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EXAMEN DE CONTROLE |
AMBASSADE DE FRANCE AU MAROC SERVICE DE COOPÉRATION ET D’ACTION CULTURELLE BUREAU DES EXAMENS |
EXPRESSION SPECIALISEE – EPREUVE ORALE
Vous disposez d’une heure pour préparer cette épreuve. Au bout de ce délai :
1) Vous ferez un compte rendu oral du texte qui vous est proposé (durée : 12 à 15 minutes) ; vous préciserez notamment :
• l’origine et la nature du texte ;
• les informations qu’il contient ;
• le point de vue de l’auteur ;
• votre propre point de vue sur le sujet.
2) Des questions complémentaires vous seront posées et vous vous entretiendrez avec le jury pendant une vingtaine de minutes.
Spécialité : Sciences humaines et sociales
"Le secteur des employés de maison, personne ne s'en préoccupe vraiment, vous savez. Les employeurs savent qu'ils disposent d'une main-d'oeuvre qui ne connaît rien à ses droits. Ils en profitent au maximum." Dans son petit bureau parisien, Jeannine Basile, secrétaire du Syndicat des employés de maison C.G.T., reçoit ceux (ou plutôt celles) qui "osent" se plaindre des abus. Elle dispose de moyens ridicules et reste le plus souvent impuissante, tant le rapport de forces, dans ces métiers, est déséquilibré au profit de l'employeur.
Travailler chez les autres est dans bien des cas le lot de celles qui ne trouvent pas de place ailleurs. Cette forme de travail collectionne les caractéristiques de l'emploi bas de gamme. Les salaires sont faibles, rarement supérieurs au Smic horaire. Une partie des heures peut même être rémunérée moins que le minimum légal : la convention collective distingue en effet les heures de travail effectives et celles de "présence responsable", qui correspondent à la garde d'enfants ou de personnes âgées (1). Ces heures, qui peuvent n'être rémunérées qu'aux deux tiers du Smic, représentent parfois jusqu'aux trois quarts du temps travaillé ! "Les employeurs utilisent au maximum cette distinction, ce qui permet d'augmenter la durée du travail. Certaines gardes d'enfants sont là dix heures par jour, payées huit, par exemple", note Robert Chabin, chargé de mission à la CFDT.
Travail morcelé, salariés isolés
Les horaires effectués sont souvent morcelés : un quart des salariés sont employés moins de deux heures et demie par semaine et la moyenne s'établit à neuf heures. Au total, moins de 5% des employés de maison travaillent à temps plein. Ce fractionnement impose de multiplier le nombre d'employeurs pour arriver à une rémunération qui ne soit pas très marginale, d'où un véritable casse-tête en cas de maladie ou pour prendre ses congés.
Pourtant, les faibles salaires et le morcellement des horaires ne sont pas ce qui distingue le plus les emplois domestiques des autres postes occupés majoritairement par les femmes. Laver, repasser ou garder des enfants n'est ni plus ni moins dur ou mal payé que le métier de caissière ou de vendeuse. La vraie différence, c'est de travailler au domicile de son employeur. Le travail domestique ne joue pas le rôle traditionnel de socialisation de l'emploi salarié. Les femmes ainsi occupées, sans contact avec un collectif de travail, ne bénéficient pas du réseau de relations et de ses soutiens. Le rapport de pouvoir qui se crée entre patron et salarié n'entre plus dans le cadre institutionnel de l'entreprise, mais dans un cadre privé. Un jeu où la position sociale de l'employeur donne des atouts considérables - maîtrise de soi, capacité d'argumentation, etc. - (2), mais où, en même temps, celui-ci doit disposer d'une entière confiance dans l'employé compte tenu des tâches réalisées. Les principales qualités requises pour le salarié sont la discrétion, l'obéissance et, au fond, une absence de contestation de sa condition. Pas étonnant, du coup, que ce soient principalement les femmes peu qualifiées des dernières vagues d'immigration qui occupent principalement ces postes. Le recours à des immigrées sans papier, quasiment réduites en esclavage, comme l'ont récemment illustré plusieurs affaires judiciaires, en constitue le cas limite.
Paternalisme et arbitraire
cette soumission a des conséquences très concrètes. La convention collective des employés de maison est récente : elle n'existe au niveau national que depuis 1980 et ne procure que de maigres droits aux salariés. La négociation du salaire se fait à l'amiable, en réalité selon l'offre et la demande sur le marché local. D'où des écarts sensibles entre les beaux quartiers parisiens et les petites villes.
