Ambassade de France au Maroc
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L'industrie de l'image, un secteur porteur
Un séminaire organisé le jeudi 3 octobre 1997, à Casablanca,
par le Service culturel, scientifique et de coopération
de l'Ambassade de France au Maroc, L'économiste et l'OFPPT.

Ouverture du séminaire
| Abdelmounaïm Dilami | Driss Alaoui Mdaghri | Mourad Cherif | Michel de Bonnecorse |


Séminaire du 3 octobre 1997


Ouverture du séminaire :

Abdelmounaïm Dilami
Directeur général de L'Économiste

Driss Alaoui Mdaghri
Ministre de la Communication
Porte-parole du gouvernement

Mourad Cherif
Ministre de l'Emploi, de l'Habitat et de la Formation professionnelle

Michel de Bonnecorse
Ambassadeur de France au Maroc


- 1ère Table ronde :
Les bouleversements de l'audiovisuel dans le monde:


- 2ème Table ronde :
Les implications pour le paysage audiovisuel marocain:


- 3ème Table ronde
Le développement des contenus, un enjeu pour le paysage audiovisuel marocain

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Une priorité : la formation

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Une nécessité : la diversification des financements


Conclusion :
L'audiovisuel, un marché mondial, des opportunités nationales

  Mourad Cherif,
Ministre de l'Emploi, de l'Habitat et de la Formation professionnelle

Monsieur le Ministre,
Monsieur l'Ambassadeur,
Mesdames et Messieurs,
Je trouve tout à fait normal que M. le Ministre de la Communication ait pris le maximum de temps, c'est son rôle également de faire passer les messages et donc de communiquer. Je serai, en ce qui me concerne, plus bref puisque cette journée est une journée de réflexion à laquelle vous allez tous participer entre professionnels.

Je voudrais tout d'abord remercier les organisateurs de cette journée : L'Économiste, le Service culturel de l'Ambassade de France, l'Office qui a participé également à l'organisation, parce que cette initiative est particulièrement positive, en termes de devenir de ce secteur extrêmement important, en termes d'emploi, en termes de formation. Et je voudrais également rappeler à quel point la coopération franco-marocaine a été utile dans le développement de ce secteur. Nous avons avec nous les responsables de l'Institut national de l'audiovisuel en France, et je voudrais rappeler que 2M, qui a changé notre paysage audiovisuel il y a quelques années lorsqu'elle a démarré le 4 mars 1989, a pu le faire grâce à la coopération franco-marocaine au niveau de la formation du personnel : une centaine de jeunes, dont beaucoup étaient diplômés de l'INPT, avaient été envoyés en France pendant un an à l'INA, et cette chaîne a pu très rapidement tourner avec du personnel à 100 % marocain. Donc cela montre que nous sommes un pays qui peut s'adapter très rapidement et que lorsque l'effort de formation et d'investissement est nécessaire, nous pouvons relever des défis. Et je crois qu'il est important de rappeler l'apport de la coopération franco-marocaine dans ce domaine.

Je ne vais pas revenir sur les thèmes qui ont été brillamment développés par mon collègue et ami Driss Alaoui Mdaghri sur la révolution à laquelle nous assistons, vous en débattrez au cours des ateliers d'aujourd'hui. Mais il est clair que nous sommes dans une véritable rupture technologique dans le domaine de la communication où la numérisation généralisée des communications constitue une véritable révolution en associant l'informatique, les télécommunications et demain l'audiovisuel. Et cela est une révolution dont nous devons prendre conscience pour pouvoir anticiper au niveau de notre pays.

Il y a un fait très simple qui résume la généralisation de la numérisation, c'est l'adaptation d'un langage unique de communication entre tous les postes terminaux, que ce soient des combinés téléphoniques, des téléviseurs, des ordinateurs, et qui permet de banaliser l'utilisation de cet outil et de consacrer un maximum d'énergie à sa création ou à son exploitation. Aujourd'hui Internet est connu de tous. Il préfigure la future télévision numérique qui va permettre d'unifier l'ensemble de ces moyens de communication. Nous assisterons alors à l'apparition d'une nouvelle race de téléspectateurs proactifs, par opposition aux téléspectateurs actuels. Ce qui va modifier totalement le paysage audiovisuel dans lequel nous vivons. Nous n'aurons plus quelqu'un de passif qui regarde les images mais nous aurons quelqu'un qui va intervenir à travers son poste, à travers son ordinateur sur l'ensemble des images numérisées.

