Ouverture du salon Preventica à Casablanca / discours de l’Ambassadeur

Discours de M. Charles Fries, Ambassadeur de France au Maroc à l’occasion de l’ouverture du salon Preventica à Casablanca (8 avril 2014)

Messieurs les Ministres,
Monsieur le Secrétaire Général de l’UMT,
Monsieur le Représentant de la CGEM,
Mesdames et Messieurs,

C’est pour moi un réel plaisir d’assister ce matin à cette ouverture du Salon Préventica, ici, à Casablanca.
Cet évènement –que nous connaissons bien en France depuis de nombreuses années- est une grande première au Maroc et je m’en réjouis.
Merci aux organisateurs. Merci à tous les participants, en particulier à ceux venus de France qui ont souhaité s’associer à cette importante manifestation.

La sécurité et la santé en entreprise sont des sujets majeurs pour nos sociétés et figurent parmi les premières aspirations de nos contemporains, où qu’ils vivent.
Tchernobyl en Ukraine, Bhopal en Inde, AZF à Toulouse, plus près de nous Rosamor au Maroc, Tazreen au Bengladesh, autant de catastrophes humaines et environnementales, qui nous rappellent l’impérieuse nécessité de faire prévaloir les impératifs de santé et de sécurité sur toute autre considération.
Le risque a changé,… les risques devrais-je dire, compte tenu de la diversité des situations rencontrées, des process et des produits utilisés. A l’accident d’hier –plus fréquent qu’aujourd’hui- se sont substituées des atteintes plus pernicieuses dues à des expositions professionnelles à des gestes répétitifs, à des produits et des substances toxiques, voire cancérogènes.

Aux risques physiques, s’ajoutent aujourd’hui les risques psychosociaux, présents partout, une réalité complexe qu’il faut combattre, donc prévenir.
La prévention -le mot est lâché- est le meilleur moyen de lutter contre ces risques et leurs lourdes conséquences humaines, économiques et environnementales.
La prévention n’est pas une posture morale, souvent culpabilisatrice, mais doit relever d’une véritable culture individuelle et collective, d’une culture d’entreprise et de société. Elle n’est pas qu’un ensemble de règles et de procédures, c’est un état d’esprit.
La prévention exige d’être pensée, globalement, dès la conception des locaux, des systèmes et des processus de fabrication ; elle ne saurait reposer sur les seuls comportements individuels.
La prévention n’est pas une contrainte mais un choix de société ; elle n’est pas une dépense, mais un investissement qui impacte positivement la productivité, la santé et notre cadre de vie.
La France a considérablement fait évoluer son système de prévention des risques industriels et des risques professionnels, au fil du temps, avec des résultats notoires, même s’il l’on doit toujours mieux faire. Elle s’est aussi battue pour que les normes européennes soient aussi exigeantes que possible.
La prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles a permis en France des progrès importants, tant en matière de connaissance des risques, que pour en limiter la survenue ou les conséquences.
Conceptuellement, nous sommes passés d’une logique d’hygiène et de sécurité au travail, obligation de moyens, à une logique de santé au travail, obligation de résultat à la charge de l’employeur, consacrée par la jurisprudence « amiante » de la Cour de Cassation, dès 2002.
Cette évolution importante consacre la primauté de l’humain et l’obligation faite à l’entreprise de protéger ce capital.
C’est ainsi que, depuis 2005, le Ministère français du travail déploie un plan pluriannuel de santé au travail, concerté avec les partenaires sociaux, qui constitue la feuille de route et trace les priorités des pouvoirs publics et des acteurs.
Ici, au Maroc, les mêmes questions se posent, les mêmes exigences s’imposent. Au plus haut niveau, après la terrible catastrophe de l’usine Rosamor, en 2008, les pouvoirs publics ont engagé un processus de réforme du système de prévention.
Nous sommes heureux, Monsieur le Ministre de l’emploi et des affaires sociales, de vous accompagner dans ce difficile mais nécessaire exercice et de mettre en commun nos expériences en la matière. La proximité de nos deux systèmes dont les fondements historiques sont identiques, comme l’excellence et l’antériorité de nos relations de coopération, nous prédisposent à ce partenariat fécond. Cette prévention des risques professionnels doit conduire au respect d’exigences et d’impératifs qui s’appliquent à bien d’autres domaines que le monde de l’entreprise : je pense en particulier aux risques sanitaires, routiers ou industriels.

Je souhaite donc plein succès à vos travaux et à cette première Conférence Préventica qui, je l’espère, permettra de déboucher sur des progrès concrets et sur des recommandations opérationnelles pour améliorer notre sécurité à tous.
Merci de votre attention.

Dernière modification : 09/04/2014

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