Mais au-delà du prix, la spécificité "privée" de la relation salariale, la polyvalence requise et le caractère relatif de la notion de qualité en matière de ménage rendent possibles tous les dérapages en termes d'exigences de l'employeur. D'autant que personne ne contrôle les conditions de travail puisque l'inspection du travail ne peut mettre les pieds au domicile de particuliers. Si de nombreux employeurs font preuve d'un paternalisme bienveillant et respectent les normes sociales, certains exploitent au maximum leurs salariés, licenciant sans hésiter ceux qui ne se plient pas à leurs volontés. "L'employeur peut prétexter n'importe quoi, c'est sa parole contre celle de l'employé de maison. J'ai vu une femme de ménage se faire licencier parce qu'elle avait trop bien nettoyé un élément de cuisine, une autre parce qu'elle avait perdu une montre en plastique !" s'insurge Jeannine Basile. "J'ai eu le cas d'une employée qui travaillait depuis neuf ans chez le même employeur et qui a été renvoyée après un arrêt maladie, sans raison. L'employeur se sentait libre de toute contrainte du droit du travail", note de son côté Michèle Lebescond, de la CFDT, qui a été quarante ans au service d'employeurs particuliers.
(1) Parce que l'employé est censé pouvoir faire autre chose en même temps...
(2) Fort bien décrits dans Les aides à domicile, éd. Syros (voir "Pour en savoir plus", page 37).
Alternatives économiques, N°172, juillet-août 1999.
Spécialité : Mathématiques et Sciences de la matière
Objectif modeste pour l'union européenne :
12% d'énergies renouvelables d'ici à 2010
Depuis des siècles, nous utilisons le feu de bois, le moulin à eau ou à vent. Mais il a fallu les chocs pétroliers de 1973 et 1979 pour que l'on commence à parler des énergies renouvelables comme alternative. Après avoir timidement décollé au début des années 80, elles ont connu le creux de la vague suite à la baisse du cours du pétrole en 1986. Cependant, on assiste depuis peu à un renversement de tendance, lié à la lutte contre l'effet de serre et au développement de technologies plus performantes.
Pour la première fois, les énergies solaire et éolienne connaissent une croissance importante. Selon l'Observatoire des énergies renouvelables, la "production d'électricité éolienne a augmenté de 22,3% par an entre 1991 et 1995, et celle d'électricité solaire de 8%". Ces énergies se développent surtout dans les pays riches qui investissent dans les nouvelles technologies, alors que les besoins sont énormes dans les pays émergents, peu électrifiés. Malgré ce dynamisme, ces deux énergies n'assurent qu'à peine un millième de l'électricité mondiale.
Les Hollandais payent plus cher l'électricité "verte"
Mais, selon certains spécialistes, l'énergie éolienne pourrait en fournir 10% dans 20 ans. Dans l'union européenne, une directive propose d'atteindre 12% d'énergies renouvelables en 2010. L'Allemagne et le Danemark soutiennent la production d'électricité éolienne par des subventions. Aux Pays-Bas, on pratique la tarification verte : les consommateurs acceptent de payer leur électricité un peu plus cher, si elle est produite dans des conditions respectueuses de l'environnement.
Dans notre pays, on reste en revanche très prudent. Certes, grâce à l'hydroélectricité et au bois, les énergies renouvelables représentent 13% de la consommation énergétique nationale. Mais, dans une nation où le nucléaire représente plus de 75% de la production d'électricité, les panneaux solaires et les éoliennes apparaissent comme marginaux.
EDF produit plus d'électricité que ne l'exige nos besoins
D'autant que ces technologies sont encore coûteuses et que le consommateur est habitué à payer son énergie à prix. En effet, EDF produit plus d'électricité que ne l'exigent nos besoins, et le cours du pétrole a chuté. De plus, le prix du nucléaire, du gaz ou du fioul ne tient guère compte des coûts "externes" liés à leur impact sur l'environnement. Malgré tout, le budget de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie Ademe) est passé, en 1999, de 150 à 600 millions de francs, dont 310 aux énergies renouvelables. Un effort qui est loin d'être à la hauteur de l'enjeu.
Carine Mayo, ça m'intéresse, N° 218, avril 1999.
Spécialité : Sciences de la vie
Aux Etats-Unis, une nouvelle méthode permet aux parents de choisir le sexe de leur enfant avant conception. Un pas en avant qui divise les spécialistes.
Est-il souhaitable de pouvoir choisir le sexe des enfants ?
