CINEMAROC
est une lettre d'information mensuelle publiée par le CCM,
avec le soutien du Service culturel de l'Ambassade de France au Maroc.

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Espace Média Maroc
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- Editorial -
Cinéma et développement
L'expérience des quinze dernières années a montré que l'industrie cinématographique est un puissant levier du développement économique du Maroc. Cela s'est fait sans bruit et sans publicité. Et surtout cela s'est fait sans aides publiques.
Cette industrie cinématographique agit dans deux secteurs indépendants que l'on a tendance à confondre alors qu'ils n'ont aucun point commun.
1 - Le Maroc a développé des structures d'accueil performantes pour attirer les réalisateurs étrangers. Pour cela, le Maroc a des atouts importants. Tout d'abord, une nature généreuse et variée. Les paysages marocains se prêtent admirablement à toutes les variétés de films. Ensuite, et c'est le plus important, l'artisanat marocain est très performant. À ce titre, c'est un incomparable créateur de richesses. Il faut penser notamment aux menuisiers, aux peintres, aux couturiers, aux ferronniers, etc. Le cinéma a donné à cet artisanat un souffle nouveau et de bonnes opportunités de revenus. Enfin, les techniciens marocains du cinéma proprement dit trouvent également dans ce secteur des possibilités de travail supplémentaires.
Tout cela pour dire que le secteur est important. Cette activité fournit des devises importantes et des revenus additionnels appréciables à toute une population active.
2 - La production cinématographique nationale devient de plus en plus significative. Il convient de l'aider à devenir une industrie forte, utilisatrice de main d'œuvre. À ce titre, il faut espérer que le plan quinquennal en préparation fera de l'industrie cinématographique une priorité au même titre que l'agriculture, l'industrie manufacturière ou le tourisme.
Il faudra vraisemblablement accorder des aides publiques à la création de salles de cinéma. Le cinéma national ne se développera pas si on ne procède pas à la création d'un réseau de 1 000 à 1 500 salles de projection. Il faudrait que chaque ville de plus de 5 000 habitants ait ses salles de cinéma. Pour ce faire, l'aide des pouvoirs publics est indispensable. Il faut en effet créer un marché intérieur grâce à la multiplication des salles de cinéma avant de songer à exporter nos films. Seul un marché intérieur important peut assurer la rentabilité des films nationaux. Il faut également assurer la protection douanière de nos films contre le dumping ; bref, le cinéma devrait être une des priorités du développement économique.
Cette industrie cinématographique, grâce aux richesses qu'elle produit, peut transférer des revenus importants en faisant travailler des milliers de personnes ; elle peut participer de manière efficace à l'équilibre de la balance des paiements.
Il convient de rendre hommage au Centre cinématographique marocain et à son Directeur général qui œuvrent avec ténacité et persévérance à la promotion d'un tel développement économique.
Il convient également de signaler que l'ensemble de la profession est admirable, elle travaille dans des conditions difficiles au développement de cette industrie qui fait de la culture un levier pour l'emploi.
Omar Akalay
Président de la Commission " Fonds d'Aide "
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