Donc, je crois que le thème de cette rupture technologique va faire l'objet de vos débats pour voir comment elle représente un atout, une chance pour notre pays et non pas un danger, et comment nous devons nous y préparer. Parce que j'y vois incontestablement la possibilité de relever ce défi compte tenu des compétences humaines que nous devons développer, mais j'y vois également un gisement d'emplois considérable et c'est en cela que ces journées de réflexion sont utiles pour nous préparer aux métiers de demain en alliant la connaissance de ces métiers et de leur formation. Et c'est pour cela que ce lien - et l'Office de la formation professionnelle est actif sur ce plan-là - entre l'emploi et la formation est aujourd'hui fondamental. Le fait de connaître ces métiers de demain - certaines études les estiment entre 150 et 400 - dans les différentes branches de l'audiovisuel, l'effort d'investissement dans la formation - et c'est un défi majeur pour notre pays - devraient nous permettre de créer de nouveaux types d'emplois.

Il y a aujourd'hui un changement de notre paysage audiovisuel, l'apparition de 2M, le développement de la RTM, la production vidéo professionnelle locale qui est assez développée en ce qui concerne ces deux opérateurs, la production de cinéma où l'on estime qu'aujourd'hui un potentiel beaucoup plus important peut être développé - je crois qu'on tourne, chaque année au Maroc, trois ou quatre longs métrages plus quelques courts métrages -, mais, comme le disait M. le Ministre de la Communication, c'est un secteur qui produit 150 millions de dollars de recettes annuellement, qui emploie environ 12 000 personnes, de manière saisonnière ou permanente. Voilà des champs de développement d'activités économiques, de croissance et d'emplois qui sont à notre portée, sans oublier la publicité qui se développe.

Tout cela constitue des atouts, mais comporte également des faiblesses : on le constate notamment au niveau de la formation, puisque pratiquement tout ce développement se fait à travers une formation sur le tas. Il est nécessaire aujourd'hui pour pouvoir relever ces défis de bien identifier quels types de formation nous devons mettre en œuvre. Car l'évolution technologique est extrêmement rapide, et on constate qu'il n'y a pas, au niveau national, de structures de formation suffisamment développées.

Il y a également le problème fondamental de la formation continue qui a été évoqué. Si cette journée permet d'avancer sur l'identification de ces métiers, sur les chances que représente ce secteur pour l'avenir, sur les besoins de formation tels qu'ils existent, je crois que nous aurons fait un grand pas.

Il y a actuellement une expérience que je voulais signaler : c'est celle qui s'est développée dans le cadre de l'Office de la formation. Depuis septembre 1996, une filière a été ouverte à l'Office de Casablanca dans le cadre de l'ISIC où douze techniciens spécialisés sont formés dans le domaine de l'audiovisuel. Aujourd'hui, ces jeunes couvrent cette matinée sur le plan de l'audiovisuel : je crois que c'est un exemple de formation alternée, même si c'est sur une seule journée !

Ces approches sont extrêmement utiles à analyser car elles montrent, au niveau de la formation professionnelle de notre pays, la nécessité de s'adapter, de fermer les filières qui correspondent à des métiers qui ne sont plus adaptés à l'économie, qui alimentent le chômage des jeunes, et d'anticiper et d'ouvrir des filières qui débouchent sur les métiers de demain. Il y a là des gisements d'emplois que l'on doit développer. Il y a des discussions avec l'INA sur la création d'un Institut de l'audiovisuel.

Je dois également dire que dans le cadre de la politique du gouvernement de Sa Majesté, la formation professionnelle est encouragée au niveau de l'association avec le privé, et que nous n'envisageons le développement de cette formation qu'en association avec les professionnels du secteur. Il y a des cas qui matérialisent cette approche : je parlerai, dans un autre domaine, de l'École supérieure des industries du textile et de l'habillement. C'est la première expérience dans notre pays d'un institut créé par l'État mais donné en gestion à une structure privée. C'est un institut qui forme des ingénieurs et des techniciens et qui est dirigé par un ancien responsable des industries textiles. Voilà donc le cas d'une association entre le public et le privé, une école payante avec des aides au niveau du financement. C'est, je crois, un modèle pour de futurs développements. L'ensemble des autres filières de la formation professionnelle se fait également avec une très forte implication des responsables du secteur.

Donc, si nous pouvons, à l'issue de cette journée, déboucher sur un certain nombre de recommandations ou de pistes de travail, nous pourrons avancer et nous sommes disposés à accueillir un projet qui se ferait en association avec les professionnels. Il s'agirait des métiers de créatifs mais aussi des métiers plus techniques comme les métiers de la maintenance, les métiers qui sont liés à la production audiovisuelle, que nous pourrions réaliser en partenariat.

Ce sont les deux messages que je voulais transmettre aujourd'hui : le gisement d'emplois que peut représenter le développement bien anticipé de ce secteur et la nécessité de l'accompagner d'une action de formation à laquelle nous sommes prêts à participer activement.

Je vous remercie.

Mourad Cherif
Ministre de l'Emploi, de l'Habitat et de la Formation professionnelle


L'industrie de l'image, un secteur porteur, sur http://www.ambafrance-ma.org
© Service culturel, scientifique et de coopération de l’Ambassade de France au Maroc, janvier 1998.