Ambassade de France au Maroc
Service de presse, d'information et de communication

- Visite au Maroc de Mme Dominique Voynet -
Ministre de l'aménagement du territoire et de l'environnement
( du 9 au 11 septembre 1998 )



Le Dossier de la visite

Mme Dominique Voynet au Maroc défend un développement durable et intégré

Conférence de presse de Mme Voynet, Casablanca, le 11 septembre 1998

Déclaration commune entre Mme Dominique VOYNET, M. Mohamed EL YAZGHI

Aménagement du territoire :
- L'Agence Française du Développement renforce son action
- L'action de la France dans les provinces du Nord

Environnement: une coopération bilatérale structurée
- Quelques données
- Un camion-laboratoire français pour détecter la pollution au Maroc

Une préoccupation commune :
- Extraits de la déclaration de politique générale du Premier ministre marocain (17 avril 1998)

Biographie de Mme Dominique Voynet, Ministre de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement

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Au Maroc :
Ministère de l'Aménagement du Territoire, de l'Environnement, de l'Urbanisme et de l'Habitat, Secrétariat d'Etat chargé de l'Environnement

En France :
Ministère de l'aménagement du territoire et de l'environnement

Revue Zellige :
Environnement: les défis du développement, dossier

Eau et environnement pour un partenariat maroco-vendéen


Le Kiosque
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Mme Voynet et M. Mohamed El Yazghi à l'ONEP
Mme Voynet et
M. Mohamed El Yazghi à l'ONEP
(le 10/09/98)


Mme Voynet à l'ONEP
Mme Voynet à l'ONEP (Rabat)
(le 10/09/98)


Remise du camion-laboratoire
Remise du camion-laboratoire
par Mme Voynet
(le 10/09/98)


Mme Voynet et M. Mohamed El Yazghi
Mme Voynet et
M. Mohamed El Yazghi
(le 11/09/98)



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  Mme Dominique Voynet A l'invitation de M. Mohamed El Yazghi, Ministre chargé de l'Aménagement du territoire, de l'Environnement, de l'Urbanisme et de l'Habitat, Mme Dominique Voynet a effectué une visite au Maroc du 9 au 11 septembre 1998.


Mme Dominique Voynet au Maroc défend un développement durable et intégré
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    Mme Dominique Voynet, ministre de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement, a effectué du 9 au 11 septembre une visite au Maroc à l'invitation de son homologue marocain, Mohamed El Yazghi, au cours de laquelle a été mis l'accent sur le développement durable et intégré de l'économie et de l'environnement dans la politique d'aménagement du territoire.

    "L'aménagement du territoire en 1998, ce n'est pas seulement tracer des points sur des cartes pour y mettre des équipements", a déclaré la ministre lors d'une conférence de presse à l'aéroport de Casablanca. "Il faut que soit prise en considération de façon intégrée la dimension économique, environnementale et la dimension "éducation" qui est indispensable au succès de cette politique", a-t-elle poursuivi.

    Mme Voynet, qui s'est longuement entretenue avec M. El Yazghi et les trois secrétaires d'Etat délégués auprès de celui-ci, a remarqué la conjonction entre deux majorités de gauche et de centre-gauche en France et au Maroc. "Cette visite est un symbole", a-t-elle expliqué. Elle matérialise le "soutien du gouvernement français à l'égard du gouvernement marocain".

    Au cours de sa visite, Mme Voynet s'est également entretenue avec le Premier ministre marocain, M. Abderrahmane Youssoufi, ainsi qu'avec M. André Azoulay, conseiller de S.M. Hassan II.

    Défendant les projets de coopération décentralisée, Mme Voynet a estimé que "les projets somptuaires, destinés à montrer la puissance du pays donateur" étaient dépassés. Pour la ministre, "nous sommes aujourd'hui dans des échanges fins, sur le terrain, permettant d'utiliser de façon efficiente l'argent pour répondre aux besoins de la population."

    Une rencontre de Mme Voynet avec des représentants de diverses organisations non-gouvernementales s'est tenue jeudi matin dans les locaux de l'Ambassade de France à Rabat. Mme Voynet a ainsi pu prendre connaissance des difficultés et des attentes de ces organisations en proue de la société civile, notamment en matière de coopération décentralisée.

    Remarquant que son passé de militante associative la faisait incliner naturellement auprès de la défense des intérêts de la société civile, Mme Voynet a souligné le rôle structurant de ces structures associatives sur la construction d'un état démocratique. "Le fait qu'une association obtienne le statut de personnalité juridique est une première étape" a-t-elle soutenu.

