Bien
que toutes les matières de l'enseignement secondaire soient
arabisées, le français reste une langue seconde enracinée
au sein des lycées marocains. Ce constat a été
élucidé par une enquête réalisée
auprès des élèves de la périphérie
de Rabat.
L'enquête
menée a permis de constater que la quasi-totalité des
lycéens de l'établissement Abdellah Chefchaouni, estiment
que le français est utile pour leurs études, soit une
fraction de même ordre d'importance chez les garçons
(85%) et chez les filles (87%).
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L'enquête,
sur l' usage du français , a été réalisée
par le biais d'un questionnaire auto-admnistré adressé
à 80 lycéens(47 filles et 33 garçons) représentant
les trois niveaux scientifiques et littéraires de l'établissement
Abdellah Chefchaouni,un lycée de Témara, ville
limitrophe de Rabat.
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Apprendre le français est une exigence
Interrogés
sur les raisons de l'utilité de cette langue la majorité
des garçons déclarent qu'ils s'y intéressent
soit parce qu'elle est une " matière d'examen " (36%),
soit parce que c'est " une langue d'études supérieures
" (31%), proportions qui sont respectivement de l'ordre de 25%
chez les garçons et 35% chez les filles ; autrement dit,
le français est une exigence plutôt qu'une nécessité.

Cette explication
semble être corroborée par le fait que le français
est jugé plus utile chez les élèves de la branche
scientifique que chez ceux de la branche littéraire : 92% contre
75% En effet, toutes les études scientifiques supérieures
sont enseignées en français. En revanche, la majorité
des études littéraires supérieures se font en
arabe.
Le français est fortement
pratiqué en dehors de l'école
Les lycéens
utilisent le français comme langue parlée à raison
de 80%, comme langue d'écrit pour 83%, et comme langue de lecture
chez 93% des élèves. Bien entendu, ces différents
usages ne sont pas nécessairement fréquents. Force est
de constater, également, que tous les lycéens déclarent
écouter des émissions en langue française à
la radio et à la télévision, " toujours
" dans 56% des cas, " souvent " parmi 24% des enquêtés,
et " rarement " pour 20%. Il est vrai que le bilinguisme
est fortement présent dans les différents types de mass
média marocains.
Quel avenir pour le français dans les lycées marocains
?
Certes
le français a actuellement un statut privilégié
au Maroc. Toutefois, au cas où l'enseignement supérieur
serait arabisé, la langue française gardera-t-elle sont
importance chez les lycéens marocains ? Bien que selon notre
enquête, seuls un quart des garçons et un tiers des filles
interrogés aient justifié l'utilité du français
en tant que " langue de référence et de documentation
", nous pensons que oui. En effet, d'une part le français
est intégré dans pratiquement tous les domaines de la
vie quotidienne des marocains et, d'autre part, l'enseignement privé
bilingue (arabe-français) prend de plus en plus d'ampleur.
Manal M'hamdi : 18 ans
Karima Benkhallouq : 17 ans
Mariame Chahibi : 17 ans
Rhita Rachidi Alaoui : 15 ans
Sarra Belgnaoui : 16 ans