Ambassade de France au Maroc
Service de Coopération et d'Action Culturelle

Espace Média

L'industrie de l'image a déjà démarré
L'ECONOMISTE - Jeudi 9 Octobre 1997


      La journée était organisée par le Service Culturel de 1'Ambassade de France avec la collaboration de l'Office de la Formation Professionnelle et de la Promotion du Travail (l'OFPPT) et de L'Economiste. Il s'agissait de rechercher quels sont les ressorts humains, techniques et financiers du développement de 1'industrie de l'image et bien sûr d'en tirer les enseignements pour aider cette industrie naissante au Maroc. Il n'est pas impossible que de cette journée naisse un institut de formation spécifique, probablement rattaché à l'OFPPT. Cet organe bénéficierait d'aides techniques de l'INA, l'Institut National de 1'Audiovisuel français et peut-être aussi d'une aide financière de Paris.

"Environ 12.000 personnes, plus ou moins permanentes, vivent déjà des métiers de l'image" L'explosion du nombre des participants plaide en tout cas dans ce sens: le domaine intéresse des entreprises qui ont commencé à s'y investir en découvrant en même temps les problèmes de changements technologiques, de financement et de compétences humaines. Sans compter les deux grandes chaînes de télévision, ce sont quelque 80 à 100 entreprises de petite taille qui s'occupent des productions télévisée, cinématographique et publicitaire... "il y a entre 150 et 400 métiers différents", compte M. Mourad Chérif, ministre de l'Habitat, de l'Emploi et de la Formation Professionnelle. "Environ 12.000 personnes, plus ou moins permanentes, vivent déjà des métiers de l'image", poursuit-il. Mais, regrette le Ministre, "à part la structure de l'ISIC au sein de l'OFPPT, la formation se fait sur le tas, il n'y a pas de structure suffisamment développée". Ce sont des élèves de l'ISIC, institut de la communication, qui ont filmé et enregistré la journée de travail. Leur professeur M. Christian Solassol est un formateur détaché de l'INA, qui se dit donc prêt à étoffer de manière significative ses aides. "Il faudra la participation du privé", recommande M. Chérif qui cite l'exemple de l'Institut du Textile où les entreprises privées interviennent directement dans la gestion des formations.

Un autre Médi 1, mais dans la télé ? Présence du privé aussi, quand le Ministre de la Communication, Moulay Driss Alaoui M'Daghri, confirme que, "dans deux ou trois ans, il verrait d'un bon oeil le retour au privé de la chaîne 2M". L'ambassadeur de France, M. Michel de Bonnecorse saisit la balle au bond: "Ce que nous aimerions, c'est étudier la possibilité de dupliquer le succès de Médi 1" que l'ambassadeur définit comme une "station de radio qui est un projet franco-marocain et dont la voix est celle du Maroc" écoutée par 20 millions de personnes.

Ouverture sur les programmes étrangers avec Canal+ Horizon Le ministre de la Communication a rappelé les axes de sa politique depuis quatre ans: définition du paysage audiovisuel à travers une loi-cadre et les cahiers des charges de chaînes, ouverture sur les programmes étrangers avec Canal+ Horizon et "bientôt A.R.T. dont le bouquet va être commercialisé au Maroc". Elégamment, il n'a pas insisté sur les avatars des professions de la publicité (bataille entre deux associations), mais il a annoncé la refonte de la filière du cinéma. "La réforme de la RTM est incontournable", a affirmé Moulay Driss Alaoui M'Daghri. Un voeu plus qu'une réalité, car la vieille chaîne publique n'est pas exactement dans le giron du Ministère de la Communication. En attendant, des mesures d'audience sont entreprises: les mesures actuelles sont sujettes à caution, a-t-il estimé. Il n'en reste pas moins, comme le dit M. Bellarbi, directeur général de 2M, que les audiences cumulées des deux chaînes marocaines tournent autour de 65%. I1 oublie de dire que la sienne fait à elle seule entre 40 et 50%. Le monde de la publicité l'a compris en concentrant ses passages sur l'ex-chaîne privée devenue l'année dernière une chaîne semipublique, mais avec des soucis de gestion privée peut-être plus grands que par le passé.

L'industrie de l'image n'est pas entièrement hors de portée d'un petit pays comme le Maroc Finalement, la conclusion de la journée, réalisée par les soins de L'Economiste, souligne que l'industrie de l'image n'est pas entièrement hors de portée d'un petit pays comme le Maroc. Il lui manque la transparence qui est seule capable de mobiliser des financements sûrs et surtout la formation des hommes, sans laquelle il n'y a aucune chance de tenir la compétition.

N.S.

 

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