Philippe Baudry, chef du Service Economique et Régional

JPEG1/ Quelles sont vos missions au sein de l’ambassade ?

Mes missions au sein de l’ambassade sont de trois ordres :

- analyser la situation macro-économique du Maroc et en informer nos autorités parisiennes ainsi que les représentants français dans les institutions financières internationales et banques de développement (FMI, banque mondiale, BAD, BERD,…) ;

- aider nos entreprises à remporter de grands contrats pour lesquels l’aspect politique joue un rôle et les aider à résoudre leurs éventuelles difficultés avec les administrations marocaines (Fisc, douanes, permis de construire, de travail etc.) ;

- animer la communauté d’affaires et participer à l’organisation d’un certain nombre de visites officielles.

2/ Quel est votre parcours ?

Mon parcours est un peu particulier. Je suis diplômé de l’Ecole Nationale d’Administration et à l’origine magistrat à la Cour des Comptes. Depuis 1991, je travaille pour la Direction générale du Trésor. J’ai alterné avec des postes à Paris, en Italie, au Vietnam, en Hongrie et en Russie.

3/ Quel regard portez-vous sur la vie en poste ?

Pour moi la vie en poste est ce qu’on peut faire de mieux. Il est en effet plus intéressant d’être en poste à l’étranger que dans une administration centrale à Paris. Etre aujourd’hui en poste dans un pays comme le Maroc, avec lequel les relations bilatérales économiques sont importantes, est particulièrement passionnant. Nous sommes au cœur des grandes problématiques économiques et nous avons le sentiment d’être utile aux deux parties. L’originalité de mon poste au Maroc est celle de ne pas avoir à apprendre une langue étrangère. Le Vietnamien, le Hongrois et le Russe, en référence à mes expériences passées, ne sont pas faciles à apprendre ! Mais l’originalité réside surtout dans le fait que les relations entre la France et le Maroc sont non seulement importantes mais surtout intimes. Le niveau de confiance entre les deux pays est exemplaire.

De façon plus personnelle, j’apprécie beaucoup Rabat, la casbah des Oudayas et la lumière du Chellah au coucher du soleil. Au Maroc, j’ai une préférence pour les petits restaurants de poissons sur la superbe plage de Oualidia !

4/ Quels sont les dispositifs français existants pour aider les entreprises françaises à s’installer au Maroc ?

Depuis plusieurs années, le Service Economique Régional de l’ambassade n’est plus responsable de l’appui aux entreprises françaises qui prospectent au Maroc. Dans le monde entier, la France en effet a transféré cette responsabilité à un établissement public, UBIFRANCE, lequel dispose de représentants dans la plupart des pays qui sont nos grands partenaires commerciaux. La seule exception est … le Maroc, où IBIFRANCE a confié cette responsabilité à la Chambre Française de Commerce et d’Industrie du Maroc (CFCIM). Il en résulte que les entreprises qui prospectent au Maroc, pour investir ou pour vendre, doivent s’adresser à la CFCIM.

La CFCIM organise la présence française sur un grand nombre de salons au Maroc, et notamment le Salon International de l’Agriculture de Meknes. A l’automne sera également organisé le Carrefour Français de l’Industrie Agroalimentaire. La CFCIM édite également un certain nombre de documents et de brochures avec des conseils très utiles sur la manière de faire des affaires au Maroc. Elle organise des missions de prospection pour les entreprises françaises au travers de rencontres avec des partenaires marocains, des acheteurs etc. Enfin, des ateliers entre acteurs français et marocains (fisc, douanes, ministères) sont organisés toutes les semaines.

5/ Quel a été le rôle du Service Economique Régional au Salon International de l’Agriculture au Maroc ?

Le SIAM est l’occasion de rencontrer un certain nombre de responsables de grandes entreprises françaises ainsi que les autorités marocaines. Michel Helfter, Conseiller agricole de l’ambassade était présent aux Assises de l’agriculture, où a notamment été signé le contrat programme pour le développement des oléagineux au Maroc, avec entre autre la participation de Sofiprotéol.

Au SIAM, le pavillon France est géré par UBIFRANCE et la CFCIM. Le Service Economique Régional a organisé également pendant le Salon un ambitieux séminaire entre les responsables des instituts de recherche agronomique d’Algérie, de France, du Maroc et de Tunisie pour redynamiser les partenariats entre ces 4 pays.

La relation agricole entre la France et le Maroc est très dense. La meilleure preuve est la convention de partenariat et de coopération dans les domaines de l’agriculture, du développement rural et de l’agroalimentaire, signée entre MM. Le Foll et Akhanouch le 3 avril dernier à l’occasion de la visite d’Etat du Président de la République. Cet accord prévoit notamment une coopération en matière de restructuration du dispositif de formation technique agricole.

6/ Quels sont les priorités de la France dans sa relation économique bilatérale avec le Maroc ?

Lors de la visite d’Etat les 3 et 4 avril dernier, le Président de la République a lancé un message de confiance au Maroc, en indiquant qu’il était un des partenaires économiques principaux de la France dans le monde, et appelé au développement de nouvelles pistes de coopération. Le développement de la « colocalisation » et la coopération franco-marocaine en Afrique figurent au premier rang de ces priorités.

En ce qui concerne les échanges commerciaux bilatéraux, Mme Nicole Bricq, ministre du Commerce extérieur a lancé deux priorités :

- « le Mieux vivre en ville », qui regroupe toutes l’expertise des entreprises françaises pour l’aménagement, la modernisation, et rendre plus vivables les agglomérations existantes. C’est par exemple que nous faisons en matière de transport urbain avec les tramways de Rabat et Casablanca, et en matière d’environnement également. Nous sommes aussi très actifs sur les projets de villes nouvelles, « les éco cités » où quantité de sujets peuvent intéresser nos entreprises (aménagement urbain, architecture, infrastructures, etc.) ;

- « le Mieux se nourrir ». Il s’agit de développer à la fois les exportations de produits agroalimentaires français vers le Maroc au travers notamment des nouveaux canaux comme la grande distribution, mais aussi participer à la modernisation des activités marocaines de production dans ce domaine. Cela veut dire développer la mécanisation de l’agriculture, la chaîne du froid, la transformation des produits, etc...

Il a d’ailleurs été décidé d’organiser une journée franco-marocaine de l’agroalimentaire au mois de novembre prochain, en présence du ministre délégué chargé de l’Agroalimentaire, M. Guillaume Garot.

Dernière modification : 14/05/2013

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