MANGEZ DES LIVRES


"La chair est triste, hélas, et j'ai lu tous les livres", se lamente Valéry, conscient plus qu'un autre de l'indigence d'une culture sans livres, et sans livres nouveaux. C'est pourquoi le Service Culturel de l'Ambassade de France s'est engagé dans une politique de soutien de l'édition marocaine, politique concrétisée par l'aide à la publication, la représentation du livre marocain au Salon du livre à Paris, et l'organisation du Prix Atlas, qui récompense chaque année des auteurs, éditeurs et traducteurs en langues française.

Aider la publication est l'une des priorité du Bureau du livre, afin de permettre la parution de livres français à des prix accessibles, ou la traduction en arabe de textes français de références.
Ces aides encouragent donc non seulement la création marocaine en langue française, en permettant une baisse de plus de 20% du prix de vente et en encourageant la prise de risque éditorial, mais aussi la réédition d'ouvrages français au Maroc ; dans ce cas de figure, la prise en charge des droits et l'aide à la publication autorisent une baisse de 70% du prix de vente.

Depuis 1994, le dixième de la production marocaine en langue française bénéficie chaque année d'une aide que les éditeurs marocains partenaires au programme estiment essentielle, notamment parce qu'elle permet une progression vertueuse de l'importance des tirages et du nombre de lecteurs potentiels.

La 16ème édition du Salon du livre qui s'est déroulée du 22 au 27 mars 1996 à Paris a été l'occasion d'une véritable représentation de la littérature marocaine. Le Service culturel a mis un stand de 45m2 à la disposition de huit éditeurs marocains (1) , grâce à la collaboration du Ministère des Affaires Culturelles marocain qui a pris en charge le transport des ouvrages. Outre un système vidéo permettant la diffusion en permanence d'entretiens télévisés avec des auteurs marocains francophones, ce stand a été animé grâce à la présence de deux libraires, lauréats du concours de vitrines 1995 soutenu par le Bureau du Livre, ainsi que par la présence des auteurs invités à l'occasion de deux journées de signatures organisées par l'Association Marocaine des Professionnels du Livre.

Le prix Grand Atlas, quant à lui, permet d'exposer la politique menée par le Service Culturel de l'Ambassade de France en faveur de la diffusion du livre en français. Renouvelé chaque année, son jury est composé à parts égales de marocains et de franco- maghrébins. Cette année, Jean Daniel dont on sait l'attachement pour le Maroc, a accepté de présider le jury.
Les ouvrages sont divisés en trois catégories (la fiction, les essais et les beaux livres) dont chacune est primée selon un cycle triennal. Le prix Grand Atlas 1996 est consacré aux essais et études en sciences humaines et sociales, et récompense un ouvrage marocain de création en langue française (prix remis à l'auteur), une coédition franco- marocaine (prix remis à l'éditeur marocain et à l'auteur), et une traduction (prix remis à l'éditeur et au traducteur). Chacun de ces prix est doté de trente mille Dirhams.
La date de délibération du jury a été fixée au 8 juin 1996.

H. V.

1 Eddif, pour le jeu de l'oubli de M. Berrada, la querelle des images d'A. Kilito, le livre des prénoms de G. El Khayat, l'amour circoncis d'A. Serhane ; Le Fennec, pour la psychanalyse au pays des Saints de J. Bennani, et des pruneaux dans le tajine de J.P. Koffel ; Belvisi, Laporte, pour Lyautey-paroles d'action de J. L. Miège ; Arrabeta ; la revue Prologues, Afrique Orient, et le Centre d'Etudes Arabes qui relève des services de l'Ambassade de France.


Zellige n°1, Mai 1996
© Service Culturel, Scientifique et de Coopération de l'Ambassade de France au Maroc