    Mme Voynet a pu également découvrir des infrastructures d'équipement du Maroc, avec la station de pompage et de traitement de l'Office national de l'eau potable (ONEP) de Rabat-Souissi, qui alimente l'ensemble des villes côtières de la plaine atlantique, de Kénitra à Safi.

    Interrogée sur l'eau et l'assainissement, Mme Voynet a remarqué que la construction d'un système centralisé d'assainissement dans le pays représentait des sommes colossales, et qu'au bout de 70 ans d'équipement, la France n'en était pas encore totalement dotée. La ministre s'est déclarée plutôt favorable à des systèmes d'assainissement individuels dans les campagnes.

Mme Voynet à Nador     Le deuxième jour de la visite de Mme Voynet a été entièrement consacré à la visite de la ville de Nador, sur la côte méditerranéenne. Accueillie sur place par le gouverneur de la Province, M. Mohamed Aouad, elle s'est vu expliquer les enjeux et les difficultés du développement des provinces du Nord, pour le développement desquelles la France s'est considérablement impliquée.

    Cette région, enclavée et économiquement fragile, a été pendant longtemps le théâtre d'une émigration massive de ses habitants, qui contribuent encore aujourd'hui de leur pays d'accueil à la soutenir financièrement. "Nous ne voulons pas que les relations entre la France et la région du Nord du Maroc se limite à l'arrivée des capitaux des émigrés dans les banques marocaines et à celle du cannabis dans les banlieues françaises", a expliqué la ministre, plaidant pour un codéveloppement intégré et respectueux des populations.

    "Nous avons souhaité montrer que toutes les dimensions de l'action du ministère de l'Aménagement du territoire vont bien ensemble. On ne peut pas traiter sectoriellement les problèmes", a ajouté Mme Voynet, qui était accompagnée lors de ce séjour par le directeur de la Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale (DATAR), M. Jean-Louis Guigou.

    En réponse enfin aux demandes de M. El Yazghi pour une aide de la France à l'obtention d'une reconversion de la dette marocaine en investissements de la part de ses partenaires de l'Union européenne, Mme Voynet a promis de relayer cette demande auprès du Premier ministre, M. Lionel Jospin.

    "La reconversion de la dette dans des projets de développement durable est évidemment une piste. Je ne suis pas en mesure de prendre le moindre engagement, mais c'est une piste sur laquelle travaille le gouvernement marocain et je pense qu'il aura l'écoute du gouvernement français", a-t-elle conclu.


Conférence de presse de Mme Voynet

- Casablanca, le 11 septembre 1998

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Conférence de presse de Mme Voynet Est-ce que les problèmes d'environnement sont les mêmes en France qu'au Maroc?

Ils sont les mêmes dans leur nature. Qualité des sols, qualité de l'air, qualité de l'eau, accumulation des déchets, gestion des espaces naturels. Ils sont ici, pour des motifs économiques, d'une acuité plus grande encore notamment en ce qui concerne les déchets et la qualité de l'eau, l'eau potable n'étant pas encore une réalité pour chacun des citoyens de ce pays.

En France, quels sont les décisions politiques qui ont été prises pour lutter contre les pollueurs?

L'idéal est d'arrêter de travailler de façon sectorielle. On ne peut pas d'un côté lutter contre le bruit si par ailleurs on continue à construire des infrastructures très près des fenêtres des habitations. On ne peut pas lutter contre la dégradation de la qualité de l'eau si on ne discute pas avec les paysans. Notre travail, c'est de faire en sorte que toutes les couches de la société communiquent et travaillent plutôt en terme de prévention des dégâts qu'en terme de réparations. La réglementation est très riche en France, les moyens manquent encore pour la faire respecter et il arrive souvent qu'on soit un petit peu démunis face aux pollueurs. Notre travail, c'est donc à la fois la prévention, la pédagogie, par l'information, par l'éducation et par la mobilisation de moyens importants pour permettre de nous équiper des technologies les plus efficaces.

Quelle est concrètement la politique de coopération envisagée avec le Maroc?

Premièrement, je suis venue au Maroc à l'invitation de mon homologue -que je remercie ici très chaleureusement. Notre souci c'est de faire en sorte que nous échangions nos expériences et que nous montions des projets concrets de coopération, tant en matière d'environnement - c'est déjà quelque chose de connu -, qu'en matière d'aménagement du territoire. Il s'agit d'échanges d'expériences, de matière grise, donc une politique très concrète. C'est sans doute ce qui est le plus difficile à monter. Cela paraît d'autant plus important que dans un grand débat national destiné à permettre l'achèvement d'une charte d'aménagement, ce chantier m'intéresse beaucoup. J'ai l'intention, grâce à la DATAR, notamment, de l'appuyer.

Est-ce que vous avez des projets en tête, notamment?

