du Royaume a choisi de retrouver comme dernière demeure, le lieu qui vit naître et se rencontrer ses parents.
Il avait exploré le Maroc à leurs côtés, en compagnie de sa fratrie, quand ils venaient pour quelques temps retrouver leur famille.
Imad était l’un de ces jeunes franco-marocains qui ont le bonheur d’avoir en partage la culture des deux rives de la Méditerranée.
C’est aussi pour cela qu’il a été tué.

Si l’image d’Imad est encore aussi vivante, c’est sans doute par l’énergie et la force d’âme qu’ont su déployer ceux qui l’aiment et qui refusent que sa mort puisse avoir été vaine.
Chère Latifa, cher Ahmed, vous avez réussi à transmettre à votre fils, ainsi qu’à tous vos enfants, le sens des valeurs, le goût du travail, le respect de la famille.
Je tiens à vous remercier pour l’exemple que vous offrez à nombre de nos compatriotes.
Pour ne pas garder au fond de vous la douleur qui vous submergerait, vous avez fondé l’association Imad pour la jeunesse et la paix.
Vous œuvrez au quotidien pour que la tolérance, le dialogue des religions et l’écoute des jeunes deviennent des réalités vivantes.
Vous sillonnez la France, de collèges en collèges, de lycées en lycées, de prisons en prisons, afin que plus jamais la haine lâche ne s’en prenne aux innocents.
Vous avez su rester fidèle aux valeurs de la France et du Maroc. Contre le fanatisme, nos deux pays font front commun.
Depuis cinq ans, votre combat a montré l’échec total de la folle entreprise de l’assassin du 11 mars 2012.
Imad est devenu le symbole d’un pays qui face à l’adversité, est capable de préserver son unité et son attachement à la liberté.
Madame, Monsieur, vous avez rendu à Imad le plus bel hommage qui soit : Vous avez su faire pousser l’espoir sur sa tombe.

Dernière modification : 13/03/2017

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