Le progrès scientifique contribue au développement de divers domaines parmi lesquelles nous citons : la médecine qui est devenue plus performante et capable de servir aussi bien l’humanité, dans le secteur public que dans le secteur privé. Outre cela, la recherche scientifique en a vécu la même évolution. Pour en savoir plus sur le développement de la médecine au Maroc, nous avons trouvé très intéressant de contacter le professeur Mustapha El Azouzi, étant un célèbre neurochirurgien, spécialiste des maladies et de la chirurgie du système nerveux et de la colonne vertébrale, et membre permanent au Congrès Américain de Neurochirurgie.
Pourquoi avez- vous choisi ce métier précisément, et depuis quand l’exercez-vous ?
C’est une grande question, car le choix de ma spécialité n’a pas été fait au hasard. J’ai décidé de faire de la médecine depuis que j’étais au collège car ce domaine m’attirait beaucoup. En fait, j’ai choisi la neurochirurgie pour deux raisons : D’abord pour la complexité de cette structure qui représente le chef d’orchestre de notre organisme. Ensuite, pour découvrir et comprendre l’harmonie majestueuse de ce système qui est un vrai mystère. La médecine est un art.
Pouvez-vous nous parler de votre spécialité et des difficultés que vous rencontrez en tant que médecin ?
Ma spécialité est très importante dans la mesure où elle touche le cadre vertébral, et des pathologies comme les tumeurs : les tumeurs bénignes, et d’autres malignes qui exigent des opérations chirurgicales bien plus d'un complément thérapeutique que ce soit par la chimiothérapie ou par la radiothérapie…
Au début de votre carrière, quelles étaient les techniques employées ?
J’ai démarré en neurochirurgie en 1981. Et depuis, il y a eu beaucoup de changements de point de vue exploration et techniques employées. A cette époque, il n’y avait pas de scanner, on disposait seulement d’une encéphalographie gazeuse qui permettait de visualiser s’il y avait une tumeur au niveau du cerveau. Il fallait faire une ventriculographie et introduire un cathétère où on faisait passer de l’air. On suivait le trajet de cette couche d’air pour voir s’il ne rencontrait aucun obstacle qui serait une tumeur. Aujourd’hui, on fait un diagnostic direct, à trois millimètres près. Les systèmes chirurgicaux ont aussi évolué : Autrefois, on opérait à l’œil nu ou avec les lampes, alors qu’aujourd’hui, on dispose de microscopes très performants.
Avez vous remarqué un développement au cours de ces dernières années ? Pouvez–vous nous préciser à quel niveau ?
Ces dernières années ont connu un grand progrès scientifique, cela a permis une meilleure compréhension de l’homme, de son cerveau et de son capital génétique. Ce progrès est remarquable, que ce soit sur le plan de la pathologie tumorale ou de la psychiatrie.
Est –ce que ce développement est parallèle à celui des pays développés ?
Il n’y a aucune différence, rien que sur Rabat, on dispose de cinq IRM, trente scanners dans différents services. Sans oublier des blocs opératoires bien équipés. On n’a aucun souci là dessus, on sait ce qui se passe ailleurs. Mais cela n’empêche qu’au niveau de la recherche médicale, on peut constater un grand écart entre la recherche médicale au Maroc, et celle qu‘on trouve dans les pays développés. Nous n’avons ni le budget, ni le cadre adapté pour faire des conquêtes performantes.
Pouvez- vous dire si être opéré aujourd’hui est plus facile qu’hier ?
Les interventions sont plus précises et plus faciles grâce au progrès de l’optique : les microscopes opératoires notamment.
Quel sera à votre avis, l’avenir de la médecine d’ici quelques années ?
Je ne suis pas le ministre de la santé, mais je peux vous donner mon impression personnelle sur ce sujet. Je pense qu’il y a des gens qui travaillent, et je crois en vous, les futures générations qui vont reprendre le flambeau. La médecine marocaine n’a rien à craindre. Nous aurons sûrement la capacité de surmonter les problèmes que nous rencontrerons dans ce domaine.

Photo prise par Naouial Alioua
Si on vous demande de nous décrire en quelques mots la différence entre la salle d’opération d’hier et celle d’aujourd’hui ?
Cette question me rappelle une conférence au congrès américain qui portait comme titre : « The past and the futur. » Il y a une grande différence entre la petite salle opératoire, peu équipée d’hier et celle d ‘ aujourd’hui. On parle de bloc opératoire moderne qui dispose d’une table- maquette pliable en six morceaux, d’un amplificateur de brillance, d’un microscope et d’un laser…
A travers l’entretien qu’on a réalisé avec le professeur Mustapha El Azouzi nous avons déduit que la médecine au Maroc vit une grande étape vers un considérable progrès, due aux innombrables efforts de toute une équipe performante de médecins, de radiologues et d’anesthésistes afin d’améliorer et de développer notre position parmi les pays développés. Mais cela n’empêche qu’au niveau de la recherche scientifique, on a noté des faiblesses techniques et financières, qu’on doit surmonter avec de la bonne volonté et du courage et la loyauté…
Hikmat El Hannach (17ans).
Nawal Alioua (17ans).
Khadouj Britel (17ans)
Lycée Mohammed V - Rabat - Maroc .

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