En nous rendant à Nador aujourd'hui, dans les provinces du Nord, nous souhaitions démontrer une fois de plus que développement et aménagement du territoire économique et emploi vont de pair. C'est souvent par des projets innovants, qui collent bien à la réalité des auditoires, qu'on prend aussi l'échelle de problèmes aussi graves que les problèmes de mouvement des populations, ou les problèmes sociaux. Nous avons souhaité montrer que toutes ces dimensions de l'action du ministre de l'Aménagement du territoire vont bien ensemble. On ne peut pas traiter sectoriellement les problèmes.

Est-ce qu'un parti des Verts au Maroc est envisageable?

L'idéal serait évidemment que les préoccupations du développement durable, de la protection de l'environnement et du lien harmonieux entre économie performante et efficace et environnement préservé soient intégrées par les autres partis. C'est me semble-t-il ce qui se passe aujourd'hui à la tête du ministère de l'Aménagement du territoire, de l'Urbanisme et de l'Environnement ; je m'en réjouis. Je crois qu'on a été sur la même longueur d'ondes à de très nombreux moments durant ce séjour.

En France, je crois que vous êtes minoritaire…

Minoritaire, sur le plan politique, c'est vrai. Sur le plan culturel, j'en doute. Il y a aujourd'hui en France une écrasante majorité de la population qui considère comme un droit de respier un air pur, de boire une eau qui ne rende pas malade, et de consommer des aliments de qualité. Je m'appuie le plus souvent possible sur la population; je constate que ma cause progresse. Mon budget en témoigne mais je suis bien convaincue que c'est grâce à mon caractère déterminé et à ma langue franche et directe que je suis le plus efficace.

Dans quel état d'esprit quittez vous le Maroc?

Cette visite a été très courte, on peut déjà parler donc d'un symbole, du soutien du gouvernement français à l'égard du gouvernement marocain. Cette visite ne m'a pas permis d'obtenir une vision complète de l'environnement au Maroc mais plutôt d'une approche par petites touches. Ce que j'en retiens, c'est que le pays est confronté à d'énormes problèmes, autant de développement que d'environnement. La qualité des personnes n'est pas en cause, bien au contraire: j'ai rencontré beaucoup de fonctionnaires motivés et compétents. Je suis convaincue qu'avec le soutien de la population, le développement d'une action de pédagogie et d'information, la mobilisation autour du thème du retraitement des déchets ou la restauration d'une eau de qualité est possible. Sur ces thèmes, nous avions beaucoup à échanger. Je ne suis pas venue ici avec des solutions, et je suis convaincue que les solutions que ce pays devrait développer ne sont pas forcément celles de la France. Il faut être souple dans l'approche de ces problèmes, ceux de la population, je crois que l'on peut ici coopérer de façon efficace, économe et rationnelle.

Comment percevez-vous au Maroc la politique de lutte contre la pollution industrielle et atmosphérique?

Comme dans les pays européens en général, cette politique est une politique balbutiante. Hier nous avons eu le plaisir de découvrir le véhicule de mesure de la pollution atmosphérique qui vient d'arriver. Il faut bien le reconnaître, nous ne mesurons en France la pollution atmosphérique que dans un nombre limité de villes et depuis quelques années à peine, dans la plupart des pays européens et la grande majorité des pays africains, on commence à peine à appréhender l'ampleur du problème. Concrètement, s'il arrive qu'on mesure la pollution à l'ozone, au dioxyde d'azote dans quelques grandes villes, on commence à peine à imaginer l'ampleur de la pollution par les dioxines. Presque toutes les installations d'incinération d'ordures, sidérurgiques, métallurgiques, sont des installations polluantes. On doit mettre à chaque fois en balance la qualité de l'environnement et la création d'emploi. Epurer les fumées, ça coûte cher, mais c'est indispensable pour que les industries durent avec la totalité de la population.

Madame la Ministre, qu'est-ce qui va changer dans la coopération maroco-française avec la présence en France d'une coalition de gauche et au Maroc d'une coalition de centre-gauche, surtout à court et moyen terme?