POUR
Pr. Claude Sureau, gynécologue - obstétricien, Président de l'Institut Theramex de bioéthique, santé de la femme et société." Je préfère ce choix plutôt que le recours à la sélection postconceptionnelle par l'avortement ou l'infanticide des filles."Je suis pour l'intervention de la volonté humaine dans le processus de procréation en général, que ce soit pour le choix préconceptionnel du sexe ou pour éviter la transmission d'une maladie génétique. Sous réserve, bien sûr, de l'innocuité de la méthode. En effet, il me paraît cohérent, soit d'accepter l'intervention humaine dans toutes les circonstances liées à cette sélection, soit de la refuser. Au nom de quels arguments exclure le "family balancing", cette possibilité de rechercher l'équilibre de la famille par une répartition harmonieuse des sexes ?
certains craignent que cette liberté conduise à des excès et que des couples en viennent à vouloir choisir la couleur des yeux de leur enfant comme un produit de supermarché. Cela n'a rien à voir ! La couleur des yeux dépend d'une multitude de gènes. Pour la prédéterminer, ce qui est pour le moment impossible, il faudrait effectuer des manipulations génétiques. Le choix préconceptionnel du sexe implique seulement une sélection de gamètes, comme ce fut le cas avec des méthodes fondées sur l'alimentation ou les dates des rapports, qui ne soulevèrent aucune opposition. Et quand bien même la science et la loi française permettraient un jour de choisir le sexe de son enfant, je ne crains pas l'extension de ces processus. En effet, tous supposent une assistance médicale et donc une intervention de la technique qui rendent la procréation plus compliquée et moins agréable qu'un rapport sexuel !
Enfin, l'idée que ces techniques conduisent à des déséquilibres démographiques est une vue de l'esprit : étant donné les contraintes, je n'imagine pas qu'elles se réalisent un jour à très large échelle. Surtout, je préfère ce choix préconceptionnel au recours à la sélection postconceptionnelle par l'avortement , comme c'est le cas en Inde, ou à l'infanticide des filles observé en Chine. En Belgique, malgré l'absence de ces lois que l'on qualifie indûment de bioéthique, il ne semble pas y avoir d'anomalies comportementales concernant la procréation médicalement assistée (PMA). Et s'il reste essentiel de réguler certains aspects techniques de la PMA, il l'est aussi de laisser les parents décider de la constitution et, s'ils le jugent utile, de la structure de leur famille.
CONTRE
Bernard Jegou, directeur de recherche à l'Inserm et du Groupe d'Etude de la reproduction chez le mâle, unité Inserm U 435, à l'Université de Rennes I. " L'enfant n'est pas un produit de consommation. Et rien ne garantit l'innocuité de cette technique."Je suis contre l'idée que les parents puissent choisir le sexe de leur enfant pour simple convenance. Fondées sur un choix de société qui privilégie l'intérêt de l'enfant à naître et préserve le principe de dignité humaine, les lois de bioéthique du 29 juillet 1994 ont limité les indications de l'assistance médicale à la procréation : seuls peuvent en bénéficier les couples souffrant d'une "infertilité dont le caractère pathologique a été médicalement diagnostiqué". Ainsi, en France, aucun couple ne peut recourir aux techniques de sexage des spermatozoïdes désormais accessibles dans une clinique américaine. Or, ces méthodes posent plusieurs problèmes éthiques.
Premièrement, j'estime choquant qu'un enfant puisse être choisi à la carte. L'enfant est ce qu'il est, ce n'est pas un produit de consommation. Deuxièmement, les enfants des patients qui se font inséminer par du sperme trié peuvent courir des risques du fait même de la technique. Je ne suis pas sûr que les études faîtes sur l'animal aient été suffisamment ciblées pour garantir son innocuité. Ni que l'on puisse affirmer que la double manipulation des spermatozoïdes et l'utilisation de marqueurs fluorescents, connus pour induire des mutations d'ADN, n'auront aucune conséquence, ni sur le bébé à naître, ni sur sa descendance. Il me semble que l'on satisfait là un marché au détriment de la sécurité sanitaire. Or, à partir du moment où il s'agit de fabriquer des êtres humains, on doit être encore plus vigilant, puisque la responsabilité du thérapeute est à la fois engagée dans la satisfaction de ses patients et dans le devenir des résultats de ses manipulations.
Si l'on poussait vraiment l'expérimentation animale et que l'on mette en place des protocoles précis assurant un véritable suivi des enfants, les techniques de sexage pourraient être envisagées pour éviter la transmission de maladies génétiques essentiellement entraînées par des mutations du chromosome X, afin que l'enfant à naître n'ait pas à subir un handicap grave. Sachant que seule la moitié des enfants en sont porteurs, reste à savoir si cette technique présente un véritable avantage par rapport aux méthodes actuelles de diagnostic des anomalies génétiques (prénatal et pré-implantatoire).
ça m'intéresse, N°215, janvier 1999