Ambassade de France au Maroc
Service Culturel, Scientifique et de Coopération


- Cinémaroc n°3, juin 1998 -
Lettre d'information des professionnels du cinéma et de l'audiovisuel au Maroc

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Quel cinéma pour le Maroc du troisième millénaire ?

Production

Portrait : Mohamed Layadi


 



CINEMAROC est une lettre d'information mensuelle publiée par le CCM, avec le soutien du Service culturel de l'Ambassade de France au Maroc.



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Editorial
Quel cinéma pour le Maroc du troisième millénaire ?

Tout d'abord, je salue la naissance de cinémaroc et souhaite à ce périodique longue vie… Notre pays est certes en développement dans tous les domaines. Cependant, dans les secteurs culturels, nous cherchons notre voie. Concernant le cinéma, le manque de politique d'encouragement et d'ouverture empêche le décollage de ce secteur dans les trois branches qui le compose : production, distribution et exploitation.

La production : certains films marocains, que l'on peut compter sur les doigts d'une main, ont eu une réelle audience auprès du public national, les autres, dont le nombre est important, sont restés sur les étagères, par la faute de qui ? Je ne fais de reproches à personne, car chaque réalisateur producteur espère que son film obtienne le succès qu'il mérite. à mon avis, c'est le système d'aide à la production qui devrait être entièrement revu et corrigé. Pour permettre au film marocain d'être écoulé sur les marchés extérieurs, il faut encourager surtout les coproductions internationales.

La distribution : il est malheureux de constater l'anarchie qui sévit dans ce domaine. Plus de 350 visas sont accordés chaque année par la commission nationale de contrôle des films. La majorité des films importés sont d'origine indoue. Les pouvoirs publics devraient tout au moins, pour juguler cette agression, contraindre les importateurs à doubler en arabe ce genre de production, à l'instar de tous les pays du monde. Cela créerait des emplois pour nos acteurs et actrices qui chôment. Le CCM pourrait développer son auditorium, les traducteurs et les scénaristes trouveraient du travail.

L'exploitation : la pierre angulaire du cinéma est d'abord l'exploitation, car sans salles, il n'y aura pas de films. D'après les normes de l'Unesco, le Maroc devrait être doté d'au moins 2 000 salles. Le nombre actuel des cinémas est ridicule (174 salles), il diminue chaque année, ainsi que la fréquentation du public (40 millions de spectateurs les années 80 et 16 millions actuellement).

Le cinéma a été longtemps délaissé par nos gouvernants et traité en parent pauvre ; la lourdeur des taxes directes, le blocage des prix ont été la cause de la situation actuelle. Le CCM, en collaboration avec les chambres professionnelles, a réussi à obtenir un allégement des taxes, mais ce n'est qu'une mesure dérisoire ; le secteur a besoin d'être considéré comme tout commerce ou industrie, c'est-à-dire soumis à la TVA à taux réduit, récupérable en cas d'investissement. Les équipements techniques (cabines de projection, fauteuils, etc.) devraient être importés sans aucuns droits de douane ni taxes. Un crédit à taux réduit devrait être envisagé pour permettre la rénovation des petites salles. Enfin, un dialogue permanent entre l'administration et l'ensemble des professionnels (à travers une fédération) devrait être instauré.

Abdelhamid Marrakchi
Président de la Chambre marocaine des distributeurs de films

 
 

Cinémaroc, n°3 juin 1998 - Lettre d'information des professionnels du cinéma et de l'audiovisuel