La musique arabo-andalouse constitue ce qu'on peut aujourd'hui
légitimement appeler la musique classique du Maghreb. L'aspect
le plus connu de son répertoire est celui des " Noubas
", longues suites de pièces tour à tour instrumentales
et chantées. Il existe également le répertoire
des " zaouïas ", les lieux de réunion des
soufis. Ces chants se rangent globalement en deux catégories
: les chants rythmés, et les déclamations de poèmes
non rythmées mais chantées.
Ainsi, tout un répertoire très ancien subsiste dans
des zaouïas, fréquentées parfois par quelques
dizaines de personnes, qui tiennent ces chants directement de
leurs maîtres, de leur père, de leur mère,
ou de quelque vieux derviche qu'ils aiment fréquenter.
C'est ici le cas des membres tangérois de l'Ensemble Ibn
Arabi, qui fréquentent la Zaouïa " Siddikia ",
rattachée à l'ordre Darqawi. Ils nous donnent à
goûter les mélodies à la fois douces et naturelles
qu'on y chante depuis des siècles.
Les pièces correspondant aux deux grandes formes évoquées
ci-dessus, tour à tour rythmées puis déclamées,
et les poèmes se répondant l'un l'autre, en évoquant
principalement les différentes facettes de l'amour divin.
Les auteurs de ces poèmes comptent parmi les grandes figures
du soufisme, Ibn Arabi bien sûr, mais aussi Rabea el Adawia,
Ibn al Fariah, Al Shushtari, Al Harrak.
Ahmed El Kheligh, fondateur et directeur musical de l'Ensemble,
est également connu au Maroc comme journaliste de la radio
Médi 1, où il réalise depuis quatre années
une émission très suivie dans tout le monde arabe
sur le Sama soufi à travers le monde musulman.