Ambassade de France au Maroc
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L'industrie de l'image, un secteur porteur
Un séminaire organisé le jeudi 3 octobre 1997, à Casablanca,
par le Service culturel, scientifique et de coopération
de l'Ambassade de France au Maroc, L'économiste et l'OFPPT.

Le développement des contenus,
un enjeu pour le paysage audiovisuel marocain
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Une nécessité : la diversification des financements

| Michel Hamon | M'fadel El Halaissi | Georges Vanderchmitt | Michel Hamon | Interventions diverses |


Séminaire du 3 octobre 1997


Ouverture du séminaire


- 1ère Table ronde :
Les bouleversements de l'audiovisuel dans le monde


- 2ème Table ronde :
Les implications pour le paysage audiovisuel marocain:


- 3ème Table ronde
Le développement des contenus, un enjeu pour le paysage audiovisuel marocain

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Une priorité : la formation

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Une nécessité : la diversification des financements

Michel Hamon (1)
Directeur général de la Banque de la Cité

M'fadel El Halaissi
Directeur des Investissements et du Crédit à la BMCE

Georges Vanderchmitt
Président de la Sofirad

Michel Hamon (2)

Interventions diverses


Conclusion :
L'audiovisuel, un marché mondial, des opportunités nationales

  Michel Hamon

Nadia Salah (directrice de la publication de L'Economiste) : Une question importante : les sous...

Ces choses qui comptent sont souvent logées chez des gens qui comptent : les banquiers. Je suggère donc de commencer par les banquiers et de finir par les utilisateurs. À tout seigneur tout honneur : la Banque de la Cité passe pour être la banque du cinéma. Il est arrivé des mésaventures à d'autres banques qui se sont intéressées au cinéma hors de leurs frontières et qui n'en sont pas encore revenues, mais apparemment pour vous cela se passe bien.

Un banquier du cinéma, ça travaille comment ?

Michel Hamon (Directeur général de la Banque de la Cité) : Bonjour à tous.

Pour continuer dans les métaphores, je dirais que le banquier est un caméléon. Un caméléon parce qu'il s'adapte à son terrain, il se tient prêt à changer d'avis. Bref, il veut le beurre, l'argent du beurre, et il va essayer de ne pas se marier avec la fermière, même s'il envisage d'autres projets ! C'est si vrai que la Banque de la Cité est considérée en France comme un des intervenants majeurs dans la production cinématographique. C'est un caméléon, parce qu'il y a vingt ans, la Banque de la Cité ne finançait pas le cinéma. Elle a commencé petitement avec des acteurs, car une de ses agences se trouvait au pied d'une agence artistique et que, naturellement, les acteurs venaient ouvrir un compte pour y placer leurs quelques économies. Caméléon, il s'est adapté. Certains artistes sont devenus producteurs et ont eu besoin de capitaux pour financer leurs œuvres, et petit à petit, la Banque de la Cité s'est créée une réputation et, hélas !, a failli, récemment encore, y laisser la fermière, la crémière, le beurre et l'argent du beurre qu'elle avait voulu collecter au long des années passées. Parce que le métier du financement de la production cinématographique est un métier risqué.

Cela me permet de vous présenter quelques affirmations. Car pour bien comprendre les mécanismes, il faut aussi que vous connaissiez bien l'état d'esprit du banquier. Je prêche pour ma paroisse au risque peut-être de me faire mal voir, et je dirais que ce n'est pas le financier qui doit déclencher l'objectif, fût-il culturel, économique ou financier, d'un des intervenants. C'est le contraire. Repensez à mon caméléon. C'est l'objectif - qu'il soit culturel, économique ou industriel - qui va faire appel à la compétence du financier. Il faut donc marier les deux objectifs. J'ai compris ce matin, des propos de M. le Ministre de la Communication, que le Maroc, à l'instar de la France, souhaitait défendre et promouvoir son identité culturelle, avoir une présence culturelle, et que, de ce fait, le cinéma, l'audiovisuel, l'image, pour être plus large dans les termes, constituait un des vecteurs pour transmettre ou consolider cette identité culturelle.

