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Q - Monsieur le Ministre, quelle est l'importance
de votre visite officielle au Maroc ?
R - C'est ma première visite officielle au
Maroc, à Rabat, sur ma terre natale et dans
ma ville natale. Donc vous imaginez que c'est évidemment
pour moi une visite qui a un sens particulier et qui
est chargée de beaucoup d'émotions.
C'est l'occasion, à la demande du président
de la République, Jacques
Chirac, de venir transmettre le message d'affection,
d'estime à Sa Majesté Mohammed VI. Vous
savez les liens exceptionnels qui existent entre le
président Chirac et Sa Majesté. Vous
savez les liens exceptionnels qui existent entre la
France et le Maroc. Et c'est donc pour approfondir,
développer ce partenariat entre les deux pays
que je viens ici aujourd'hui, au Maroc. C'est une
chance aussi que de pouvoir rencontrer le Premier
ministre désigné, M. Driss Jettou et
de pouvoir, avec mon homologue et ami, Mohamed Benaïssa,
faire le point sur une actualité régionale
et sur une actualité inter
nationale - vous le savez - difficiles.
Q - Monsieur le Ministre, à propos de l'actualité
internationale. Où en sont les discussions
au Conseil de sécurité à propos
de l'Iraq et quelle est la position de la France vis-à-vis
du texte américain justement à propos
de l'Iraq ?
R - Des progrès importants ont été
faits au cours des dernières semaines et j'ai
été en contact avec nos principaux partenaires.
J'ai eu, au cours des dernières heures, à
plusieurs reprises, les principaux représentants
du Conseil de sécurité et je crois qu'aujourd'hui
nous nous entendons les uns et les autres pour adopter
une démarche en deux temps au Conseil de sécurité.
Vous savez que c'est évidemment la position
de la France, défendue par le président
de la République. Les efforts se poursuivent
sur deux points essentiels. Le premier concerne les
conditions du recours à la force et vous connaissez
la position française. Nous refusons toute
automaticité de ce recours à la force.
Nous pensons que la force ne peut être qu'un
dernier recours. C'est pour cela que nous souhaitons
une résolution dépourvue de toute ambiguïté
et c'est sur ce point une position française
très forte que nous exprimons. La deuxième
grande question, c'est le régime d'inspection.
Faire en sorte que le régime des inspections
soit le plus clair, le plus réaliste possible,
le plus pragmatique possible, de façon à
pouvoir prévoir rapidement un retour des inspecteurs
et l'élimination de toute arme de destruction
massive en Iraq. Nous faisons confiance, à
la fois au président de la CCVINU, M. Hans
Blix, ainsi qu'au directeur de l'agence internationale
de l'énergie atomique.
Q - Croyez-vous, Monsieur le Ministre, que le dernier
mot sera donné
au Conseil de sécurité et que la France
aurait un
grand problème à gagner sa position
?
R - C'est tout l'esprit de la démarche en deux
temps. Parce que nous croyons qu'il est nécessaire
de préserver l'unité du Conseil de sécurité.
Nous croyons qu'il est essentiel d'assurer la légitimité
de l'action internationale en faisant confiance au
Conseil de sécurité et aux Nations unies.
C'est là pour nous un point central parce que
c'est tout l'esprit de solidarité et de responsabilité
de la communauté internationale qui est en
cause. Nous sommes convaincus que cette démarche
en deux temps permet justement, à toutes les
étapes, de donner la parole, de permettre au
Conseil de sécurité de dire ce qu'il
convient de faire et donc si l'Iraq ne respecte pas
ses engagements, il appartiendra au Conseil de sécurité
de se réunir et d'étudier l'ensemble
des options possibles. Mais c'est important que le
Conseil de sécurité puisse être
effectivement saisi à chaque étape du
processus.
Q - Il y a des voix arabes qui disent que la position
de Washington était déjà prise
et que la frappe serait maintenue qu'importe ce qu'aura
décidé le Conseil de sécurité
oe. ?
R - Je peux vous dire, - parce que je suis en contact
permanent évidemment avec nos interlocuteurs
et amis américains, et j'ai eu Colin Powell
juste avant de décoller pour Rabat - , que
les négociations se poursuivent dans un état
d'esprit très constructif et très positif.
Nous voulons aboutir. Nous voulons aboutir parce que
nous pensons qu'il est important qu'un message clair,
un message ferme puisse être adressé
à Saddam Hussein pour permettre le retour des
inspecteurs. Et je crois que chacun comprend bien
aujourd'hui que si la communauté internationale
veut être forte, si nous voulons que notre message
soit bien compris, il est important que nous restions
unis. C'est pour cela que nous attachons tant d'importance
à maintenir la cohésion, le lien, le
dialogue permanent avec l'ensemble de nos amis arabes,
parce qu'il n'est pas question, bien évidemment,
de décider de l'avenir de cette région
sans, en permanence, les associer. Et c'est tout le
sens de l'action menée au Conseil de sécurité.
C'est tout le sens de la volonté française
en liaison avec la communauté internationale.
Il est essentiel que l'action qui est menée
à chaque étape puisse être faite
en liaison avec l'ensemble de nos amis arabes. Je
vous remercie./.
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