J'ai souhaité venir rapidement à l'invitation de M. El Yazghi, pour témoigner de notre attachement et de notre engagement au côté du gouvernement d'alternance. Je crois que les choses sont claires. Je ne suis pas venue passer des vacances, je ne suis pas venue avec dans mes valises des entreprises françaises désireuses de conquérir de nouveaux marchés, même si je trouve légitime qu'elles cherchent à s'implanter. Pourquoi? Parce qu'il me semble que ce qui compte c'est bien sûr la volonté politique - nous l'avons. D'autre part, la volonté de mobiliser des moyens. Pour ce qui concerne mon ministère, ils sont modestes, même si au niveau du ministère des Affaires étrangères ils peuvent être plus importants. Hubert Védrine, qui vient dans quelques jours au Maroc aura l'occasion d'en dire plus sur ce sujet. Mais ce que je souhaitais surtout, c'est m'entretenir avec mes homologues. Il faut qu'au-delà des sommes mobilisées, que nous soyons biens clairs sur l'adéquation des programmes d'aide aux besoins de la population. Je crois qu'on est sorti d'une phase de la coopération qui s'en tenait à des projets symboles, somptuaires, pour montrer la puissance du pays donateur. Aujourd'hui, je crois qu'on est dans l'échange fin, sur le terrain, pour nous permettre d'utiliser de façon efficiente l'argent pour répondre aux besoins de la population. Les projets que nous avons vus ces jours-ci collent à ces objectifs. Le citoyen va mesurer l'efficacité de l'aide à l'amélioration de sa vie quotidienne. J'y suis très attachée.

Il y a entre le Maroc et la France une importante coopération en matière de traitement de l'eau. Comment va-t-elle désormais évoluer?

L'eau, c'est un chantier énorme, dans la gestion responsable de la ressource. Ne pas polluer la ressource en eau, réaliser des retenues qui permettent d'avoir une alimentation sur toute l'année, c'est le premier chantier.

Le deuxième, c'est celui de l'assainissement. Relier l'ensemble des fermes disséminées sur le territoire marocain à un réseau d'assainissement, cela représente des sommes absolument colossales. En France, ce chantier n'est pas achevé, malgré 70 ans d'investissements… Je crois que pour toutes les zones d'habitat diffus, on a intérêt à développer les formules d'assainissement individuel. Ce n'est pas l'apanage des grandes sociétés d'assainissement, plus en phase avec le milieu urbain comme à Casablanca.

Qu'apportera votre département pour une meilleure politique de l'environnement au Maroc?

Mon ministère n'est pas riche, mais comme il n'est pas riche, il a des idées… Ces idées passent souvent par la mobilisation des personnes, la formation des personnels, et la confrontation des produits des expériences. Je crois beaucoup à la coopération décentralisée. Si l'élu d'une commune marocaine discute avec un élu d'une commune française qui a à gérer des problèmes de déchets ou d'éducation de la population, on évitera des erreurs dues à des fonctionnaires des ministères qui sont loin du terrain. On évitera aussi de surinvestir. La France s'est engouffrée dans l'incinération des ordures ménagères il y a quelques années, on s'est rendu compte que ça coûtait cher. Si la connaissance de ces difficultés concrètes est apportée aux élus, ils ont plus de chance de faire le bon choix. C'est aussi une coopération qui répond plus à l'attente du lien social. Les Marocains de France peuvent aussi garder des liens avec leur pays d'origine et que ces liens soient des moyens de relations pour les deux pays.

Pourrez-vous relayer les attentes du Maroc auprès de vos homologues de l'Union européenne en matière de reconversion de la dette ?

M. El Yazghi a été très convaincant et très direct.J'ai promis de relayer ses préoccupations auprès du gouvernement de Lionel Jospin, et je vais le faire. L'idée me paraît en tout cas intéressante. L'abolition de la dette, cela peut s'appliquer pour certains des pays les plus pauvres de la planète. Pour des pays plus riches, la reconversion de la dette dans des projets de développement durable est évidemment une piste. Je ne suis pas en mesure de prendre le moindre engagement, mais c'est une piste sur laquelle travaille le gouvernement marocain et je pense qu'il aura l'écoute du gouvernement français.

Pouvez-vous me détailler les engagements et les résolutions qui ont été pris entre vous et le gouvernement marocain.

La déclaration finale résume l'état d'esprit général de notre rencontre. Il y a de nombreux accords de coopération, soit thématiques, soit des programmes de coopération qui touchent plus particulièrement des régions. L'originalité de ces programmes, c'est qu'ils s'intéressent plus au codéveloppement et au développement durable. Il faut que soit prise en considération de façon intégrée la dimension économique, environnementale et la dimension "éducation" qui est indispensable au succès de cette politique. L'aménagement du territoire en 1998, ce n'est pas seulement tracer des points sur des cartes pour y mettre des équipements.

Je me sens héritière d'une continuité. Le fait nouveau très positif de conjonction de deux coalitions de gauche va dans le bon sens. Ce nouveau gouvernement agit sur nous comme un aiguillon. C'est l'occasion de nous demander "où en sommes-nous, de cette coopération ?" Nous avons aussi des responsabilités, il ne s'agit pas de porter un regard d'entomologiste.