À partir de cet instant, il y a plusieurs interventions possibles, mais toutes, à des échelons différents, peuvent aboutir à un risque d'échec. Or, vous ne ferez pas intervenir un banquier dans une participation à un financement si le risque d'échec est à 100 %. Le caméléon va changer de comportement, va changer d'attitude pour s'adapter à une situation, son objectif étant de participer à son marché et de dégager du profit ! Comme vous d'ailleurs, les acteurs de l'audiovisuel. Je l'ai bien repéré tout à l'heure. Moindres coûts pour les acquisitions d'investissements, meilleurs coûts pour la production de l'image... À terme, c'est une meilleure rentabilité. Nos objectifs sont bien convergents.

La banque se doit, pour assurer sa pérennité, de prendre un risque mesuré pour une rentabilité pondérée. En France, puisque comme vous, le pouvoir politique avait décidé de promouvoir l'identité culturelle, il a fallu offrir au " caméléon-financier " de quoi s'adapter à cette situation et faire en sorte que son risque soit le moins élevé possible, quitte à ce que son retour sur investissements soit rémunéré petitement - mais si je le dis, personne ne va me croire -, en tout cas de façon très pondérée par rapport aux capitaux investis. En France, la banque ne participe pas au financement de l'œuvre, elle assure la trésorerie du financement d'une œuvre. C'est ce qui lui permet de mesurer, de pondérer son risque et, par l'effet de levier des montants, de dégager des profits suffisants pour sa pérennité.

Quelques chiffres pour illustrer ces propos : en 1996, la France aura produit 130 films, dont une centaine considérée comme films français, pour un investissement d'environ 3,5 milliards de francs. Pour sa part, la télévision (ou l'audiovisuel puisque c'est ainsi qu'on les sépare en France) aura produit 2 647 heures de fictions, documentaires, animations, et aura généré une production d'images pour un montant de l'ordre de 5,7 milliards. C'est donc un total de 9 milliards de francs qui est financé pour la grande majorité par des intervenants extérieurs aux banques, et qui proviennent, si on raisonne en termes de pourcentage moyen (ce qui est absurde mais donne une image approximative), pour 50 %, des investisseurs, qui sont le producteur lui-même ou les coproducteurs qui s'allient à son projet, le restant provenant d'un système en place en France depuis une cinquantaine d'années, qui part du principe que les intervenants de l'audiovisuel doivent s'aider pour que le ciel les aide. Donc, ils constituent, au fur et à mesure de la fréquentation en salles et des diffusions à la télévision des œuvres cinématographiques et télévisuelles, un pécule qui génère une caisse commune qui leur permet de financer un deuxième film ou une deuxième fiction. Pour le reste, ce sont les achats de droits qui viendront assurer le bouclage du plan de financement. Voilà donc l'activité de la banque : elle va relayer par anticipation les flux financiers qui vont être générés au fur et à mesure, soit lors de l'avancée du tournage de l'œuvre, soit lorsqu'elle sera produite et livrée à l'utilisateur final.

D'autres modes d'intervention existent auprès des banques, mais ce ne sont pas des banques de dépôts et de crédits, ce sont des banques d'affaires. Celles-ci peuvent intervenir directement en fonds propres, mais à partir de ce moment, elles participent également au risque potentiel de non-terminaison de l'œuvre, et elles prennent donc un risque total qui pourrait les amener à perdre définitivement et totalement leurs mises de dépôt.

Et puisque ce matin nous parlions d'interactivité, la meilleure preuve, c'est que j'en reste là et que je réagis à votre action en vous répondant si vous me posez des questions.


L'industrie de l'image, un secteur porteur, sur http://www.ambafrance-ma.org
© Service culturel, scientifique et de coopération de l’Ambassade de France au Maroc, janvier 1998.