Réunion des professeurs d’arabe du réseau d’enseignement français au Maroc (Rabat, 24 octobre 2012)

Texte de l’intervention de l’ambassadeur lors de la réunion des professeurs d’arabe du réseau d’enseignement français au Maroc (AEFE et OSUI)

(Rabat, le 24 octobre 2012)

Monsieur le Ministre,

Mesdames et Messieurs les enseignants,
1. Je tiens à remercier le ministre d’avoir invité la France à cette réunion qui est une première. C’est l’occasion pour moi de rappeler l’importance du partenariat entre les deux pays dans le domaine éducatif et surtout de souligner combien ce partenariat est exemplaire et doit rester une référence.

Je salue tous les professeurs présents aujourd’hui et souhaite leur dire combien leur travail dans le système scolaire français au Maroc est apprécié et est important pour nous et surtout pour nos enfants.

2. Je rappelle que le réseau scolaire français au Maroc est le plus important réseau français à l’étranger : 32 établissements relevant de la tutelle de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger (AEFE) et de l’OSUI (Office scolaire et universitaire international), accueillent 26.000 élèves dont plus de 15.000 élèves marocains. Il est très important de garder la double vocation du réseau scolaire au Maroc : scolariser les enfants français comme les élèves marocains (afin d’avoir un brassage culturel dont chaque enfant doit être enrichi).

La rentrée 2012 vient une nouvelle fois de conforter la première place qu’occupe au niveau mondial ce dispositif d’enseignement français au Maroc. L’augmentation des effectifs s’est poursuivie cette année (la qualité reconnue de l’enseignement français au Maroc suscitant beaucoup de demandes), avec plus de 700 élèves supplémentaires (soit une hausse des effectifs de 2,8%), ce qui confirme le succès grandissant de nos écoles.

3. Ce réseau est régi par la Convention de partenariat pour la coopération culturelle et le développement du 25 juillet 2003 qui fixe la liste des établissements et détermine les conditions de leur fonctionnement sur le territoire marocain. L’Ambassade de France veille scrupuleusement au respect de cette convention et le fait en étroite collaboration avec les services compétents du MEN marocain.

Il faut donc bien comprendre que les établissements de l’AEFE et de l’OSUI sont des établissements français, qui suivent les programmes d’enseignement définis par le Ministère français de l’Education Nationale et que ceci se fait en plein accord avec les autorités du Royaume, en particulier avec le MEN marocain.

4. Pour autant, la France a toujours souhaité l’ouverture de son réseau scolaire sur le Maroc, sur sa langue et sa culture, sur son histoire. Une véritable coopération a été mise en place qui a abouti à trois résultats majeurs :

- La mise en place d’un enseignement d’arabe pour tous les élèves. Ainsi, à titre d’exemple, dans le primaire, deux cursus parallèles de 3 et 5 heures hebdomadaires coexistent (selon la nationalité de l’enfant). Cet enseignement de l’arabe est obligatoire pour tous les élèves, qu’ils soient marocains ou français (du moins jusqu’à la classe de 5ème). Cet enseignement s’inscrit dans le cadre officiel des programmes français et s’effectue en plein accord avec les autorités marocaines. J’ajoute que les inspecteurs marocains travaillent en étroite collaboration avec les inspecteurs français d’arabe pour l’élaboration des programmes et des sujets d’examens.

- 2ème spécificité : La création d’un enseignement d’histoire-géographie adapté au contexte marocain, dispensé pour moitié en français et pour moitié en arabe par deux professeurs qui travaillent en binôme. Cet enseignement intègre les spécificités historiques, géographiques et institutionnelles marocaines. Il faut donc être clair : l’arabe et l’histoire-géographie du Maroc ont toute leur place dans le réseau scolaire français du Maroc. Et cette place est définie en partenariat étroit avec les autorités marocaines.

- 3ème aménagement : la création de sections internationales (à partir du collège) préparant à l’option internationale du baccalauréat (OIB) en langue arabe. C’est là un exemple de coopération particulièrement réussie qui bénéficie principalement aux élèves marocains ainsi formés à une double culture et au bilinguisme. Ces élèves passent bien un bac français mais un bac ouvert à la langue arabe, à la culture et à l’histoire marocaines. L’OIB au Maroc est le fruit d’un accord bilatéral voulu par feu SM Hassan II ; il a été créé simultanément au lycée Descartes, au lycée Lyautey et au Collège Royal. Il concerne aujourd’hui 11 établissements au Maroc. L’OIB est un atout réel pour les élèves qui le choisissent (4200 élèves ont passé un bac OIB depuis sa création). Il permet aux bacheliers de poursuivre leurs études en France et au Maroc dans d’excellentes conditions.

