CINEMAROC
est une lettre d'information mensuelle publiée par le CCM,
avec le soutien du Service culturel de l'Ambassade de France au Maroc.

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Espace Média Maroc
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- Editorial -
Du cinéma, de la télévision, de l'audiovisuel
L'évolution de l'invention technique a aujourd'hui fait qu'on se soucie plus de l'existence d'une certaine concurrence entre " Écrit " et " Audiovisuel ", deux domaines qui semblent apparemment réconciliés par la nécessité d'une complémentarité, plutôt d'une certaine complicité entre deux frères issus de la même mère : la télévision et le cinéma, deux médias faisant partie de la grande famille de l'Audiovisuel.
Le cinéma a besoin de la télévision. La télévision s'alimente continuellement de films. Comme moyens médiatiques, ils ont tous deux leurs publics et se partagent les audiences. Avec l'apparition de la télévision, tout le monde prévoyait la faillite du cinéma. Et pourtant, cela fait des décennies qu'ils cohabitent aussi bien dans la complémentarité que dans la concurrence.
Il est vrai que la télévision enregistre des progrès rapides et importants par rapport au cinéma. L'utilisation des nouvelles techniques amène la télévision à élargir son public. La multiplication des chaînes , la TV haute définition, la diffusion par satellite ou par câble ont surtout favorisé l'épanouissement de la télévision. Il ne restait au cinéma que de se développer de l'intérieur en faisant appel au génie créateur des cinéastes et techniciens. Rien d'étonnant alors à ce que les effets spéciaux reprennent progressivement le dessus sur
la mise en scène.
Il y a quelques années encore, la vidéo faisait son apparition dans le champs audiovisuel. C'est un élément de plus pour réconforter le citoyen dans son humble existence. La vidéo envahissait subitement des millions de domiciles permettant aux téléspectateurs de regarder les films de leur choix au lieu de les subir. Aussi, avec la conception de l'écran géant sur support magnéto, plusieurs salles ont été converties à cette nouvelle technique audiovisuelle.
Mais, le plus grand problème du cinéma réside dans la production de films. Les films coûtent de plus en plus cher et il y a de moins en moins de producteurs.
Évidemment, rares sont ceux qui prennent encore le risque d'investir dans des films destinés à un public réduit, voire incertain. Cette situation, même les pays " cinématographiquement " développés la vivent.
En fin de compte, la faillite du cinéma n'entraîne-t-elle pas inévitablement celle de la télévision ? Dans certains pays, dont le Maroc, on a déjà pensé aux conséquences d'une telle situation et essayer de pallier sans retard aux insuffisances. Les chaînes de télévision, convaincues de la nécessité de la sauvegarde du cinéma, ont offert différents services aux producteurs de films sous forme de participation directe ou indirecte au financement, ou en permettant une large promotion du produit national.
Les résultats de cette politique furent immédiats. Certaines chaînes n'hésitent pas à produire entièrement des œuvres cinématographiques moyennant le simple droit de passage.
Le rapport entre le cinéma et la télévision est annoncé, depuis plus de cinquante ans, comme un combat de longue haleine où s'enchevêtrent les intérêts, aussi bien économiques que sociaux, réciproques.
Cependant, cette " lutte " discrète et fructueuse s'effectue dans l'intérêt du bien-être du citoyen, ravi de toute nouveauté cinématographique ou télévisuelle.
Seddik Maaninou
Secrétaire génaral du Ministère de la Communication
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