Valorisation des produits et optimisation des procédés de recherche

Interventions
M. SANTINI, Directeur des Relations Internationales de l'ANVAR (Agence Nationale pour la Valorisation de la Recherche).

 

Le plan de mon exposé sera simple. Je vais parler de trois choses.

Premièrement, j'aimerais qu'on discute de l'expérience de l'ANVAR en matière de valorisation de la recherche. L'ANVAR est une dame de 27 ans qui a de l'expérience dans ce domaine, donc on pourra échanger si vous voulez. Je vous présenterai ensuite rapidement l'ANVAR d'aujourd'hui et ses missions. Et je vous parlerai de notre rôle, de notre politique en matière de valorisation de la recherche et de transfert de technologies aujourd'hui.

Parler de l'expérience de l'ANVAR ça va être un peu long, il vaut mieux parler des principales étapes qu'on a connues au cours de ces 27 dernières années et des faits marquants de ces 27 années. Il faut savoir que l'ANVAR a évolué d'une position de quasi monopole vers une position d'ouverture et de pluralité, en matière de transfert de technologies, et c'est heureux. Il y a beaucoup d'acteurs au niveau national. Donc on a vécu les deux approches, c'est intéressant d'en parler. Nous étions au départ valorisateurs de la recherche publique de certains centres de recherches, le CNRS, l'INRA, etc., et on est allé aujourd'hui vers un métier de facilitation du transfert de technologies tous azimuts. C'est-à-dire qu'on essaie de faire en sorte que le transfert se fasse le mieux possible des laboratoires publics et des laboratoires privés vers l'industrie, et principalement la PME. Nous avions au départ une unique mission, la valorisation de la recherche, et aujourd'hui nous avons trois missions principalement. J'y reviendrai.

Au départ on pensait que le transfert de technologie était compliqué et qu'il était linéaire. En fait, on s'est aperçu qu'il était interactif et complexe. Complexe notamment à cause de facteurs humains et pour des raisons culturelles évidentes.

Notre "clientèle", les entreprises au départ, était multi-compétente. On s'est aperçu au fil du temps qu'elles ont dû se recentrer sur leur domaine d'excellence et travailler de plus en plus en partenariat. D'ailleurs, l'ANVAR a essayé autant que faire se peut de pousser les entreprises vers ce partenariat en montant la barre technologique chaque fois que l'entreprise est revenue nous voir. Et aujourd'hui, par exemple, nous sommes à 70% en taux de partenariat sur les projets que l'on aide, alors que ce taux était de 45 ou 47 % il y a simplement six ans.

Dernière évolution de l'ANVAR : jadis notre "clientèle" était composée de grands groupes et de PME ; aujourd'hui nous travaillons uniquement avec des PME.

L'ANVAR, très rapidement, ce sont trois missions, une cible et deux outils.

Les trois missions : faciliter le transfert de technologie, c'est la mission qu'on nous a confiée en 1969; promouvoir l'innovation, mission qu'on nous a confiée en 1979; encourager le partenariat technologique et international, notamment au niveau européen depuis 1989. Mais l'ANVAR est en cours de réforme aujourd'hui, et si on a le temps je vous dirai un mot sur les tendances actuelles de réformes.

Notre cible, je viens de le dire, est constituée de PMI-PME, mais de grosses PMI-PME : on peut aller jusqu'à 2.000 personnes avec les PME non filiales de grands groupes bien entendu.

Deux outils : l'appui financier, on est connu pour ça, et l'ingénierie innovation, c'est-à-dire la mise en relation, l'orientation, le pré-conseil, etc.

Au départ, nous étions un courtier de technologies, c'est-à-dire qu'on avait pour rôle de faciliter le transfert des technologies. L'ANVAR a été le plus grand courtier de France jusqu'en 1989-90 avec 8.500 brevets en portefeuille. Nous avons évolué vers un métier de facilitateur, de catalyseur, mettant de l'huile dans les rouages du transfert de technologie quand il le faut, notamment par des financements et des conseils. Disons qu'aujourd'hui, notre métier, et il est simple, c'est de faire en sorte qu'il y ait un meilleur emploi industriel de l'effort de recherche et de développement national. Mais nous ne sommes pas les seuls à poursuivre ce but, je vous rassure. On est heureusement nombreux dans ce cas-là. Quand j'ai dit qu'on s'est dégagé du courtage de technologie, c'est vrai et c'est faux à la fois puisque nous avons créé avec 7 grands centres de recherches une filiale, une société anonyme qui s'appelle FIST, France-Innovation Scientifique et Transfert, qui est une société dont le capital doit être aux alentours de 8 à 9 millions de francs aujourd'hui et qui fait du transfert à risque dans 4 ou 5 domaines d'activités : les sciences de la vie, les matériaux, l'électronique, l'informatique et l'instrumentation.

Voilà, je crois que j'ai dit l'essentiel.

 


Table ronde, Valorisation des produits et optimisation des procédés de recherche
Valorisation de la recherche et le transfert des savoirs entre l'université et l'entreprise au Maroc