Tribune de l’ambassadeur sur la mobilité des étudiants

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Renforcer la mobilité des étudiants entre le Maroc et la France

Ce sont plus de 5 500 étudiants qui ont assisté le week-end dernier au « Salon des études en France » organisé à l’initiative de l’Association des étudiants marocains de France et de Campus France, afin de s’y informer sur les 50 universités et grandes écoles françaises qui avaient fait le déplacement à Rabat. Quel meilleur exemple de l’engouement qui existe parmi les jeunes Marocains autour des filières universitaires françaises, ainsi que de la volonté de la France d’attirer sur son territoire des étudiants marocains, dont le niveau d’excellence est largement reconnu !

La mobilité étudiante entre la France et le Maroc est d’ores et déjà une réalité. Sur ce sujet, les chiffres parlent d’eux-mêmes : 32 000 étudiants marocains sont actuellement présents en France, où ils représentent le plus important contingent d’étudiants étrangers, devant les étudiants chinois et algériens ; un étudiant étranger sur dix en France est aujourd’hui un étudiant marocain ; près de 9.000 jeunes Marocains sont partis en France au cours de la seule année 2013, afin de passer un concours, de faire un stage ou d’intégrer les universités et les grandes écoles françaises. Dans ce contexte de flux déjà très nourris, l’appétence des jeunes Marocains pour les études en France ne cesse de croître. Le nombre de dossiers déposés à l’espace Campus France Maroc pour étudier en France a en effet dépassé les 16 000 en 2013, en hausse de plus de 8% par rapport à 2012.

Pour autant, nous ne souhaitons pas nous arrêter là. Dans le droit fil de la volonté exprimée en avril dernier par le Président de la République et Sa Majesté le Roi d’ériger l’éducation et la formation des jeunes en tant que priorité de la relation bilatérale, notre objectif est de répondre à la forte demande d’enseignement supérieur qui s’exprime au Maroc en créant un vaste espace commun de formation franco-marocain marqué par la libre circulation du savoir et la liberté de mobilité des étudiants. Plusieurs actions sont engagées en ce sens :

-  nous travaillons tout d’abord à l’installation de plusieurs établissements français d’enseignement supérieur au Maroc, dans une logique de « co-localisation académique ». L’objectif est de permettre à des étudiants marocains qui ne peuvent ou ne souhaitent pas effectuer leurs études en France d’obtenir un diplôme français tout en étudiant sur le territoire marocain. Ces nouvelles filières sont déjà une réalité puisque l’Ecole d’architecture de Rabat a ouvert ses portes à la rentrée 2013 et que plusieurs autres établissements suivront son exemple à la rentrée 2014, à l’instar de l’Ecole centrale de Casablanca, de l’INSA international de Fès ou encore de l’Institut de formation aux métiers de la logistique et des transports de Tanger/Tétouan ;

-  nous souhaitons également étendre la promotion de l’enseignement supérieur français au-delà de l’axe Casablanca/Rabat, dans le but de toucher de nouveaux publics. Campus France se dotera ainsi cette année d’une nouvelle antenne à Marrakech et organisera dans les prochains mois des évènements à Guelmim ou à Tiznit, destinés à se rapprocher des étudiants éloignés des grandes villes. Son déploiement récent sur les réseaux sociaux vise également à faciliter le recueil d’informations par les étudiants, quel que soit leur lieu de résidence ;

-  enfin, nous souhaitons que la possibilité d’étudier en France soit davantage ouverte à l’ensemble des jeunes Marocains. Notre politique de coopération universitaire s’accompagne ainsi d’un important programme de bourses de l’Etat français à destination des étudiants et chercheurs marocains, pour un budget de plus de 2 millions d’euros chaque année. Celles-ci visent à offrir à leurs bénéficiaires la possibilité de poursuivre leurs études en France dans des conditions financières et matérielles satisfaisantes. Ce sont ainsi plus de 400 étudiants qui ont bénéficié d’une bourse d’études pour la seule année 2013, tandis qu’environ 120 doctorants se voyaient octroyés une bourse de recherche de 3 à 6 mois dans le cadre de la préparation de leur doctorat en co-tutelle d’une université française et d’une université marocaine.

Cette politique d’ouverture auprès des étudiants marocains ne serait pas complète si elle ne s’accompagnait pas de mesures facilitant la mobilité circulaire de ces derniers entre nos deux pays.

Un changement important est intervenu depuis la dernière Rencontre de Haut Niveau entre les gouvernements français et marocain qui s’est tenue à Rabat en décembre 2012, avec la délivrance plus systématique de visas de circulation aux acteurs quotidiens de la relation bilatérale franco-marocaine. Les résultats de ces nouvelles orientations ne se sont pas faits attendre puisque près de la moitié des 175 000 visas de court séjour délivrés en 2013 étaient des visas de circulation d’une durée d’un à quatre ans, contre seulement 42% en 2012. Il s’agit là de mon point de vue de l’une des évolutions les plus marquantes et concrètes qu’ait connue la relation franco-marocaine ces dernières années, et je m’en réjouis fortement.

Nous avons récemment décidé de franchir un pas supplémentaire en complétant ce dispositif par une mesure ciblant spécifiquement les étudiants. A compter du 1er mars prochain, les six Consulats généraux français du Maroc auront ainsi pour objectif de délivrer, dès que cela est possible, un visa de circulation Schengen d’au moins un an à tous les étudiants marocains récemment titulaires d’un diplôme obtenu en France équivalent au minimum au niveau master. Cette mesure, qui fait suite à une concertation avec le Club France-Maroc (qui réunit les alumni marocains ayant effectué leur études en France) concernera tous les domaines d’études, ceux tenus habituellement pour prestigieux (sciences et ingénierie notamment) comme ceux où la France est reconnue pour son expertise (hôtellerie, design, mode,..). Elle bénéficiera également aux lauréats des établissements créés au Maroc dans le cadre des filières de co-diplômation. Bien sûr, cette mesure de facilitation ne pourra déroger aux accords de Schengen et la réglementation en vigueur sera respectée, tout comme la nécessité de présenter son diplôme lors de la demande de visa. Elle reflète toutefois un nouvel état d’esprit de la part des autorités françaises, qui veulent répondre aux attentes des diplômés marocains souhaitant être rassurés sur le fait qu’ils pourront facilement continuer à retourner en France s’ils font le choix de revenir s’installer au Maroc.

Avec ce nouveau dispositif, nous voulons montrer que la France est plus que jamais attractive pour tous ceux qui s’y sont formés, qui constituent à ce titre un pont entre le Maroc et la France et qui doivent de ce fait bénéficier d’une mobilité circulaire entre les deux rives de la Méditerranée. Je suis convaincu qu’il s’agit de l’intérêt partagé de nos deux pays.

Lire la tribune de l’ambassadeur en arabe :

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Dernière modification : 20/02/2014

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