CINEMAROC
est une lettre d'information mensuelle publiée par le CCM,
avec le soutien du Service culturel de l'Ambassade de France au Maroc.

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Espace Média Maroc
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- Portrait -
Portrait: Kahina Attia,
profession monteuse
Quel est votre itinéraire ?
J'ai d'abord fait des études scientifiques (biologie) avant de poursuivre dans le cinéma à l'IDHEC. J'ai également obtenu une licence en psychologie en 1970.
à cette époque déjà, je travaillais dans les productions cinématographiques aussi bien en France qu'en Tunisie. à Paris, j'ai commencé à exercer réellement le montage à la Société française de production (SFP).
Je suis l'une des premières cinéastes à travailler pour le compte de la télévision tunisienne. Le premier film que j'ai monté est Viva la Muerte de Fernando Arrabal, qui m'a permis d'aimer définitivement le montage.
Comment évaluez-vous votre expérience marocaine en matière de cinéma ?
Le premier film marocain que j'ai monté est Le Silence de Mustapha Derkaoui, qui est l'un des épisodes de la série de courts métrages sur la guerre du Golfe. Depuis, j'ai monté à la recherche du mari de ma femme et Lalla Hobby de Mohamed Abderrahmane Tazi. Aux laboratoires du CCM, j'ai monté Couleur café d'Henry Duparc, et actuellement je monte le film de Farida Belyazid, Keid Ensa. Mon expérience marocaine est riche et fructueuse.
Vous avez eu l'occasion de monter différents films du cinéma du Maghreb. Quelles sont vos conclusions ?
Chaque cinéma est le reflet de sa société. Je trouve que, même s'il y a des ressemblances au niveau des sociétés, les différences sont vraiment manifestes dans les films, aussi bien au niveau du scénario qu'au niveau du développement de la fiction. L'expérience algérienne m'a donné la possibilité d'apprécier le point de vue des cinéastes algériens sur leur propre cinéma, surtout
à une époque où ce cinéma était en pleine expansion. Avec la Tunisie, j'ai accompagné la mise à jour de la nouvelle expression tunisienne à l'écran, en particulier avec les films de Noury Bouzid. C'est avec ces films que le cinéma tunisien a pu retrouver son originalité auprès du public.
De même pour le cinéma marocain, dont à la recherche du mari de ma femme constitue une œuvre importante au niveau de l'afflux public.
Vous avez travaillé également avec des cinéastes femmes. Que vous a apporté cette expérience ?
J'ai travaillé avec des cinéastes femmes d'égypte, du Liban, de Palestine, du Canada et du Maroc. Honnêtement, je n'ai pas de conclusions toutes prêtes. Mais il est vrai qu'il y a un point de vue féminin dans l'approche, qui n'existe pas par rapport à la conception cinématographique. Le cinéma n'est pas féminin ou masculin. C'est beaucoup plus par rapport à la thématique.
Il y a des choses qui sont plus spécifiques à moi en tant que femme, plutôt qu'aux femmes en tant que cinéastes. C'est-à-dire qu'il y a des choses que je peux percevoir personnellement en tant que femme, que ce soit sur un film de femme ou un film d'homme. Cela m'a permis, par exemple, de donner une approche féminine aux films de Noury Bouzid.
A l'instar de votre compatriote Moufida Jlatli, monteuse qui est devenue réalisatrice, seriez-vous tentée un jour par la réalisation ?
J'ai toujours été tentée par la réalisation. Mais je me sens bien dans le montage.
Le montage est un métier de création pure.
Dans ce sens, je me sens très satisfaite de ce que je fais, parce que ma participation est artistique, créatrice et effective. Même si j'ai des sujets qui m'intéressent et qui me tiennent à cœur, je ne me sens pas du tout emportée par la réalisation. C'est un problème de choix personnel. Je suis très bien dans le montage. Le montage me comble. Car mon ambition est dans la création, qui ne réside pas dans le fait de faire un film. La réalisation n'est pas un but en soi, je fais de la création quotidienne.
Dans le montage, il y a la narration, la création, la pratique, la réflexion, c'est un art à part entière.
Entretien réalisé par Ahmed Araib.
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