
Omar Mouldouira
l'homme du son
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CINEMAROC est une lettre d'information mensuelle publiée par le CCM,
avec le soutien du Service culturel de l'Ambassade de France au Maroc.

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Espace Média Maroc
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Portrait : Omar Mouldouira l'homme du son
Comment êtes-vous arrivé à la FEMIS, où vous étudiez depuis 1995 ?
J'ai obtenu un diplôme universitaire de technologie en informatique industrielle à Paris, en 1993. Je suis rentré au Maroc parce que je n'avais plus les moyens de poursuivre mes études à l'étranger. En 1994, j'ai trouvé un poste de technicien supérieur au Centre royal de télédétection spatiale à Rabat. Quatre mois plus tard, je m'apercevais que ce que j'y faisais ne m'intéressait plus du tout
J'avais toujours rêvé de faire des films, mais je n'y croyais pas. Après ma démission du CRTS, j'ai écrit à la FEMIS, par curiosité, pour connaître ce fameux règlement du concours d'entrée. Alors, on m'a répondu qu'il existait un concours international dont l'une des nombreuses conditions était l'obtention d'une bourse d'étude de coopération.
Pourquoi avez-vous choisi de vous spécialiser dans la filière son ?
Au CCM, on a reçu ma demande à condition que je choisisse la filière son. De prime abord, je fus très frustré, parce que je n'étais passionné que par la mise en scène. Et je ne me voyais pas vraiment faire une école de cinéma dans un département technique. Mais très rapidement, je compris que j'avais devant moi une chance unique de poser mon premier pas dans le cinéma. Pendant toute l'année de préparation au concours, je me suis donc intéressé sérieusement au son. Le CCM m'a permis de participer à des tournages. J'ai pu également effectuer un stage à l'auditorium. J'avais donc un bon aperçu du métier d'ingénieur du son, mais surtout, je prenais conscience de deux choses : le son, c'est les 50 % du langage cinématographique, que les réalisateurs délaissent le plus souvent (sauf pour faire parler les acteurs) ; et maîtriser le son peut devenir une façon intéressante d'aborder la mise en scène.
En quoi consiste votre formation ?
La première année fonctionne en tronc commun. Chaque étudiant, quel que soit son futur département, réalise et monte dès le deuxième mois quatre fictions de 3 minutes et un documentaire en vidéo U-Matic. Tout au long de l'année, nous avons des cours et des ateliers d'analyse de films, d'histoire du cinéma, de scénario, d'assistanat, d'image, de son, de scripte, de montage vidéo et 16 mm, de production, de direction d'acteur, etc. On touche à tous les métiers du cinéma avant d'écrire, de réaliser et de monter son propre film 16 mm de fin d'année en décor studio. Ensuite on devient, sur les films des autres étudiants, tour à tour : chef opérateur, assistant réalisateur, cadreur, premier assistant caméra, ingénieur du son, perchman, scripte, électricien et machiniste. La deuxième et la troisième années sont dédiées à la spécialisation : cours de psycho-acoustique, acoustique, électronique, technologie audio-analogique, pratique de la perche, techniques instrumentales, écoute critique, prise de son/musique, technologie audionumérique, postsynchronisation, montage son et mixage en DTS, montage son virtuel ; exercices pratiques de prise de son et mixage sur un documentaire en Bétacam SP, prise de son plateau, perche, montage son et mixage sur des fictions 16 mm et 35 mm. La dernière année est réservée aux travaux de fin d'études où l'on doit faire un travail de recherche soutenu par un mémoire et un travail pratique. Nous (5 étudiants en son sur une promotion de 35) sommes également responsables des bandes sonores pour les travaux de fin d'études des élèves réalisateurs, des élèves monteurs et des élèves en image.
Avez-vous l'occasion de suivre l'actualité cinématographique marocaine ?
Je ne connais aucune revue portant sur l'actualité cinématographique marocaine et, à ma connaissance, le seul film marocain qui fut distribué en France ces trois dernières années est à la recherche du mari de ma femme de M. A. Tazi. Le seul film marocain que j'ai pu voir cette année est Badis du même réalisateur, qui passait sur la RTM. Les seules fois où je sais ce qui se passe au Maroc, c'est lorsque j'apprends par le journal du cinéma de Canal+ que Martin Scorsese y tourne Kundun ou que Kate Winslet et Saïd Taghmaoui tournent ensemble dans un film à Ouarzazate.
Avez-vous un message à transmettre à tous ceux qui aiment le cinéma au Maroc ?
Si les exploitants et les distributeurs font des efforts, n'hésitez pas à vivre votre passion cinéma dans les salles obscures, et oubliez votre magnétoscope.
Entretien réalisé par Marie-Pierre Gutmann
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