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Entretien avec la presse - France Maroc

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Visite de l'Ambassadeur de France
dans les provinces du nord du Maroc

ENTRETIEN AVEC LE QUOTIDIEN
"LE MATIN DU SAHARA"

( 12 mars 1998 )



LE MATIN DU SAHARA : Voulez vous nous donner quelques indications sur le programme et les objectifs de votre visite dans les provinces du Nord ?

M. L'AMBASSADEUR :
Mon déplacement de 48 heures a deux objectifs : faire le point de ce que la France a fait depuis 2 ans dans le Nord et visiter les sites des projets que nous entendons développer dans les années à venir.

C'est pourquoi le programme prévoit notamment la visite des sites de la centrale électrique de Tahadart, du futur port atlantique et la zone industrielle de Tanger.

Mais le point fort de ces deux journées sera la réunion organisée par le Wali de Tanger avec les responsables du développement ainsi qu'avec les opérateurs économiques. Nous examinerons sans complaisance les points forts et les points faibles de notre coopération.

Nous irons aussi -car je serai accompagné par des représentants d'entreprises françaises- dans la région de Tétouan ainsi qu'à Taghazout où nous entreprenons la prise en valeur d'un périmètre irrigué pour des productions agricoles de substitution à la culture du Kif.

Enfin, je visiterai deux entreprises industrielles.

LE MATIN DU SAHARA : Le développement économique et social de cette région est au centre le la politique marocaine de votre pays. Etes-vous, cependant, satisfait de cette coopération? Si oui, pouvez-vous l'étayer ?

M. L'AMBASSADEUR :
Le développement du Nord est une de nos priorités et cela a été décidé au plus haut niveau lors du voyage de M. Jacques CHIRAC au Maroc en juillet 1995.

Depuis, les deux gouvernements français successifs ont mis en oeuvre l'ensemble des moyens dont nous disposons : aide directe, prêts, conversion de dettes, action éducative et culturelle et de plus en plus aussi l'engagement des entreprises françaises. Je pense, par exemple, à EDF qui demeure près de Tétouan la plus grande centrale éolienne du continent et va être opérateur, avec les Espagnols, d'une très importante centrale à gaz. Je pense aussi aux ciments Lafarge qui vont construire une grande cimenterie dans la région.

Faut-il montrer notre satisfaction? Je dirai que le montant de l'aide française est loin d'être négligeable puisqu'en moins de 3 ans nous avons financé pour plus de 3 Milliards de Dirhams de projets dans le nord.

Mais c'est peut-être qualitativement que notre action peut être la mieux appréciée. Aux côtés de grands projets mobilisateurs, significatifs que j'ai évoqués ou que nous avons en projet (la rocade méditerranéenne) nous agissons pour améliorer la vie quotidienne des habitants . C'est ainsi que nous finançons les adductions d'eau dans les villages, l'électrification rurale et aussi le désenclavement (routes ou pistes rurales).

Si la vie est plus douce dans le nord et si les équipements nécessaires sont en place il y aura forcément un élan nouveau dans la population. Le développement c'est aussi une question de moral.

LE MATIN DU SAHARA : La promotion de la région Nord fait l'objet , à la fois, d'une approche bilatérale et communautaire. Dans quelle mesure l'apport français complète-t-il celui de l'UE, sans être occulté ou minoré par celui-ci ?

M. L'AMBASSADEUR :
S'il n'y a ni occultation, ni minoration, il y a au contraire conjonction et addition des efforts !

La France est, avec l'Espagne, un précurseur parmi les pays européens dans le soutien qu'elle a apporté aux provinces du Nord. Mais M. Delors lorsqu'il présidait la Commission de Bruxelles a lui aussi montré le chemin. Il a su concevoir une action d'ensemble et c'est ainsi que la France et ses partenaires ont pris conscience des enjeux économiques et sociaux dans ces provinces . L'action de l'Union Européenne, commencée sous sa présidence, peut être aujourd'hui estimée à 1 milliard de dirhams. Elle est largement complémentaire de celle menée par les pays membres dont la France. Il est donc normal que l'Europe soutienne, tout comme la Caisse Française de Développement, des projets en matière d'infrastructure de base (eau, électricité, route) et de développement rural.

Une synergie forte existe donc entre les interventions françaises et communautaires qui ont pour objectif de favoriser le développement global de cette région. Il est cependant à noter que l'action de coopération de la France couvre un champ plus large et concerne, par exemple, les secteurs éducatifs, universitaires et l'action culturelle.

Les programmes MEDA, dont une large enveloppe devrait être affectée aux provinces du nord du Maroc, devraient permettre de renforcer encore l'intervention européenne notamment sur des grands projets d'infrastructures. La France s'efforce, d'ailleurs, de faciliter le déblocage rapide de ces fonds européens et permettre la mise à niveau économique de cette région.

Ce que je voudrais dire c'est que la meilleure coordination possible est celle qui s'effectuera au sein du Conseil d'Orientation de l'Agence de Développement des Provinces du Nord. Cette Agence, toute fraîchement éclose, a pris un bon départ et nous souhaitons que s'organise autour d'elle la répartition du travail dans le nord. Cela se fera sans esprit de compétition entre partenaires européens car la tâche est grande et l'objectif exaltant.

Ce que nous souhaitons, c'est que la façade méditerranéenne du Maroc soit à la hauteur des ambitions de la politique méditerranéenne du Royaume.

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- Dossier : L'ACTION DE LA FRANCE DANS LES PROVINCES DU NORD

 

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