6. Le Fonds d'aide à la production cinématographique
Parmi les mesures d'encouragement mises en place pour promouvoir la production nationale, la plus importante est
la création en 1980 du Fonds de soutien à la production cinématographique. Ce fonds a permis un progrès notable dans la production de films nationaux entre 1980 et 1986 ; c'est ainsi que 35 films de long métrage et 30 films de court métrage ont été produits et ce avec des aides d'un montant de 12 224 500 dh. Cette expérience a montré certaines limites au vu des objectifs visés lors de sa mise en place.
Pour permettre à ce fonds de mieux jouer son rôle dans le développement de la production cinématographique, le CCM, en accord avec la Chambre marocaine des producteurs de films, a proposé en 1987 une réforme pour que ce
fonds puisse disposer de ressources nouvelles.
C'est ainsi qu'en 1988, les crédits du Fonds d'aide sont passés de 1800 000 dh en 1985 à 12 000 000 dh.
Un nouveau programme d'emploi a été adopté, qui a instauré l'aide sélective, soit avant, soit après production, selon les cas.
Cette aide varie de 500.000 dh à 2.500.000 dh pour les longs métrages et de 100 000 dh à 450 000 dh pour les courts métrages.
Le Fonds d'aide, ainsi institué, a permis à la cinématographie nationale de s'enrichir, de 1988 à juin 1995, de 30 films
de long métrage et de 20 films de court métrage pour une aide globale de 40 857 500 dh.
De 1988 à 1995, il a été constaté que les ressources du Fonds d'aide ont diminué régulièrement, et ce pour des raisons multiples, dont la plus importante est la baisse des recettes des salles de cinéma. Ainsi le montant annuel revenant à la production est passé de 6 000 000 dh en 1988 à 4 000 000 dh en 1994, ce qui a contraint la commission d'octroi de l'aide à n'accorder un soutien qu'à deux ou trois projets de long métrage par an, sur environ une vingtaine de projets soumis à son appréciation, et autant de cours métrages. Cela étant, le ministère de la Communication,
répondant aux doléances exprimées par la Chambre marocaine des producteurs de films, et pour aider à la relance de la production nationale, a accordé une subvention de 5 000 000 dh au Fonds d'aide, au titre de l'exercice 1994.
Compte tenu de ce qui précède, des amendements ont été apportés au décret instituant une taxe parafiscale sur les spectacles cinématographiques, et ce à partir du 16 juin 1994. les amendements ont permis au Fonds d'aide d'avoir une assise juridique plus adéquate.
Un arrêté du ministre de la Communication fixe l'utilisation du fonds, redéfinit la composition et le fonctionnement de la commission d'octroi de l'aide à la production, les conditions d'admission à cette aide, et arrête les critères de l'aide. C'est ainsi que les projets de films sont sélectionnés compte tenu de leur faisabilité et de la compétenceprofessionnelle de leur réalisateurs.
Les modalités de répartition de l'aide ont fait l'objet d'un protocole d'accord entre le CCM et la Chambre marocaine des producteurs de films.