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I - Aperçu Global :
qu'est ce que l'optique ?
On peut, semble-t-il, définir loptique comme létude des moyens de transmission des informations par la lumière,
ces informations portant soit sur la forme, la luminosité, la couleur, la position dobjets dont on obtient des images, soit sur létat de la matière qui émet, transmet ou absorbe cette lumière.
Mais ce dernier mot a pris aujourdhui un sens bien plus large quautrefois, puisquil sapplique à une grande part du domaine des radiations électromagnétiques , qui va de certains rayons cosmiques jusquaux ondes de la radioélectricité. Dautre part, les ondes associées aux particules en mouvement rapide telles que des électrons peuvent être diffractées et aussi guidées selon les lois dune « optique corpusculaire » très semblables à celles qui régissent les ondes lumineuses.
2- Historique :Les études sur la formation des images et la nature de la lumière nont guère commencé quau XVIIe siècle, avec Newton, Huygens, Descartes. Elles ont été poursuivies par Young, Fresnel, Fizeau, Maxwell, plus récemment par Einstein, Louis de Broglie et bien dautres grands physiciens.Pour situer le vaste domaine de loptique, il a paru nécessaire den indiquer dabord les principaux aspects. Cette science a apporté une contribution fondamentale à notre connaissance du monde, notamment aux études de structure, à léchelle de lhomme comme à celle de lunivers ou à celle des atomes.
Tout en jouant un rôle primordial en physique, elle est aussi, par ses applications, la servante des autres sciences et techniques. Ici, encore, bien des noms seraient à citer, depuis Dollond, Abbe, Niepce et Daguerre, les frères Lumière... jusquaux auteurs des développements en cours de loptique non linéaire, des télécommunications optiques et des couches minces.
3- Les différentes parties de l'optique :
On peut demander aux images dapparaître à lil plus grandes que lobjet, ou parfois plus lumineuses (cest le cas de lobservation des étoiles), ou de faciliter la localisation de cet objet, ou encore dagir sur un récepteur physique susceptible éventuellement de les enregistrer.
Toute classification des domaines de loptique est en partie arbitraire et comporte de nombreux recouvrements.
Loptique géométrique sappuie essentiellement sur la notion de rayons lumineux susceptibles de fournir des images quon observe à laide de lunettes ou de microscopes, quon enregistre par photographie ou quon forme sur dautres récepteurs physiques pour recevoir des signaux ou effectuer des mesures.
tient compte des puissances transportées par le rayonnement, de leur répartition spatiale et de leur action sur divers récepteurs ;Loptique énergétique
loptique physiologique traite de la formation des images dans lil et de leur perception ;
l optique ondulatoire traite les phénomènes où interviennent la nature vibratoire de la lumière et sa propagation par ondes : interférences, diffraction, polarisation. La forme la plus générale de loptique ondulatoire est loptique électromagnétique , qui exprime le champ électromagnétique de londe lumineuse à laide des équations de Maxwell. Létude des longueurs donde et de la répartition spectrale des radiations composant une lumière ainsi que celle de leurs relations avec la nature et létat physique des sources qui les émettent et des milieux qui les transmettent constituent la spectroscopie, quon tend aujourdhui, en raison de son importance, à considérer comme une science distincte. La spectroscopie est étroitement liée à loptique quantique.
loptique quantique, envisage laspect corpusculaire de la lumière, dans ses échanges dénergie avec la matière.
loptique instrumentale : La conception et la construction des instruments doptique font appel à des calculs sur les « marches de rayons » et sur linfluence de la diffraction, à des connaissances sur les matériaux optiques, à des mesures sur les défauts résiduels des images, sur les lumières parasites, etc. Selon son application, loptique instrumentale (on parle souvent de l« optique » dun instrument, par opposition à sa partie mécanique) est dite astronomique, microscopique, photographique, spectroscopique, métrologique ;
loptique de lunetterie est la plus répandue de toutes.