Déclaration commune entre Mme Dominique VOYNET, Ministre de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement de la République française et M. Mohamed EL YAZGHI, Ministre de l'Aménagement du Territoire, de l'Urbanisme, de l'Environnement et de l'Habitat du Royaume du Maroc

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Rabat, le 11 septembre 1998

Déclaration commune A l'invitation de M. EL YAZGHI, Ministre de l'Aménagement du Territoire, de l'Urbanisme, de l'Environnement et de l'Habitat, Mme Dominique VOYNET, Ministre de l'Aménagement du Territoire et de l'Environnement de la République française a effectué une visite officielle au Maroc les 9, 10 et 11 septembre.

Lors de cette visite, M. YOUSSOUFI, Premier ministre, puis M. AZOULAY, conseiller de Sa Majesté le Roi pour les affaires économiques et financières, ont eu des entretiens avec Mme la Ministre.

La journée du 11 septembre 1998 a été consacrée à une visite de la ville de Nador.

Au cours de leurs entretiens, les deux Ministres se sont félicités de l'identité de leurs points de vue. Ils ont exprimé leur volonté commune de donner une nouvelle impulsion à la coopération entre les deux pays, de la renforcer et de rechercher une plus grande efficacité dans les échanges, y compris à travers l'Union européenne. Ils ont souligné les conditions favorables créées par le changement politique mené au Maroc depuis la constitution d'un gouvernement d'alternance qui suscite de nombreux espoirs.

M. EL YAZGHI a présenté la demande du Maroc de voir se mettre en place des mécanismes de reconversion de sa dette en faveur du développement durable. Mme VOYNET s'est engagée à la relayer auprès du gouvernement français.

Les deux ministres ont convenu d'oeuvrer conjointement pour la mise en place, dans le cadre de la commission mixte Maroco-Française, d'un comité technique englobant les domaines de l'aménagement du territoire, de l'environnement et de l'urbanisme.

Compte tenu des enjeux communs aux pays du sud de l'Europe et du Maghreb en matière de développement et d'aménagement du territoire, et de la nécessité d'approfondir le dialogue euro-méditéranéen, les deux ministres ont évoqué le principe d'initier prochainement une conférence de haut niveau pour le développement d'actions communes.

Les deux ministres se sont mis d'accord pour :

- développer l'échange d'expérience en matière de conception et de réalisation des outils techniques , financiers, juridiques et institutionnels dans les secteurs de l'Environnement et de l'Aménagement du Territoire,

- explorer conjointement les moyens les plus efficaces pour l'élaboration d'études sur les espaces sensibles tels que le littoral, la montagne, les aires métropolitaines,

- continuer et renforcer l'appui technique et financier engagé avec la Délégation à l'Aménagement du Territoire et l'Action Régionale pour les activités inscrites dans le grand débat sur l'aménagement du territoire marocain,

- promouvoir le développement local dans un cadre de partenariat, par un appui technique en vue de mettre en place au Maroc les mécanismes d'une politique de contractualisation Etats Régions.

Les deux parties souhaitent multiplier les lieux de promotion du développement local durable en particulier en relation avec l'Agence de Développement des Provinces du Nord.

Dans le domaine de la formation, la partie française s'est montrée disposée à conduire un programme de formation de courte durée et d'aider l'Institut National de l'Aménagement et de l'Urbanisme à tisser des relations avec les Instituts français d'aménagement, d'environnement et d'urbanisme.

Dans le domaine de l'environnement, devenu un enjeu social et économique, les deux pays ont convenu de réfléchir aux mécanismes et incitations économiques. Les deux Ministres ont passé en revue les actions de coopération existantes, se sont félicités des résultats atteints et ont souhaité donner à cette coopération une nouvelle impulsion.

Conformément aux visions nouvelles développées par les deux gouvernements, les deux Ministres ont souhaité privilégier la prise en compte de l'environnement dans tous les secteurs économiques et plus particulièrement dans l'industrie et l'agriculture. A ce titre, ils ont rappelé leur attachement au développement d'industries et de métiers de l'environnement.

Les deux ministres ont également souligné l'importance de favoriser la coopération décentralisée pour permettre les échanges d'expertise dans les domaines d'aménagement du territoire et d'environnement. Le thème de la gestion des déchets a été identifié comme prioritaire. Ils ont exprimé le souhait d'une plus grande implication des Organisations Non Gouvernementales dans leurs domaines de compétences.

Enfin, dans un cadre multilatéral, les deux ministres ont souhaité développer la concertation pour les questions internationales et régionales d'intérêt commun, en particulier:

- sur les interactions entre le commerce et l'environnement avant le prochain cycle de négociation à l'OMC,

- pour donner un nouveau souffle à la Commission de Développement Durable à l'occasion du débat sur l'écotourisme et les océans et contribuer à la relance de la Commission Méditerranéenne de Développement Durable et du Plan Action pour la Méditérranée.

