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Il paraît que...
Jean-Pierre Angrémy, alias Pierre-Jean Rémy
Le premier emprunte, chaque matin, l'ascenseur qui le conduit au bureau d'où il gouverne, dans la vigie d'une tour de verre, l'immense navire de la Bibliothèque nationale de France. Il préside des commissions consacrées à la numérisation des documents, jongle avec les millions, communique avec la planète, reçoit architectes et informaticiens dans cette institution séculaire qui utilise désormais des techniques d'avant-garde pour gérer la foule de ses visiteurs et le nombre astronomique des documents qui leur sont accessibles.
Le second est romancier, biographe, essayiste, poète. Dans le secret de son cabinet de travail, il compulse ses notes, s'arrête sur une virgule, biffe un mot de trop. Seul.
Qui avons-nous vu descendre de l'avion à l'aéroport de Rabat-Salé, à la fin du mois d'octobre dernier ? Jean-Pierre ou Pierre-Jean ? A la Bibliothèque générale où Monsieur Toufiq, son directeur, lui fit visiter les nouvelles installations où sont désormais rangés les ouvrages offerts par la BNF au Maroc (cf. Il paraît au Maroc, n°3), nous avions incontestablement affaire à Jean-Pierre. A la Bibliothèque Royale où il promena sur les somptueux manuscrits que lui présentait son conservateur, Monsieur Binebine, le regard attentif du professionnel rompu à la conservation de ces fragiles trésors, c'était encore lui. En revanche, n'était-ce pas plutôt l'écrivain Pierre-Jean dont on faillit perdre la trace, plongé qu'il était dans sa lecture, parmi les bibliothèques richement garnies de la Fondation du Roi Abdul Aziz, à Casablanca ? Et qui l'appelait sans relâche sur un téléphone portable qui ne cessait de carillonner ? Un éditeur ou... un délégué du personnel ?
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