Signature d’une convention de partenariat entre l’IFM et le centre culturel « Les étoiles de Sidi Moumen » ( 24 septembre 2014)

Signature de la convention de partenariat entre l’IFM et le centre culturel « Les étoiles de Sidi Moumen ».
Mercredi 24 septembre 2014 à 16h00

Monsieur le Président de la fondation Ali Zaoua, cher Nabil Ayouch,
Monsieur le Député,
Chers amis,

Je suis très heureux d’avoir signé aujourd’hui, avant même son ouverture officielle, une convention de partenariat avec les « Etoiles de Sidi Moumen ». Très heureux d’apporter le soutien de la France à cette initiative qui me parait capitale.

« Les étoiles de Sidi Moumen », c’est d’abord un livre, celui de l’écrivain Mahi Binebine, au succès littéraire considérable. Puis ce fut un film, « Les chevaux de Dieu », tiré de ce livre, et dont les images, les vôtres, Nabyl Ayouch, ont fait le tour du monde, avec un palmarès de prix remarquable.

Ce livre, ce film ont pour thème les attentats du 16 mai 2003 qui ont ensanglanté Casablanca et endeuillé l’ensemble du Maroc. Les terroristes, vous l’avez rappelé tout à l’heure cher Nabil, venaient tous de ce quartier où nous sommes, Sidi Moumen. Votre film, comme le livre dont il est inspiré, décrit le mécanisme implacable par lequel des enfants égarés de Sidi Moumen ont pu se laisser séduire par des utopies meurtrières et devenir des bombes humaines.

10 ans plus tard, cher Nabyl Ayouch, vous avez décidé, avec Mahi Binebine et le soutien des autorités locales, de « faire quelque chose » pour ce quartier. De le « reconnecter au reste de la ville » (je vous cite). Face à la violence et au fanatisme, vous avez estimé que la meilleure réponse restait celle de l’éducation, de la culture, de l’art. Et vous avez créé ce centre, qui a vocation à offrir aux jeunes de nouveaux horizons, de nouvelles opportunités, à leur faire découvrir leur propre talent. C’est un acte courageux. Un acte de responsabilité sociale et civique. Un acte ambitieux.

Il nous a semblé essentiel de le soutenir. C’est la raison pour laquelle nous sommes réunis aujourd’hui. Dans le cadre de la convention que nous venons de signer, nous allons mobiliser les ressources de l’Institut français du Maroc pour vous accompagner dans votre projet.
La convention de partenariat prévoit trois types d’actions :
-  des cours de français pour un public enfant, adolescent et adulte ; je n’ai pas besoin de préciser que ces cours seront gratuits ;
-  un soutien à la création d’une bibliothèque ; nous avons d’ores et déjà fait un don de 2000 documents ; nous aiderons aussi à la formation des agents et à la mise en place d’un logiciel de gestion documentaire ;
-  un appui à la programmation culturelle du centre ; nous prêterons des expositions ; nous proposerons des personnalités pour animer les ateliers artistiques ; nous ferons passer par Sidi Moumen certains des spectacles organisés par notre réseau culturel au Maroc.

Cette coopération s’inscrit dans les missions de l’Institut Français et de l’ambassade que je dirige. L’action culturelle de la France au Maroc ne s’adresse pas à des « privilégiés ». Il est pour nous fondamental, prioritaire, de nous tourner vers des populations, d’aider des populations comme celles de Sidi Moumen. Nous lançons d’autres partenariats de ce type avec d’autres acteurs, par exemple pour offrir des bourses de formation professionnelle ou pour permettre à des jeunes qui n’en ont pas les moyens de suivre une scolarité dans une école française. Notre partenariat avec le Centre de Sidi Moumen fait partie de cette nouvelle stratégie, à laquelle j’accorde une importance toute particulière.

Victor Hugo disait qu’« ouvrir une école aujourd’hui, c’est fermer une prison dans vingt ans ». Nous ne sommes plus au temps de Victor Hugo, mais cette phrase, ce lien entre l’éducation et la culture de la paix n’a jamais été aussi vrai.

Vous êtes entourés, cher Nabil, d’une équipe de professionnels et de volontaires. Je voudrais saluer leur engagement. Je ne doute pas que vous saurez ensemble faire du centre culturel « les étoiles de Sidi Moumen » un succès, une réussite. Sachez en tout cas que nous sommes à vos côtés.
Je vous remercie./.

Dernière modification : 25/09/2014

Haut de page