La France et le Maroc ont un rôle moteur à jouer dans les négociations environnementales internationales pour rapprocher les points de vue des pays développés et des pays en voie de développement, notamment pour la préparation de la prochaine réunion de la convention sur le changement climatique qui devrait faire l'objet d'une réunion de travail avant la réunion de Buenos Aires.

Les deux ministres se sont félicités de l'esprit d'ouverture et d'amitié qui a prévalu lors de cette première rencontre au cours de laquelle Mme VOYNET a invité M. EL YAZGHI à se rendre en France.


Aménagement du territoire :

- L'Agence Française du Développement renforce son action

    Avec un volume global de 3418 MF pour la période 1992-1997 (dont 1500 MF au titre des années 1996 et 1997), l'AFD se situe désormais parmi les principaux bailleurs de fonds du Maroc qui est à la première place des bénéficiaires de l'aide-projet de l'AFD.

    Le développement des activités de l'AFD s'effectue dans le cadre d'une forte concentration sur quelques secteurs-clés: les infrastructures de base ( eau potable, assainissement, électricité), le développement rural (petite, moyenne et grande irrigation, refinancement des crédits à la production agricole...). Ces diverses actions permettent un " effet de levier", notamment au profit des régions du Royaume qui souffrent d'un retard de développement, notamment les Provinces du Nord ( consulter la fiche l'action de la France dans les provinces du Nord) où se localise près du tiers des interventions de l'AFD.

    Au cours des deux dernières années,l'AFD s'est attachée au développement " qualitatif" de son action en recherchant notamment des opérations au caractère novateur marqué et susceptibles de nouveaux développements au cours des prochaines années.



- L'action de la France dans les provinces du Nord

    Lors de la rencontre entre Sa Majesté Hassan II et le Président Jacques Chirac en juillet 1995, le développement des Provinces du Nord a été défini comme une priorité. La France s'est alors engagée à soutenir les efforts du Maroc en faveur de cette région du bassin méditerranéen vouée par la géographie à jouer un rôle essentiel dans les relations maroco-européennes.

    En application de cette forte volonté politique, la France a considérablement renforcé son intervention sur les Provinces du Nord. L'aide globale apportée depuis 1995 pour cette région, peuplée de 5,2 millions d'habitants, peut déjà être estimée à près de 2 milliards de francs, ce qui en fait la zone géographique du Royaume du Maroc où l'action de la France est la plus importante.

    A ce titre, la France s'est engagée dans une contribution au désenclavement de cette région par la construction d'infrastructures.

    L'Agence Française de Développement intervient ainsi pour le financement de programmes dans les Provinces du Nord. Le montant des engagements de l' AFD dans cette région, principalement accordés depuis 1995, s'élève ainsi à 801 millions de francs. L'Agence Française de Développement apporte son appui à tous les projets favorisant le renforcement des infrastructures de base et le développement des zones rurales dans les Provinces du Nord.

    De nombreux concours ont été accordés à l'ONEP ou à l'Etat afin d'améliorer les réseaux d'assainissement et de permettre à des foyers urbains et ruraux de disposer de l'eau potable. Les prêts accordés par l'AFD ont permis la distribution d'eau potable dans 18 petits centres urbains et d'alimenter 100.000 personnes. Un nouveau projet devrait permettre dans les années à venir de renforcer les installations de 31 petits centres ce qui concernera plus de 330.000 personnes.

    Sur le versant sud du Rif, l'AFD finance, à hauteur de 157 millions de francs, la première tranche d'un important projet d'irrigation concernant la moyenne vallée du Sebou. Les travaux, qui ont commencé en 1995, permettront de créer un pôle de développement et concerneront, à leur achèvement en 1998, 6.000 hectares et 1200 agriculteurs. L' AFD s'est aussi engagée dans un grand programme de mise en valeur des terres agricoles et de développement intégré sur près de 10.000 hectares dans les 7 provinces du Nord.

    L'AFD participe au financement d'un important projet d'électrification des zones rurales, pour un montant de 75 millions de francs, qui permettra l'électrification de près de 200 villages soit 180.000 personnes. Une deuxième tranche devrait être lancée par l'ONE avec le soutien de l'Agence.

    Dans le cadre de la mise à niveau de l'économie marocaine, des Zones Industrielles ayant statut de Zones Franches ont été créées par le gouvernement. La Zone Franche de Tanger Boukhalef devrait bénéficier d'une double intervention de l'AFD: directement par le financement des infrastructures externes (eau, électricité, assainissement, routes) et indirectement par une prise de participation de PROPARCO dans le capital de la société concessionnaire.

