Le livre au Maroc


Revue de l'Association Marocaine des Professionnels du Livre (AMPL)


Il Paraît au Maroc
N°5, Mars 1998

Revue de l'Association Marocaine des Professionnels du Livre
(AMPL)


  Le livre dans les médias

Le livre au Maroc, une aventure à suivre...

     Il paraît qu'il paraît au Maroc de plus en plus de choses. Et c'est tant mieux. On raconte, on se raconte, on observe, on rapporte, on s'exprime, on inspire, on expire... On écrit, on filme, on photographie, on dessine, on peint... Pour un bonheur à partager. Mais point de partage complet sans véritable communication. L'actualité du livre, de plus en plus riche, doit bénéficier de tous les espaces et dans tous les médias, de même que du soutien de l'édition qui prospère.

     A l'heure de l'Internet, c'est avec nostalgie que j'évoque une période ayant fait de moi, comme bon nombre de mes confrères, un témoin privilégié de l'évolution du produit livre dans mon pays. Un produit qui, comme le disque ou l'exécution d'un concert ou d'une pièce de théâtre, a toujours fait partie de mes outils de travail dans mon activité de journaliste Radio, média des mots par excellence... Pour ce qui me concerne, dans les années soixante-dix, l'information parvenait à mes oreilles, puis à celles de mes auditeurs, par le biais des auteurs eux-mêmes. Un contact plutôt amical et direct. Il s'agissait autant de la "griffe" connue et permanente que du passionné des mots pris d'une soudaine envie de s'essayer au périlleux exercice de l'écriture, ce qui se soldait plus souvent par des déconvenues financières que par un "malheur" en librairie.

     Mais point de discrimination entre la poignée de professionnels et les écrivains d'un jour. A mon humble micro, ils se sont tous succédés avec ou sans livre dédicacé ! Je ne me sentais nullement la vocation de décider de la carrière de tel ou tel, le plus important étant d'encourager et de promouvoir une création en devenir. N'avons-nous pas toujours agi ainsi avec notre cinéma par exemple ? Aujourd'hui encore, le contact direct et sans complexe subsiste mais bien des auteurs commencent à confier cette tâche - et il était temps - à leur éditeur. D'autres, en revanche, bien qu'issus de maisons bien installées, continuent de faire du porte à porte. C'est sympathique, mais le jour ou des attaché(es) de presse s'y appliqueront systématiquement, cela marquera une autre étape dans l'épanouissement de notre édition. Cela atténuera, certes, un peu le caractère militant et chaleureux de l'échange auteur-"promoteur" d'autant qu'il m'est aussi agréable d'aller frapper à la porte de l'auteur distrait dont je sollicite sans y être invité une intervention ou un débat. Mais il faut écrire... avec son temps. Le rôle joué par quelques louables initiatives est déterminant dans la fabrication d'une information continue et à jour. Comment ne pas rendre hommage au Carrefour des livres, devenu carrefour des lecteurs grâce à la publication mensuelle de son dépliant ? A Kalila Wa Dimna qui multiplie des séances de signatures devenues des rendez-vous incontournables dans la capitale ? Comment ne pas saluer l'apport précieux des programmes des Instituts français et de la revue "Zellige" ?

     Et enfin, comment ne pas applaudir à l'avènement de Il paraît au Maroc, un guide providentiel dont notre si jeune espace éditorial avait tant besoin, pour mieux asseoir son existence et vivre pleinement son aventure...

M. Bhiri - RTM

 

Accueil Il Paraît au Maroc n°5, sur http://www.ambafrance-ma.org