CINEMAROC
est une lettre d'information mensuelle publiée par le CCM,
avec le soutien du Service culturel de l'Ambassade de France au Maroc.

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Espace Média Maroc
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- Editorial -
Les exigences de l'avenir
Le festival national du film a pris fin avec, comme à l'accoutumée, des heureux et des déçus.
On s'attendait déjà à ce genre de résultats, car le palmarès d'un jury ne fait jamais l'unanimité.
Le festival est aussi l'occasion pour les participants : cinéastes, comédiens, techniciens, journalistes, mais également producteurs, distributeurs, exploitants et représentants de ciné-clubs, de se concerter sur la situation du cinéma au Maroc et de mettre en relief des obstacles qui entravent l'épanouissement, doucement mais sûrement, du cinéma national. Chacun, bien sûr, a son point de vue sur la question. Rien qu'à ce stade, le festival est une manifestation nécessaire et utile.
En fonction de la nature des participants, chacun observait le développement du cinéma marocain sous l'aspect économique et financier. Plus il y a d'argent et plus on peut tourner de films. Plus il y a de salles de cinéma, et plus les recettes du secteur sont bénéfiques.
Une autre catégorie des participants situait la problématique sous l'angle créatif et imaginaire.
Les scénarios des films sont établis en grande partie par les réalisateurs, faute de scénaristes compétents et professionnellement opérationnels. D'autre part, on reproche à nos films un manque d'imagination se contentant souvent de reproduire une réalité brute et dense.
Et le comédien dans tout ça ?
Si tout le monde s'accorde à ce que le comédien n'est qu'un outil maniable entre les mains du réalisateur, il ne doit en aucun cas être assimilé à un accessoire. Bien des réalisateurs cantonnent les acteurs dans cette catégorie composante du film. Et pourtant, le choix d'un acteur inapproprié se répercute immédiatement sur la crédibilité de l'œuvre. De même qu'un comédien mal dirigé, même s'il est une vedette, ne peut inculquer au film une véritable dimension artistique. Ceci devant la caméra et sur un plateau de tournage.
En dehors de la scène, le comédien a besoin d'être motivé et sécurisé dans son existence.
Le salaire d'un comédien ne peut plus être à la merci du réalisateur/producteur seul et comparé à celui des derniers des techniciens. La rémunération d'un comédien ne peut plus faire l'objet d'un marchandage en l'absence de contrat spécifique.
Le comédien a fort besoin d'un statut établi par les professionnels et reconnus par eux. Un statut qui tient compte des intérêts de tous au service du cinéma marocain et auquel le comédien a beaucoup donné et continue à faire infiniment de sacrifices. Il est temps qu'on y pense pour l'amour de ces dizaines de visages familiers et si proches à nos cœurs.
Dans les coulisses du festival national du film, il a beaucoup été question de comédien marocain. Saisissons cette opportunité pour reconnaître au comédien un statut réglementaire et une existence viable.
Tout l'espoir est porté vers l'avenir pour dépasser les inquiétudes du présent.
Mohamed Miftah
Comédien
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