DALF

Diplôme

Approfondi

de Langue

Française

AMBASSADE DE FRANCE AU MAROC

SERVICE DE COOPÉRATION

ET D’ACTION CULTURELLE

BUREAU DES EXAMENS

B2

UNITÉ DE CONTRÔLE B2 - COMPRÉHENSION ORALE

ORAL COLLECTIF

CORRIGE ORAL

1) c)

2) a)

3) b)

4) b), e), f), h)

5) a), c)

6) d)

7) a), d), e)

8) b)

9) c)

10)le cancer

le dérèglement hormonal

11) a) leur fixation dans les graisses animales

b) la fabrication de farines à partir de carcasses contaminées

c) l’utilisation de ces farines pour nourrir des animaux destinés à la consommation humaine

12)l’utilisation de farines animales pour l’alimentation d’herbivores

13) V - F - ? - V - F - F- V - ?

Transcription du document sonore

Fréquence Terre - Véronique Guémard aujourd'hui dans Fréquence Terre

Des dioxines dans nos assiettes - Des produits toxiques et cancérigènes

– Après le veau aux hormones, la crise de la vache folle, les organismes génétiquement modifiés, c'est le tour des dioxines, des substances cancérigènes que nous retrouvons dans notre nourriture. Surtout dans les pays industrialisés où cohabitent usines métallurgiques, incinérateurs et les pâturages où vont brouter les vaches. Même si elles existent naturellement dans notre environnement, les hommes ont su produire davantage de dioxines que nous pouvons en absorber . Mais attention, les dioxines adorent voyager. Poussées par les vents, on peut les retrouver à des milliers de kilomètres du lieu où elles sont émises. Mais que sont les dioxines exactement ? Les explications d'André PICOT, directeur de l 'unité de prévention du risque chimique du CNRS, le centre français de recherches scientifiques.

– Les dioxines sont des polluants organiques, c'est-à-dire des molécules constituées de carbone, d'hydrogène et, dans le cas des dioxines, il y a en plus de l'oxygène et du chlore ; obligatoirement les dioxines contiennent un halogène et, en général, c'est du chlore. Ce sont des contaminants qui se sont formés de tous temps. C'est-à-dire qu'à chaque fois qu'il y a un feu de forêt, les volcans, dans les sédiments marins, il se forme en permanence de très très petites quantités de dioxines. Ces dioxines ont été, par exemple, détectées il y a deux mille ans dans des sédiments chimiques, ce qui est absolument considérable du point de vue temps. Mais depuis l'ère industrielle, l'homme, grâce à la métallurgie, par les incinérateurs, les papeteries a augmenté considérablement le taux de ces dioxines qui ont commencé à polluer dangereusement nos écosystèmes.

– Depuis quand commence-t-on à prendre la mesure du danger des dioxines ? Pierre-Emmanuel NEUROP du Centre français indépendant sur les déchets présente un historique des faits.

– […] On ne s'est rendu compte qu'au début des années 80 que les incinérateurs de déchets émettaient des dioxines et il s'est développé à partir de là une bataille parce que les enjeux financiers sont gigantesques particulièrement en ce qui concerne l'incinération des déchets, entre d'un côte écologistes, de l'autre côté incinérateurs de déchets . Ce qui a conduit à la fin des années 80, le ministère fédéral de l'environnement aux États-Unis à faire les premières estimations de la toxicité réelle des dioxines. Et c'est la fameuse évaluation de 94 faite par le ministère de l'environnement américain qui conclut une bonne fois pour toutes que, effectivement, la dioxine est hautement cancérogène. Mais que, en plus de cela, elle a une caractéristique qui ouvre un champ complètement nouveau en matière de toxicologie, en matière de danger pour la santé humaine et pour la santé publique, qui est ce qu'on appelle le dérèglement hormonal […].

– On peut désormais comprendre pourquoi la crise des dioxines qui a éclaté en juin dernier en Belgique a provoqué un tel scandale particulièrement en Europe. Les dioxines se fixent dans les graisses ; les farines animales ont été contaminées. Ces farines ont nourri des poules et des poulets qui ont produit des œufs, de la volaille, et des vaches qui ont produit de la viande et du lait, sans oublier des cochons. Les analyses auraient révélé des taux de dioxines dans les cuisses de poulet de 700 à 1 500 fois au-dessus des normes maximales françaises […]. Dans l'affaire de la vache folle, on avait dénoncé l'utilisation de carcasses d'animaux malades dans la fabrication de farines animales. Aujourd'hui pour les dioxines, on dénonce encore l'utilisation de farines animales dans l'alimentation pour le bétail. Même si les carcasses d'animaux sont utilisées depuis le début du siècle sous forme de farine pour apporter des protéines supplémentaires au bétail une question éthique se pose : doit-on continuer à nourrir des animaux herbivores comme s'ils étaient carnivores ? Et, d'autre part, l'agriculteur, n'a t-il pas la responsabilité vis à vis du consommateur de lui garantir un produit de qualité ? Arnaud Jouve a posé ces questions à Patrick Vieljeu, président de la Confédération paysanne en France.

– Les éleveurs victimes de cette dioxine sont dans une production totalement industrielle où ils sont complètement dépossédés de leur autonomie sur l'élevage. Ils sont ce qu'on appelle éleveurs généralement intégrés, c'est-à-dire qu'ils fournissent la main d'œuvre, ils fournissent le bâtiment, le travail, et puis la firme en amont leur fournit la volaille, ou les porcs ou… et leur fournit l'aliment qui va avec et les traitements qui vont avec. Ils sont totalement dépossédés de leur liberté de choix. On leur impose un aliment dont ils ne connaissent pas totalement la composition. […] Et on rentre dans un processus pour les firmes industrielles de recherche des meilleurs profits, donc à travers ça, ils recherchent sur le marché les meilleures protéines animales au meilleur coût, je veux dire pas les meilleures mais les protéines qu'ils trouvent au meilleur coût les matières grasses trouvées au meilleur coût . Et ce processus totalement libéral, totalement intensif, nous amène à des scandales tels que la vache folle. C'est un peu le même cas de figure […]

D'après RTM chaîne Inter, Jeudi 23 Septembre 1999