5. Je saisis cette occasion pour souligner l’effort fait par la France avec une politique de bourses en faveur des jeunes Marocains bacheliers des écoles françaises ou marocaines et qui partent faire des études supérieures en France.

173 élèves bénéficient à ce jour d’une bourse de l’AEFE (dite Excellence Major). Ces bourses sont attribuées à des titulaires marocains d’un baccalauréat français ayant obtenu le diplôme avec une mention « bien » ou « très bien ». L’attribution de la bourse est donc bien décidée selon des critères d’excellence, pour une durée de 5 ans afin de permettre d’accéder au niveau bac + 5. En 2012, 28 nouvelles bourses ont été attribuées.

S’y ajoutent les bourses attribuées (par l’ambassade) aux élèves issus des CPGE marocaines. 175 élèves marocains issus des CPGE publiques marocaines bénéficient d’une bourse. Ils ont été admis au concours d’entrée d’une école française d’ingénieurs figurant sur une liste agréée par l’ambassade et les autorités marocaines (Polytechnique, Ponts et Chaussées, Centrale, etc.). Ces bourses sont engagées pour 3 ans, ce qui correspond à la durée des études en écoles d’ingénieurs. 44 nouvelles bourses ont été ainsi accordées en 2012, en complément des 220 bourses données par les autorités marocaines.

Cet effort en faveur des meilleurs élèves marocains des écoles marocaines est évidemment complémentaire de celui qui est fait en faveur des élèves marocains des écoles françaises.

6. Ces résultats ont été permis par la mobilisation de moyens importants des deux côtés.

Côté français, outre les bourses dont je viens de parler, je tiens à souligner le rôle remarquable joué par le Centre d’études arabes (rattaché au Lycée Descartes de Rabat) qui gère l’enseignement de la langue et de la culture arabes dans les établissements français du Maroc et qui travaille étroitement avec ses partenaires marocains.

Côté marocain, je souhaite naturellement saluer le travail des 263 professeurs marocains de langue et littérature arabe et d’histoire géographie aujourd’hui présents et plus particulièrement l’effort fait par le MEN marocain pour les mettre à disposition des établissements français (218 à l’AEFE, 45 à l’OSUI) ; à ce jour manquent encore à l’appel pour cette rentrée 15 postes et demi, je sais que M. le Ministre ne ménage pas sa peine pour les pourvoir dans un contexte très difficile.

Je rappelle aussi, plus généralement, la place de l’enseignement français et du français comme axe prioritaire de coopération menée par l’ambassade. Je pense en particulier à la formation des professeurs de français du système éducatif marocain, qui bénéficie d’un appui constant de la France ; la langue française est la première langue étrangère obligatoire jusqu’au baccalauréat, c’est un signe de confiance qui nous est adressé, c’est aussi une responsabilité qui nous incombe de soutenir le ministère marocain dans la formation de ses enseignants. Nous préparons à cet effet un appui aux nouveaux centres régionaux de formation aux métiers d’enseignant qui ont ouvert leurs portes à la rentrée 2012, en particulier pour les quelques 10000 professeurs de français. C’est un sujet qui vous est cher, Monsieur le Ministre, et j’espère que cette contribution de la France sera un des résultats concrets de la Rencontre à Haut Niveau (RHN) prévue en décembre prochain entre les deux gouvernements.

7. Cette coopération très importante entre nos deux pays est donc un grand succès mais, en même temps, il faut sans cesse s’assurer que tout est mis en œuvre pour que ce succès soit pérennisé. Cette réunion a ainsi vocation à engager une réflexion en ce sens. Je confirme que la France est prête à conduire avec le Maroc un premier exercice conjoint d’évaluation du dispositif de l’enseignement d’arabe dans le réseau scolaire français pour que ce dernier garde à la fois son esprit d’excellence et son désir permanent d’ouverture sur la langue arabe, sur l’histoire et la culture marocaines.

Dernière modification : 24/10/2012

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