    La France apporte également son soutien à l'Agence de Développement des Provinces du Nord, créée par les autorités marocaines et dont les pays de l'Union Européenne font partie du Conseil d'Orientation. Elle a pour vocation de renforcer les actions de développement dans les Provinces du Nord en jouant un rôle d'incitation, de coordination et d'analyse. Exemple de cet appui : le tourisme rural dans le Rif et sur le programme de formation des délégués au développement régional. Il est aussi prévu de mettre à sa disposition un expert en aménagement du territoire issu de la DATAR.

    Est de plus mise en œuvre une coopération décentralisée et déconcentrée. Ces actions s'inscrivent dans la politique de décentralisation engagée par le gouvernement marocain. Elles donnent une nouvelle dimension à la coopération française notamment dans la province d'Oujda, où la Région Champagne-Ardenne mène plusieurs actions de développement axées notamment sur la formation, le partenariat industriel et l'assistance technique aux PMI-PME. La Ville d'Aix-en-Provence a établi en décembre 1997 un accord de partenariat avec la Ville d'Oujda. Enfin, la Direction Départementale de l'Equipement des Bouches-du-Rhône a conclu avec l'appui des services de l'Ambassade une convention de partenariat avec la Direction Régionale des Travaux Publics de l'Oriental.


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Environnement: une coopération bilatérale structurée

- Quelques données

    Cela fait maintenant dix ans que la coopération franco-marocaine dans le domaine de l'environnement a été initiée. Elle a tout d'abord été conduite en partenariat avec les ministères techniques dont les domaines de compétence recouvraient ce secteur (Travaux publics, Intérieur, Energies et Mines…). Les études de conception de la station d'épuration de Ben Sergao, dans la région d'Agadir, ont par exemple été financées à l'époque par la coopération technique française.

    Durant ces dix années ont été également menés deux programmes d'ampleur par la Caisse française de développement. Un programme relatif à l'eau potable, en coopération avec l'ONEP, s'est terminé en 1997, tandis qu'un programme "collectivités locales", consistant en un appui à l'assainissement liquide et solide des villes d'Agadir et Rabat, est en voie de réalisation.

    A la suite de la création en 1995 d'un ministère marocain spécialement chargé des problèmes d'environnement, la France et le Maroc ont instauré la même année un comité technique "environnement", avec comme objectif la coordination de l'ensemble de l'assistance économique française dans ce domaine. La visite de Mme Corinne Lepage, alors ministre française de l'Environnement en avril 1996, a permis la signature d'un accord de coopération entre la France et le Maroc.

    Quatre sessions du comité technique "environnement" se sont tenues depuis 1995, la dernière en date étant celui du 23 et 24 octobre 1997. Cinq axes principaux de partenariat s'en sont dégagés et permettent donc de distinguer la coopération entre les deux pays dans ses grandes lignes.

    L'assistance juridique et institutionnelle, en premier lieu, bénéficie d'un financement communautaire de l'Union européenne dans le cadre du programme "LIFE-pays tiers". Objectif de cette assistance : permettre au Maroc de se doter d'un corpus juridique en rapport avec les défis de la sauvegarde de l'environnement.

    Santé et environnement, ensuite. La pollution de l'air à Casablanca et dans plusieurs autres grandes villes du Royaume a un impact considérable sur la santé de la population, mais il est encore mal connu. Ce volet de la coopération avec le ministère marocain de l'environnement est mené notamment en collaboration avec AIRPARIF, l'association qui mesure la qualité de l'air dans la capitale française.

    Des monographies locales de l'environnement ont de plus été lancées dans plusieurs villes du Maroc; celles-ci doivent permettre de dresser un état des lieux de l'environnement dans les zones concernées. Pour l'année 1997, la coopération française a pris en charge le plan d'action environnemental concerté de la ville de Marrakech.

    Autre axe de la coopération, la protection du littoral. La France a aidé les autorités marocaines lors de l'élaboration d'un projet de base de données géographiques sur l'occupation du littoral marocain, afin de permettre une gestion efficace de celui-ci.

    Enfin, point crucial, la gestion des déchets. Le recyclage des matières plastiques, notamment des sacs noirs qui se sont répandus dans le pays, représente un défi de taille pour le Maroc du XXIe siècle.

    Toutefois, la coopération franco-marocaine en matière d'environnement ne se résume pas à des accords d'Etat à Etat ; depuis plusieurs années, le développement de la coopération décentralisée a permis de trouver des nouvelles voies de financement des actions pour la sauvegarde du milieu.

    Plusieurs villes ou collectivités locales, françaises et marocaines, ont ainsi conclu des accords C'est le cas à Imouzzer du Kandar, où sont parties prenantes outre la municipalité, l'ONEP, la ville de Maxéville (région de Nancy) et le NAN.C.I.E (opérateur de la Communauté urbaine de Nancy sur les problèmes de l'eau). Le succès de cette opération a conduit la Wilaya de Fès à souhaiter son extension à la province de Sefrou. La région Lorraine s'est montrée intéressée par cette proposition.

