Visite au Maroc de M. Michel Sapin, ministre des Finances et des Comptes publics (12-13 avril 2015)

Le ministre des Finances et des Comptes publics a effectué un déplacement au Maroc les 12 et 13 avril 2015.

Il s’est notamment entretenu avec son homologue M. Boussaid et a remis les insignes d’officier de l’Ordre de la Légion d’Honneur à M. El Kettani, président directeur général de la Banque Attijariwafa. Retrouvez ci-dessous l’allocution prononcée à cette occasion.

Discours de M. Michel Sapin, ministre des Finances et des Comptes publics à l’occasion de la remise des insignes d’Officier de l’Ordre de la Légion d’honneur à M. Mohammed El-Kettani, PDG d’Attijari Wafa Bank

Mesdames et Messieurs,

Nous sommes tous ici réunis ce soir pour rendre hommage à M. Mohammed El Kettani.

J’en suis particulièrement heureux car, par votre action, cher Mohamed El Kettani, vous incarnez le modèle d’excellent qui doit être, à mon sens celui de la relation franco-marocaine.

Né à Casablanca, vos liens avec la France se sont construits très tôt car, comme de nombreux étudiants marocains, et j’en suis fier, vous avez choisi la France pour poursuivre vos études supérieures.

A ce titre, je ne me priverai pas de rappeler que vous êtes brillant diplômé de l’École nationale supérieure de techniques avancées, ENSTA ParisTech. Vous êtes ainsi ingénieur de formation, tout droit sorti d’une des plus prestigieuses écoles françaises.
Vous décidez ensuite de rentrer au Maroc pour vous mettre au service de votre pays. Dès 1984, vous embrassez une carrière bancaire et intégrez la Banque Commerciale du Maroc que vous ne quitterez plus, même si entre temps, elle changera de dénomination pour devenir l’emblématique « Attijariwafa bank » d’aujourd’hui.
Vous débutez donc votre carrière en 1984 à la Banque Commerciale du Maroc en tant qu’ingénieur conseil au sein du département des Crédits d’Investissement, département dont vous devenez rapidement le Directeur. En 1988, vous prenez la Direction du département des crédits à l’export et un an plus tard, vous accédez à la très stratégique Direction centrale du Crédit. En 1994, vous êtes nommé Directeur général adjoint.

Ingénieur à la base, vous voilà donc devenu banquier, et quel banquier ! ...
… Car, fort de cette expérience, vous avez joué un rôle majeur dans le rapprochement entre la Banque Commerciale du Maroc et le groupe familial Wafabank, pour créer, en 2003, cette banque dénommée Attijariwafa bank et qui est aujourd’hui la première banque du royaume.

De cette époque, on m’a confié que vos collaborateurs vous surnommaient « le moteur de la banque ». Ce surnom [… qui convient parfaitement à un ingénieur …] semble en tout point mérité au regard de la restructuration réussie du groupe bancaire que vous dirigez aujourd’hui.

Entre 2003 et 2007, vous confirmez toutes ces qualités en tant que Directeur général chargé de plusieurs pôles, à tel point qu’en 2007, vous êtes consacré Président Directeur Général d’Attijariwafa bank.

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Au-delà de votre réussite personnelle au sein du groupe, je tiens à souligner le rôle que vous avez joué personnellement dans l’extraordinaire aventure de l’expansion africaine d’Attijariwafa bank, qui est aujourd’hui le premier groupe bancaire et financier du Maghreb et le sixième en Afrique.

Convaincu que l’avenir du Maroc est international, votre stratégie de croissance externe correspond parfaitement à la vision de développement vers l’Afrique portée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI.

Sous votre impulsion, Attijariwafa bank s’est ainsi implantée dans une douzaine de pays du continent et en 2014, plus du quart de son activité « banque de détail » a été réalisé grâce à ses filiales en Afrique.

La vision africaine du Maroc, à laquelle vous contribuez au premier chef, a indéniablement positionné le pays comme une plate-forme de développement vers le continent africain, pour les entreprises marocaines comme pour les entreprises françaises qui souhaitent partager ce destin. Chacun connaît le fantastique succès de Maroc Telecom en Afrique subsaharienne. Dans sa lignée, on peut citer, parmi beaucoup d’autres, Accor, Thales, Sanofi, Air Liquide, Alstom, AXA, Avril, etc. Ainsi, nombre d’entreprises françaises ont d’ores et déjà démontré leur adhésion à ce projet et souhaitent consolider leur position sur le continent en synergie avec les entreprises marocaines.

J’ai la conviction profonde que c’est en travaillant ensemble que les communautés d’affaires française et marocaine vont pouvoir tirer le meilleur profit du formidable potentiel de développement économique de l’Afrique, au bénéfice de l’ensemble du continent.

Les pouvoirs publics appuient cette démarche et je voudrais souligner à cet égard le protocole d’entente signé le 5 juin 2014 avec Bpifrance afin de « favoriser le développement des entreprises françaises et marocaines dans l’un et l’autre pays, ainsi que les rapprochements entre opérateurs français et marocains pour aborder les marchés subsahariens ».

