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Service de Coopération et d'Action Culturelle


- Cinémaroc n°12, juin 1999 -
La lettre d'information des professionnels du cinéma et de l'audiovisuel au Maroc

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- CinéMaroc n°12 -

Hassan Lagzouli
Hassan Lagzouli,
cinéaste

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Portrait: Hassan Lagzouli, cinéaste

La Commission de visionnage des films


 



CINEMAROC
est une lettre d'information mensuelle
publiée par le CCM,
avec le soutien du Service culturel de l'Ambassade de France au Maroc.



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- Portrait -
Hassan Lagzouli,
cinéaste

Pouvez-vous nous retracer votre itinéraire ?

Je suis arrivé en France au début des années 80. Après une licence en automatisme à l'Université de Lille, j'ai intégré l'Institut de filmologie à Lille pour étudier le cinéma.

En 1990, je suis entré à l'école de cinéma de Bruxelles (INSAS), section réalisation.

J'ai réalisé mon premier court métrage en 1992 à Lille, puis deux autres à Lille et à Bruxelles. Quand le soleil fait tomber les moineaux est mon premier film tourné au Maroc.

Quel accueil a été réservé à vos films ?

Jusqu'ici, il n'y a que deux de mes films qui ont été vus au Maroc.

Mon premier contact avec le public marocain a eu lieu à l'occasion du Festival de Tanger en 1995.

Je pense que tout le monde se souvient de l'accueil réservé aux films des jeunes cinéastes marocains ou d'origine marocaine vivant à l'étranger. L'enthousiasme déclenché par notre travail nous a donné envie de venir raconter des histoires qui se passent dans notre pays d'origine.

Cela a donné, pour ma part, ce film. Un moyen métrage coproduit par le Maroc et la France. La première projection a eu lieu à Rabat dans le cadre de la deuxième rencontre franco-marocaine du court métrage. L'accueil du public a été très positif, puisque le film a eu le Prix du Public à Rabat et à Marrakech.

Que pensez-vous du cinéma marocain ?

Paradoxalement, je pense que l'appellation " cinéma marocain " était beaucoup plus justifiée à l'époque de Wechma, Aliyam aliyam, Chergui, Mille et une mains…

Aujourd'hui, je parlerai plutôt de films faits par des Marocains. J'entends par là qu'il n'y a pas de véritable réflexion sur ce que signifie faire du cinéma au Maroc. Mais, en attendant, les films se font.

S'il y avait une seule remarque à faire sur le cinéma au Maroc, ce serait à propos du scénario, ou plutôt de l'absence de scénario.

L'écriture est une étape souvent sacrifiée. Il y a un travail énorme à faire. Je suis de ceux qui croient qu'un bon film, c'est d'abord un très bon scénario. Et quand je dis scénario, il ne s'agit pas seulement d'une bonne histoire mais du reste, de ce qui fait la différence entre faire un bon film et " faire du cinéma ".

Quels enseignements avez-vous tirés de votre participation au dernier festival franco-marocain du court métrage ?

J'ai constaté (même si je le savais depuis le Festival de Tanger) qu'il existe au Maroc un public qui a envie de voir un cinéma de qualité.

Il faut en finir avec cette situation de " Au pays des aveugles, les borgnes sont rois ", tout en permettant au public de voir ce qui se fait ailleurs. À quand un festival international du film court au Maroc ?

Cette rencontre a été aussi pour moi l'occasion de voir les films réalisés par les jeunes réalisateurs marocains ou d'origine marocaine vivant à l'étranger (Bensaidi, Lakhmari, Oulad Mohand…). J'ai été surpris de voir qu'il y avait beaucoup d'éléments communs entre ces films. D'abord, ce sont des films sur des personnes et non pas sur des thèmes : chaque film raconte une histoire très personnelle, qui lui donne paradoxalement une dimension universelle.

Ensuite, pour revenir au scénario, il y a un vrai travail d'écriture.

Qu'est-ce que le court métrage pour vous et quels sont ses spécificités ?

Le court métrage est un genre cinématographique à part entière ; c'est un lieu d'expérimentation où toutes les audaces devraient être possibles. Il faut oser.

Quels sont vos projets d'avenir ?

Permettre à mon moyen métrage, Quand le soleil fait tomber les moineaux, de rencontrer son public.

Organiser une projection dans le village où le film a été tourné cet été.

Puis écrire… !

Entretien réalisé par A.A.

 

Cinémaroc, n°12, juin 1999 - La lettre d'information des professionnels du cinéma et de l'audiovisuel