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- Cinémaroc n°1, avril 1998 -
Lettre d'information des professionnels du cinéma et de l'audiovisuel

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Faouzi Bensaïdi

 



CINEMAROC est une lettre d'information mensuelle publiée par le CCM, avec le soutien du Service culturel de l'Ambassade de France au Maroc.



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Portrait : Faouzi Bensaïdi, qui êtes-vous ?

Comédien, metteur en scène et réalisateur, Faouzi Bensaïdi côtoie régulièrement les planches et les plateaux de tournage. Son nom est de plus en plus cité dans le milieu du spectacle. Révélé au public marocain par Mektoub de Nabil Ayouche, où il partage la vedette avec Rachid El Ouali, Faouzi Bensaïdi vient de signer son premier film en tant que réalisateur.

Faouzi Bensaïdi, pouvez-vous nous parler de votre itinéraire?

J'ai fait du théâtre alors que j'étais très jeune au lycée. J'avais ma troupe et ensemble nous avons évolué loin du circuit habituel qu'était le théâtre amateur. Il est vrai que nous avons commencé à faire du théâtre au moment où le théâtre amateur était à son déclin. Comme l'activité théâtrale autour de nous était insignifiante, on compensait ce manque par la fréquentation des salles de cinéma. Nous avions la chance d'être dans une ville cinéphile - Meknès qui comptait neuf salles de cinéma et des ciné-clubs. Ensuite, j'ai fait partie de la première promotion de l'ISADAC Institut supérieur d'art dramatique et d'animation culturelle. J'ai monté l'Ombre du guerrier en 1989, puis Yerma dans une co-mise en scène avec F. Ortono. Après l'ISADAC, j'ai enseigné dans cet institut pendant deux ans, et parallèlement jl'ai mis en scène Bartlet d'Eugène O'Neal puis l'Éléphant de Saâdallah Wannous. En 1993, j'ai suivi une formation théâtrale à Paris. Mais l'envie de faire du cinéma me saisissait de plus en plus.

Que vous a apporté votre séjour à la FEMIS ?

À la FEMIS, j'ai effectué des stages. La rencontre qui m'a le plus marquée est celle avec le scénariste Jean-Claude Carrière lors d'ateliers sur le scénario. C'est un homme d'une grande générosité et d'une culture encyclopédique qui englobe aussi bien le théâtre que le cinéma. Il a travaillé avec Peter Brook comme avec luis Buñuel. J'ai fait également deux autres stages sur " la direction photo " et " le montage ". Ce qui était intéressant aussi, c'est la rencontre avec les élèves, donc avec les cinéastes de demain.

Comment s'est déroulé le passage du théâtre au cinéma ?

À vrai dire, il n'y a pas eu réellement de passage du théâtre au cinéma, puisque, dès le départ, il était évident pour moi qu'un jour je ferais du cinéma. Toutes mes pièces empruntent au langage cinématographique.

La Falaise est votre première expérience en tant que réalisateur. Comment l'évaluez-vous?

Pour moi, l'expérience de La Falaise est très encourageante. Elle m'a donné beaucoup de plaisir. Maintenant, le résultat artistique est à évaluer par le public.

Vous êtes également comédien. Où préférez-vous être finalement, devant ou derrière la caméra?

Je crois que l'un nourrit l'autre, et qu'en fin de compte, que je mette en scène ou que je réalise, c'est la même vision du monde que j'ai envie de communiquer. Cela dit, je suis beaucoup mon intuition. Il y a quatre ans, j'avais envie de cesser de jouer et de me consacrer à la mise en scène, car, pour moi, c'était une nécessité vitale, existentielle. Aujourd'hui, j'ai envie de jouer, de mettre en scène et de réaliser. je vais suivre mon désir. L'essentiel, c'est d'être toujours sincère et de s'investir à fond dans chaque nouveau travail.

Comment présentez-vous le cinéma marocain en général?

Je pense qu'il y a plein de belles histoires à raconter, que les pionniers ont balisé le chemin et qu'il faut continuer en respectant la différence et la diversité des regards. Un élan et un nouveau souffle émergent, J'espère que les moyens suivront.

Quels sont vos projets à court et à long terme?

Je préfère parler des projets avec plus de détails quand ils se concrétisent. Prochainement, le vais monter une pièce de théâtre. Pour le cinéma, j'écris un nouveau scénario.

Entretien réalisé par Ahmed Araïb

 
 

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