Le secteur financier a un rôle particulier à jouer dans ce cadre et je salue le choix que vous avez fait, cher Mohamed, en vous appuyant sur une institution française, l’Agence Française de Développement, pour la mise en place de garanties des prêts accordés par certaines de vos filiales africaines, au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Sénégal et en Mauritanie.

A chaque fois présentes, les institutions françaises de financement et développement démontrent ainsi leur grande disponibilité à participer au destin africain du Maroc. Attijariwafa bank l’a compris et a su en tirer toutes les conséquences.

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J’ai rappelé que vous êtes ingénieur de formation et banquier de métier. J’ajouterai que vous avez également de grandes qualités de diplomate, ce qui me permet d’évoquer le rôle essentiel, moteur (encore une fois !) que vous avez joué et continuez à jouer en tant que Co-Président du Club des chefs d’entreprises France-Maroc, au côté de Mme Saida Lamrani, Présidente du groupe Safari, ici présente, dont je salue également l’engagement constant.

Je sais combien, dans ce cadre, vous vous êtes personnellement investi dans l’organisation de trois rencontres économiques France-Maroc de grande ampleur, que je voudrais rappeler :

-  celle de Rabat, le 28 mars 2012, en présence du Chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, nouvellement investi ;
-  celle du 12 décembre 2012 à Casablanca, lors de la visite du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, sur le thème « Maroc-France : un partenariat d’exception au service d’une compétitivité partagée » ;
-  celle du 4 avril 2013 à Rabat, clôturée par le Président de la République, M. François Hollande, sur le thème « Maroc-France : de nouvelles coopérations pour un partenariat durable ».

Chacune de ces rencontres a connu un vif succès, reflétant le grand intérêt de nos entreprises respectives à nouer de nouvelles alliances pour mieux travailler ensemble.
De plus, le Club des chefs d’entreprises France-Maroc constitue un cadre privilégié de réflexion : de nombreux secteurs, tels le tourisme, les infrastructures et l’aéronautique ont ainsi bénéficié d’avancées directement issues des recommandations des groupes de travail franco-marocains entre les chefs d’entreprises du Club.

De ce travail en commun avec les opérateurs français que vous avez mené, avec brio, mais aussi avec beaucoup de modestie et d’abnégation, je vous suis, au nom de la France, très reconnaissant.

Je sais que vous travaillez, depuis plusieurs semaines déjà, pour préparer la Rencontre de Haut Niveau, qui se tiendra le 28 mai à Paris. Je n’ai aucun doute sur le fait que les travaux du Club à cet effet s’inscrivent directement dans la nouvelle stratégie industrielle du Maroc et précisément la manière dont nos entreprises pourront ensemble y contribuer.

Ainsi, sous votre égide, les travaux du Club sauront parfaitement s’inscrire dans la volonté des deux Chefs de Gouvernement, qui ont souligné la nécessité de favoriser les coopérations industrielles entre nos deux pays et de participer, ensemble, au développement du continent africain.

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Cet éloge ne saurait être complet sans évoquer le rôle éminent que joue le groupe bancaire que vous dirigez dans le développement éducatif et culturel du Maroc. Je sais que vous avez personnellement tenu à ce que la Fondation Attijariwafa bank participe à l’épanouissement de la jeunesse marocaine par des actions d’envergure. Je ne peux ici les citer toutes, mais je ne passerai pas sous silence le fait que vous avez parrainé et continué à parrainer 180 établissements scolaires. Ce parrainage prend notamment la forme de rénovation de salles de classes, d’équipement de bibliothèques et de salles multimédia, d’activités parascolaires, etc.

La Fondation Attijariwafa bank est également très active dans le domaine culturel. Pour preuve récente, la magnifique exposition que la Fondation a organisée, lors du Forum international « Afrique Développement », les 19 et 20 février dernier à Casablanca. Cette exposition, sur le thème « L’Afrique a du génie », a mis en avant des talents du continent dans les domaines de la photographie, de la peinture et du cinéma.

Ce qui vous distingue, c’est ainsi, en dépit de vos nombreuses responsabilités, la bienveillance et l’attention aux autres. L’une des anecdotes qui m’a été racontée, est le contact direct que vous avez voulu instaurer avec l’ensemble du personnel, du directeur général à l’huissier, d’une banque africaine qu’Attijariwafa bank venait de racheter. La plupart des employés, très émus, vous ont alors confessé qu’ils n’avaient jamais eu l’occasion de saluer leur actionnaire précèdent.

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Cher Mohamed, vous êtes à l’honneur aujourd’hui. Je ne doute pas que votre famille soit très fière de votre parcours et de vos réalisations. Je tiens également à lui rendre hommage, en particulier à votre épouse Lamia, présente avec nous ce soir, car en cette matière il n’y a pas de hasard et je suis sûr que la présence et le soutien indéfectible de votre entourage ont largement contribué à ce que vous êtes aujourd’hui.

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Cher Mohamed El KETTANI, c’est en reconnaissance de vos grandes qualités et de votre fort engagement au service du rayonnement économique du Maroc et pour des partenariats fructueux avec la France que la République Française a voulu vous honorer ce soir.

Mohamed El KETTANI, au nom du Président de la République et en vertu des pouvoirs qui nous sont conférés, nous vous faisons Officier de l’Ordre national de la Légion d’Honneur.

Dernière modification : 14/04/2015

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