    Des actions comparables sur les déchets solides ou liquides notamment sont menés à Taroudannt, Mohammedia et Essaouira.



- Un camion-laboratoire français pour détecter la pollution au Maroc

camion-laboratoire     A la suite de la visite en 1996 de Mme Corinne Lepage, alors Ministre de l'Environnement, il avait été annoncé la mise à disposition des autorités marocaines par l'Etat français d'un laboratoire mobile d'analyse de l'air. La remise de ce matériel est effective avec la visite de Mme Voynet.

Remise du camion-laboratoire par Mme Voynet     Aménagé sur la base d'un véhicule utilitaire léger de type Peugeot Expert, cet équipement est doté d'analyseurs très précis qui permettent de mesurer en temps réel notamment la quantité de dioxyde de soufre, de dioxyde d'azote, de monoxyde de carbone, d'ozone, et de matières particulaires en suspension dans l'air. A tous ces senseurs viennent s'ajouter un combiné girouette+anémomètre, thermomètre et hygromètre. Une mât de cinq mètres, repliable, prend place sur le toit. Un ordinateur portable centralisera toutes ces informations.

camion-laboratoire     Cet équipement, une fois en service, fonctionnera grâce à un technicien formé par le constructeur du matériel. Le Secrétariat d'Etat marocain à l'Environnement pourra dès lors disposer de relevés extrêmement fiables sur la qualité de l'air à des endroits précis des grandes agglomérations et prendre les mesures adéquates de prévention qui s'imposeront.


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Une préoccupation commune : Extraits de la déclaration de politique générale du Premier ministre marocain (17 avril 1998)

- Sur l'Environnement :

    "Le gouvernement entend accorder un intérêt particulier à la protection de l'environnement qui a une place majeure dans toute stratégie de développement humain durable. C'est ainsi qu'il prendra soin de mettre en place un programme de développement environnemental pour évaluer de manière précise l'état de l'environnement dans notre pays et promouvoir une culture environnementale. Ce programme mettra aussi en place une législation et des normes adaptées, et encouragera l'utilisation des technologies propres et l'emploi d'énergies renouvelables."

- Sur l'Aménagement du Territoire :

    "La solidarité entre les différentes régions du Royaume contribuera à réduire les inégalités de développement régional. Elle inspirera l'élaboration d'une charte nationale d'aménagement du territoire. Dans cette perspective, le gouvernement mettra en place les dispositifs administratifs et financiers organisant les relations entre l'Etat et la région et créera un fonds de péréquation et de développement régional. Ces actions seront renforcées par le réexamen des dispositions du dahir du 30 septembre 1976 relatif à l'organisation communale, à la mise en place de systèmes d'évaluation, de contrôle a posteriori et d'audit et à la formation des élus. Une attention particulière sera accordée à la gestion des finances locales et des services publics urbains (…)."


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Biographie de Mme Dominique Voynet, Ministre de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement

Née le 4 novembre 1958 à Montbéliard (Doubs)
Mère de deux filles

ETUDES ET FORMATION PROFESSIONNELLE

1968-1975 : Etudes secondaires scientifiques à Belfort
1975-1986 : Etudes de médecine à la faculté de Besançon, puis spécialisation en anesthésie-réanimation
1977-1982 : Infirmière de nuit
1981-1985 : Remplacements de médecins généralistes puis spécialistes
1985-1989 : Anesthésiste-réanimatrice à l'hôpital public de Dole (Jura)

ITINERAIRE POLITIQUE

1984 : Co-fondatrice des Verts
Depuis 1989 : Conseillère municipale à Dole
1989-1991 : Secrétaire générale du Groupe Vert au Parlement européen
Depuis 1991 : Porte-parole nationale des Verts
1992-1994 : Conseillère régionale de Franche-Comté (démission à mi-mandat)
1993 : Seule candidate écologiste présente au second tour des élections législatives (47% au second tour)
1995 : Candidate à l'élection présidentielle (3,3%)
Candidate aux municipales (au premier tour : 16,74%), réélue conseillère municipale de Dole
1997 : Candidate des Verts et du Parti socialiste à l'élection législative à Dole-Arbois.Elue députée au second tour avec près de 56% des voix

(Source : Cabinet du Ministre de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement, Juin 1997)

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Visite au Maroc de Mme Voynet, Ministre de l'aménagement du territoire et de l'environnement
réalisée par le Service de presse, d'information et de communication
de l' Ambassade de France au Maroc