les résidences de l'institut français de marrakech
----- riad Denise Masson -----
Ange et Damnation
Ange et Damnation sont les premières artistes invitées en résidence au riad Denise Masson
du 1er avril au 25 juin 1997.

Ange et Damnation, sculpteures. Leurs travaux s'alimentent à différents registres de l'iconographie religieuse : art sacré, savant ou populaire. Vives en couleurs, riches de formes généreuses, nous connaissions à Paris leur Sainte Georgette et leur Sainte Micheline. Depuis quelques années, elles poursuivent à travers le monde (Inde, Burkina Faso), leur exploration attentive et chaleureuse des manifestations de cultures populaires.

Le pélerinage des 7 saints les a conduites jusqu'à Marrakech. De ces lieux, dont l'accès depuis Lyautey est interdit aux non musulmans, elles ont choisi de donner une évocation symbolique, finement documentée. Au fil des nombreuses rencontres qu'elles ont faites dans la ville et en milieu universitaire, elles ont rapidement découvert l'existence de saintes dont le culte, moins célèbre et tout aussi vivant, semble autoriser une plus grande familiarité : on ne s'étonnera pas de voir apparaître, à côté des représentations que leur inspirent Lalla Mimouna ou Lalla R'kia, une Lalla Mobylette ou Lalla Djellaba. Une observation respectueuse des traditions qui n'exclut pas la perception de la modernité (les rues de Marrakech dans tous leurs états). Une réappropriation de la démarche orientaliste non dépourvue d'espièglerie. Reine Prat



Ange et Damnation
7 saints, 7 lallas

20-25 juin institut français de marrakech
1er-3 juillet château de Servières à Marseille

7 saints célèbres nous amenèrent à Marrakech.
A Marrakech où il y a plus de 7 saints.
On dit qu'il y en a sous chaque pas !
Mais dit-on qu'il y a des saintes ?

Des lallas, moins officielles mais tout autant visitées,
visitées par des femmes bien sûr :
Lalla R'Kia, sollicitée pour la fécondité,
sa couleur est le rouge,
Lalla Mimouna, chantée par les gnawa,
Lalla Mahla, aussi érudite que belle,
Lalla Aaouich, Lalla Zohra et tant d'autres...
Parmi toutes ces saintes nous en avons choisi 4
+ Aïcha Kandicha, la diablesse,
celle que les hommes craignent de rencontrer la nuit
et dont les enfants ont peur,
l'incarnation du mal faite femme aux pieds de chèvre,
puis nous avons inventé 2 lallas,
inspirées par de Marrakchia d'aujourd'hui :
Lalla Djellaba et Lalla Mobylette,
la première pour toutes ces femmes aux différents visages,
vêtues de l'unie forme djellaba,
la deuxième, en hommage à celles qui fendent l'air,
fières et dynamiques sur leur mobylette.

Des Sebatou Ridjal, nous avons approché les lieux,
les abords des mausolées,
touché les grilles des fenêtres chargées de cadenas,
nous sommes passées sous la chaîne de Sidi Abdel Aziz,
nous avons rêvé dans le cimetière de Bab er Robb
à Sidi es-Soheili, le poète,
traversé le quartier de Sidi Youssef
et son souk du mouton pendant l'Aïd El Kebir...
C'est notre émotion devant chacun d'eux
qui est évoquée par des éléments symboliques,
suspendus, entre la terre et le ciel,
du serpent à la lune,
à des portiques en fer forgé
installés selon le parcours du pélerinage. A&D

Avec le soutien du service culturel de l'ambassade de France, de l'association française d'action artistique AFAA et de la fondation Denise Masson créée au sein de la fondation de France.