Le livre au Maroc


Revue de l'Association Marocaine des Professionnels du Livre (AMPL)


Il Paraît au Maroc
N°5, Mars 1998

Revue de l'Association Marocaine des Professionnels du Livre
(AMPL)


  Le livre dans les médias

Signet

     Depuis que Mammy-télé a décidé de ne voir en l'homme qu'un tube digestif et de ne promouvoir que les lieux où les hamburgers se ramassent à la pelle, on a cru les livres parés pour un long soir à venir. Emballés dans le linceul de l'amnésie. " La chair est triste, disait l'excellent Mallarmé, hélas ! et j'ai lu tous les livres ". Serait-ce là le dernier clou rivé au cercueil des écrits ? L'auteur du Bel aujourd'hui avait-il fait le deuil de la vraie culture ?

     Une chose est sûre : la prophétie du poète se serait accomplie, n'eut été la foi de quelques hommes de plume qui croient encore au rôle du livre, ce contre-poison au trouble débilito-digestif, garde-fou contre le sommeil consommatoire, rempart contre la tentation baveuse de noyade dans le néant de l'ignorance écervelée... Heureusement, le creux sonore s'envole, restent les écrits. Reste ce conduit dans lequel passent le courant des idées, la masse ignée de la passion, le concentré des expériences multiséculaires.

     Sans leurs livres, aurions-nous pu tirer profit de Goethe, Hugo, M'roo al-Qaïss, Cervantes, Brodovsky, Camoens...? Sans le livre, ce feu sacré que Prométhé a payé de sa peau en le volant aux dieux de l'Olympe aurait-il pu se transmettre à travers les générations ? Il suffit pour le savoir de déplier un parchemin...

     A présent que les écrivains écrivent, que les éditeurs éditent, que les imprimeurs impriment, que les distributeurs distribuent, le lecteur lit-il ce que le libraire lui propose ? De ce côté du macrocosme éditorial, où l'industrie du livre est une vraie aventure, où le livre a franchement mal à trouver preneur, le plus important reste à faire. Et d'abord à travers les médias. N'est-ce pas là un terrain propice où la bataille des livres doit se mener, où le débat d'idées doit se faire sur des références et des préférences intellectuelles ?

     Et tant qu'à parler préférences, Il PARAIT QUE l'ignorance est pour beaucoup dans la désaffection de nos lecteurs. Commençons donc par trier sur le volet les vraies nouvelles parutions pour rendre à César ce qui lui revient et le livre passera mieux.

M'Hamed Hamrouch - Libération

 

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