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M. Dominique de Villepin Ministre français des Affaires étrangères

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<<DECLARATION A LA PRESSE DU MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES,
M. DOMINIQUE DE VILLEPIN, A SON ARRIVEE A L'AEROPORT>>

Rabat, 30 octobre 2002
MAE - BULLETIN D'ACTUALITES DU 04 NOVEMBRE 2002 (212/02)


Q - Monsieur le Ministre, quelle est l'importance de votre visite officielle au Maroc ?

R - C'est ma première visite officielle au Maroc, à Rabat, sur ma terre natale et dans ma ville natale. Donc vous imaginez que c'est évidemment pour moi une visite qui a un sens particulier et qui est chargée de beaucoup d'émotions. C'est l'occasion, à la demande du président de la République, Jacques
Chirac, de venir transmettre le message d'affection, d'estime à Sa Majesté Mohammed VI. Vous savez les liens exceptionnels qui existent entre le président Chirac et Sa Majesté. Vous savez les liens exceptionnels qui existent entre la France et le Maroc. Et c'est donc pour approfondir, développer ce partenariat entre les deux pays que je viens ici aujourd'hui, au Maroc. C'est une chance aussi que de pouvoir rencontrer le Premier ministre désigné, M. Driss Jettou et de pouvoir, avec mon homologue et ami, Mohamed Benaïssa, faire le point sur une actualité régionale et sur une actualité inter
nationale - vous le savez - difficiles.

Q - Monsieur le Ministre, à propos de l'actualité internationale. Où en sont les discussions au Conseil de sécurité à propos de l'Iraq et quelle est la position de la France vis-à-vis du texte américain justement à propos de l'Iraq ?

R - Des progrès importants ont été faits au cours des dernières semaines et j'ai été en contact avec nos principaux partenaires. J'ai eu, au cours des dernières heures, à plusieurs reprises, les principaux représentants du Conseil de sécurité et je crois qu'aujourd'hui nous nous entendons les uns et les autres pour adopter une démarche en deux temps au Conseil de sécurité. Vous savez que c'est évidemment la position de la France, défendue par le président de la République. Les efforts se poursuivent sur deux points essentiels. Le premier concerne les conditions du recours à la force et vous connaissez la position française. Nous refusons toute automaticité de ce recours à la force. Nous pensons que la force ne peut être qu'un dernier recours. C'est pour cela que nous souhaitons une résolution dépourvue de toute ambiguïté et c'est sur ce point une position française très forte que nous exprimons. La deuxième grande question, c'est le régime d'inspection. Faire en sorte que le régime des inspections soit le plus clair, le plus réaliste possible, le plus pragmatique possible, de façon à pouvoir prévoir rapidement un retour des inspecteurs et l'élimination de toute arme de destruction massive en Iraq. Nous faisons confiance, à la fois au président de la CCVINU, M. Hans Blix, ainsi qu'au directeur de l'agence internationale de l'énergie atomique.

Q - Croyez-vous, Monsieur le Ministre, que le dernier mot sera donné
au Conseil de sécurité et que la France aurait un
grand problème à gagner sa position ?

R - C'est tout l'esprit de la démarche en deux temps. Parce que nous croyons qu'il est nécessaire de préserver l'unité du Conseil de sécurité. Nous croyons qu'il est essentiel d'assurer la légitimité de l'action internationale en faisant confiance au Conseil de sécurité et aux Nations unies. C'est là pour nous un point central parce que c'est tout l'esprit de solidarité et de responsabilité de la communauté internationale qui est en cause. Nous sommes convaincus que cette démarche en deux temps permet justement, à toutes les étapes, de donner la parole, de permettre au Conseil de sécurité de dire ce qu'il convient de faire et donc si l'Iraq ne respecte pas ses engagements, il appartiendra au Conseil de sécurité de se réunir et d'étudier l'ensemble des options possibles. Mais c'est important que le Conseil de sécurité puisse être effectivement saisi à chaque étape du processus.

Q - Il y a des voix arabes qui disent que la position de Washington était déjà prise et que la frappe serait maintenue qu'importe ce qu'aura décidé le Conseil de sécurité oe. ?

R - Je peux vous dire, - parce que je suis en contact permanent évidemment avec nos interlocuteurs et amis américains, et j'ai eu Colin Powell juste avant de décoller pour Rabat - , que les négociations se poursuivent dans un état d'esprit très constructif et très positif. Nous voulons aboutir. Nous voulons aboutir parce que nous pensons qu'il est important qu'un message clair, un message ferme puisse être adressé à Saddam Hussein pour permettre le retour des inspecteurs. Et je crois que chacun comprend bien aujourd'hui que si la communauté internationale veut être forte, si nous voulons que notre message soit bien compris, il est important que nous restions unis. C'est pour cela que nous attachons tant d'importance à maintenir la cohésion, le lien, le dialogue permanent avec l'ensemble de nos amis arabes, parce qu'il n'est pas question, bien évidemment, de décider de l'avenir de cette région sans, en permanence, les associer. Et c'est tout le sens de l'action menée au Conseil de sécurité. C'est tout le sens de la volonté française en liaison avec la communauté internationale. Il est essentiel que l'action qui est menée à chaque étape puisse être faite en liaison avec l'ensemble de nos amis arabes. Je vous remercie./.


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