4- Applications et développements :
Il nest guère de science ou de technique qui ne fasse appel aux moyens optiques pour des observations, des mesures, des reproductions, des transmissions.
Les lunettes de vision sont efficaces. Les lentilles de contact, désormais demploi courant, sappliquent directement sur lil ;
elles sont pratiquement invisibles et permettent seules certaines corrections (mais on doit vérifier quils naltèrent en rien la cornée).
Léclairagisme, qui sintéresse aux propriétés lumineuses des sources et aux propriétés optiques des réflecteurs, réfracteurs et diffuseurs, sans exiger une précision extrême, a fait de grands progrès depuis un siècle. Lanalyse spectrale rend de grands services en chimie, en métallurgie et en astronomie, celle-ci utilisant dautre part des lunettes ou des télescopes pour concentrer le flux des étoiles, distinguer les détails du Soleil, des planètes, et même des nébuleuses, et repérer avec précision les directions, ce qui importe aussi en géodésie. De grands miroirs servent à recevoir des micro-ondes en radioastronomie, dautres à capter lénergie solaire, afin de fondre des matériaux très réfractaires ou de provoquer des réactions chimiques à de très hautes températures.
Les armées terrestre, maritime et aérienne utilisent les lumières visibles et la lumière infrarouge pour des observations et des signaux. Les ondes lumineuses peuvent être modulées pour la transmission de messages sonores. Les microscopes sont indispensables en cristallographie, en biologie et en médecine. Les divers instruments ophtalmologiques sont mieux connus et plus utilisés : les endoscopes, qui permettent de voir à lintérieur de cavités dans un organisme ou une pièce mécanique, les photoélasticimètres qui, par lobservation en lumière polarisée dune lame transparente soumise à des contraintes, servent à évaluer celles-ci.
Parmi les innombrables applications de la photographie et du cinéma, rappelons les enregistrements de phénomènes ultrarapides, les réalisations de cartes par photogrammétrie, les reproductions très réduites pour circuits électroniques miniaturisés, les images très nettes, malgré la distance, prises par les engins spatiaux.
La photocomposition fournit, par des moyens optiques, des textes à imprimer. Inversement, la reconnaissance optique des caractères dimprimerie sert à des contrôles de chèques et à des triages postaux. Lapparition à léchelle industrielle de matériaux optiques non linéaires à réponse très rapide permet de profiter de la considérable capacité qua la lumière de transporter les informations : lapparition de processeurs optiques ajoute un chapitre à linformatique. Des comparaisons se rattachant aux filtrages et à lholographie permettent lidentification didéogrammes chinois ou dempreintes digitales ; des enregistrements minuscules constituent, pour les ordinateurs, des mémoires optiques à grande capacité.
Loptique est lune des activités où la coopération entre physiciens et industriels (constructeurs ou usagers) a toujours été très étroite.
Au début de ce siècle, beaucoup lont considérée comme une science achevée, dont les raisonnements et les réalisations nétaient guère perfectibles.
Or, ses théories ont été transformées, ses instruments améliorés et ses applications (nous nen avons cité quune partie) multipliées. Son rôle dans la découverte des quanta et de la relativité, lapparition des lasers et de lholographie ont attiré lattention sur cette évolution.
Actuellement se développe une optique non linéaire dont lun des aspects est la grande concentration de puissance dans un petit volume, réalisée à laide dun laser (jusquà cent millions de watts dans moins dun centième de millimètre cube, pendant un milliardième de seconde) ; elle crée un champ électromagnétique comparable aux champs intra-atomiques. La matière peut ainsi être ionisée, ou encore répondre à lexcitation non plus suivant la loi habituelle de proportionnalité, qui se traduit notamment par les phénomènes de réfraction, mais suivant une loi plus complexe, doù résulte la transformation de la radiation incidente en une autre de fréquence double, par exemple.
Des problèmes essentiels restent à résoudre, concernant, entre autres, le mécanisme des échanges dénergie entre lumière et matière et le caractère probabiliste des phénomènes de propagation ; bien des nouveautés techniques doivent encore être attendues.