SOUS LE PROTECTORAT
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L'enseignement organisé par les Français au Maroc demeure assez élitiste et ne recrute souvent que des enfants issus des classes dirigeantes, dont les parents sont associés à l'action du Protectorat : c'est le cas des "Ecoles de fils de notables", qui devaient en principe délivrer un apprentissage fondé sur les deux langues, arabe et français, mais où l'arabe n'apparaîtra en fin de compte qu'à la fin de la deuxième guerre mondiale. Ces écoles, qui ne comptent que 1.468 élèves en 1913, en accueillent 21.400 à la veille de la seconde guerre mondiale, pour atteindre 314.800 en 1955.
Par ailleurs, les lycées français, qui accueillaient exclusivement des élèves européens, ouvrent leurs portes, à partir de 1944, à des élèves marocains (12% des effectifs en 1951).
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LE
SYSTÈME ÉDUCATIF FRANÇAIS SOUS LE PROTECTORAT
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Dans la médina (
1907) : Les origines de ce système se trouvent dans l'ancienne médina où, à la fin du siècle dernier, quelques écoles (par exemple l'école catholique de la Mission Espagnole et celle de l'Alliance Israélite) dispensaient déjà un enseignement en français. C'est en 1907, rue de la Croix-Rouge, au cœur de cette médina, qu'une institutrice, Madame Peterman, inaugure la première école française. Cette ouverture sera suivie en 1909 par celle de l'Ecole Française de Garçons située rue de Tanger, toujours dans le quartier de la médina et proche de la mer. Cette école qui accueille la première année 14 élèves est confiée à un détaché du cadre de l'Algérie, Monsieur Blache ; elle est considérée comme la première école officielle française de Casablanca puisque sa création a été décidée par le Ministère des Affaires Etrangères. D'autres suivront et connaîtront très vite un grand succès. Réunies en 1911, elles accueillent, déjà à cette date, 231 élèves.
Le Lycée en planches (1913) : En attendant, pour faire face à l'augmentation rapide des effectifs, le Général Lyautey décide en 1913 le transfert des 446 élèves de l'Ecole Officielle Française dans les baraquements de bois du Camp Vilgrain situés avenue du Général d'Amade, à l'emplacement actuel de la Banque d'Etat du Maroc, juste en face de l'Hôtel des Postes. L'établissement s'appellera désormais, officiellement, "Lycée de Casablanca" mais il restera dans les mémoires sous le nom de "Lycée en planches".
Petit Lycée(1929)
et grand Lycée (1921): Le Grand Lycée, magnifique établissement composé de 10 pavillons, doté d'un internat et d'un stade, que Lyautey a fait construire avenue Mers-Sultan, près du parc Murdoch reçoit en 1921 sa première promotion : 153 élèves des classes secondaires.
Au départ du Maréchal Lyautey pour la France en 1925, le Lycée de Casablanca prendra le nom de "Lycée Lyautey", nom qu'il porte toujours aujourd'hui. Nos deux établissements verront leurs effectifs croître régulièrement passant, entre 1919 et 1932, de 248 à 700 élèves au Petit Lycée et de 198 à 600 élèves au Grand Lycée. En 1933, est créée la première classe préparatoire
aux grandes écoles. Il s'agit d'une classe de Mathématiques
Supérieures qui sera suivie, en 1934, d'une classe de Mathématiques
Spéciales : cette dernière ouvrira avec seulement 6
élèves.
De la seconde guerre
mondiale à l'indépendance: Mais la Seconde Guerre Mondiale va interrompre cet harmonieux développement,
la mobilisation de nombreux enseignants nécessitant, à
nouveau, le recours à des professeurs retraités. Le
tribut versé par nos anciens fut lourd : 95 élèves
et 8 professeurs firent en effet don de leur vie entre 1939 et 1945.
Leurs noms sont gravés dans le marbre du monument aux morts
situé à l'entrée du lycée actuel et que
domine le médaillon en bronze à l'effigie de Pierre
Simonet, professeur agrégé de lettres, mort
à Dachau. Le nouveau proviseur, Monsieur Caillaud (1945-1954) redressa la barre. Sous sa direction, de nombreux travaux furent exécutés, le lycée prenant son aspect définitif. Les classes préparatoires connurent un développement
spectaculaire : en 1953, le Lycée Lyautey comptait, en effet,
six sections post-bac et les résultats obtenus aux différents
concours plaçaient par ailleurs celles-ci au niveau des bons
établissements de la Métropole. Le proviseur du lycée est alors Monsieur Pouget (1954-1957). Il deviendra, après l'Indépendance, Conseiller Culturel à Rabat et Directeur de ce qu'on appelait déjà la Mission Universitaire Culturelle Française.
Le Lycée actuel(1959): Dès juillet 1959, débutent les travaux de construction du nouveau lycée qui sera situé boulevard Ziraoui, dans le quartier Bourgogne, sur un vaste domaine de plus de cinq hectares, à l'emplacement de l'ancien camp militaire Turpin. Le nouveau Lycée Lyautey est inauguré en novembre 1963.
C'est l'époque des premiers délégués-élèves aux conseils de classe, de la création de la coopérative scolaire, de l'ouverture du foyer Claire Granier et des dernières distributions de prix.. Un accroissement des demandes des familles entraîne la multiplication des Lycées Lyautey à Casablanca. Aussi, devient-il utile de les numéroter : notre établissement, boulevard Ziraoui devient Lyautey I , mais on parle aussi de Lyautey II pour dénommer le collège Alain Fournier, place de Reims, de Lyautey III pour désigner le collège Anatole France, et de Lyautey IV à Aïn-Sebaâ qui accueillera l'Ecole Française des Affaires en 1988.
Comme on peut ainsi le constater, notre présent a de profondes
racines et les actions que nous conduisons aujourd'hui s'inscrivent
dans le prolongement de celles dirigées hier par nos prédécesseurs
car un même esprit nous anime : l'amour de la France et un attachement
affectueux et respectueux au Maroc, au service de la formation et
de l'éducation des jeunes qui nous sont confiés. P.J Bravo - Proviseur au Lycée Lyautey
de 1989 à 1995
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