On parle beaucoup
dans le monde de ces deux notions, mais avant d'en discuter en les
appliquant sur notre pays, il faut tout d'abord connaître leur
sens exact. Qui pourrait nous aider ?
C'est simple ! Nous n'avons qu'à ouvrir le dictionnaire Larousse,
et voilà ce que ça donne : francophonie : communauté
de langue des pays francophones ; ensemble de pays francophones ;
collectivité que forment les peuples parlant le français.
En ce qui concerne la francophilie, beaucoup plus court : amitié
envers la France.
Beaucoup de gens disent que nous sommes des francophiles parce que
nous n'avons pas le français comme une deuxième langue
officielle, mais cela signifierait se limiter à une amitié
envers la France, ce qui est évidemment trop peu.
En Roumanie, la langue française est connue par beaucoup de
personnes et constitue un grand avantage, dans un monde où
l'anglais domine la communication.
La culture française est très appréciée
par les Roumains. La preuve : il y a de nombreuses alliances françaises,
les cinq Centre Culturels Français dans les grandes villes
pays, l'Institut français de la capitale et bien sûr,
les lycées bilingues comme le Jean Louis Calderon de Timisoara.
Il a été fondé immédiatement après
les événements de 1989 et porte le nom d'un journaliste
français mort à Bucarest en mission, pendant la révolution.
Le lycée a des classes bilingues où on enseigne le français
entre cinq et sept heures par semaine et des cours comme la géographie,
l'histoire et la civilisation de la France, directement en français.
Les élèves participent chaque année à
des concours nationaux et internationaux et remportent beaucoup de
prix de langue et de littérature française. Il y a aussi
un journal scolaire en français grâce auquel on participe
chaque année au circuit fax européen et nos articles
sont publiés dans les pays du monde entier.
Apart l'enseignement de la langue dès les plus bas âges,
l'intérêt pour la culture et la civilisation française
est encore très vif en Roumanie et a des racines bien solides
dans l'esprit de notre peuple.
D'abord, le senti-ment que nos langues sont " surs ",
a traversé la conscience des Roumains depuis toujours. La souche
latine qui est à l'origine du français et du roumain
n'est pas à négliger quand il s'agit de l'intérêt
qu'on éprouve pour les similitudes lexicales et grammaticales
qu'on a retrouvé dans les deux langues.

Ensuite, l'attention pour le patrimoine culturel et artistique français
dans tous les domaines prouve le penchant que nous avons eu depuis
toujours pour la France, ne serait-ce que la préoccupation
de traduire en roumain la littérature française classique
que les Roumains continuent de lire et d'apprécier.
Par ailleurs, au
long de l'histoire, des personnalités de la culture roumaine
ont décidé d'aller vivre et travailler en France devenant
ainsi des Français par adoption et enrichissant ainsi des deux
côtés le patrimoine culturel des deux pays : des noms
comme Brancusi et Ionesco, Panait Istrati et Cioran, nous sont également
chers, aux Roumains et aux Français.
Depuis déjà des dizaines d'années, chaque mois
de Mars est marqué par la " semaine de la francophonie
", période de plusieurs activités et fêtes
à profil français, à partir des concours scolaires,
jusqu'aux conférences, manifestations artistiques, spectacles
qui entraînent les gens de tous les âges et des préoccupations
les plus diverses.

La culture française continue de pénétrer dans
la conscience des Roumains par beaucoup d'autres moyens. L'affection
que le peuple roumain porte à la France est grande, ainsi que
l'appréciation pour tout ce qui est lié à sa
culture. Ca se voit bien que c'est loin d'être une simple amitié.
Alors, francophones ou francophiles ? Je dirais plutôt qu'il
n'y a pas encore un nom spécial pour cette catégorie
à laquelle nous appartenons, mais ça viendra avec le
temps, quand on se décidera d'accorder plus d'attention au
" francofanes " de l'Europe !
POJAR
RAMONA, 17 ans
Lycée Jean Louis Calderon
Timisoara - ROUMANIE