"Devant le palais"
Ludwig Deutch |
Dès l'époque néolithique,
des migrations venues du Nord ou de l'Est contribuent
à la mise en place des premières populations. Celles-ci,
de types très variés, sont nommées "berbères"
par les navigateurs et les Romains. Leur langue, avec
des dialectes différents (tachelhit, tamazight, zenatya),
est apparentée à des parlers du Proche-Orient, du
Sahara et de l'Afrique noire.
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Au VIIIe siècle, l'arrivée des Arabes
qui apportent l'islam, la langue et la civilisation arabes
est un événement décisif. Le Maroc-Etat est donc une création
islamique. C'est un royaume qui naquit à Oualili (Volubilis),
où Idriss Ier fut proclamé par la population en 808 et où
il prêta le serment coranique de la Beia, pacte liant le
Roi à son Peuple et le Peuple à son Roi.
Trois vagues d'immigration sont à distinguer.
A la fin du VIIe siècle, les premiers conquérants, militaires
et cadres administratifs, sont peu nombreux. Au XIIe siècle,
les Banû Hilal, nomades d'Arabie, sont enrôlés comme soldats
par les souverains almohades et installés par eux sur les
terres du Gharb, du Tadla et du Haouz (terres Guich). Au
XIIIe siècle, les Banû Ma'qil arrivent jusqu'aux plaines
atlantiques. Ces vagues de tribus arabes ont peuplé surtout
les campagnes. Quant aux villes, elles ont reçu d'autres
éléments -musulmans ou juifs- en provenance essentiellement
d'Al Andalus. Ces éléments ont contribué pour une large
part au développement urbain des cités traditionnelles.
Le nom même de "Maroc" apparaît, semble-t-il, sous
les Saâdiens, dynastie ayant régné de 1554 à 1659.
Il serait le résultat de la contraction du nom de la ville
de Marrakech, la principale de leurs capitales. Auparavant,
pour désigner le Maroc, on parlait de Maghreb el-Aqça ou
Maghreb extrême.
Le Maroc s'est formé et organisé autour de la personne de
ses souverains qui exercent une autorité à la fois spirituelle
et temporelle. Dans la réalité, l'Etat traditionnel
reposait sur deux principes essentiels : à la base,
les tribus étaient égales et demeuraient administrées par
leurs propres autorités investies par le sultan,
et au-dessus du cadre tribal, se trouvait le niveau
politique général incarné par le souverain, chef
à la fois spirituel et temporel avec son administration,
le makhzen.
La conquête coloniale entreprise dès le XIXe siècle
est une nouvelle étape essentielle dans l'histoire
des populations marocaines.
Le traité du protectorat signé à Fès en 1912 provoque
une vague d'immigration européenne particulièrement importante
après la première guerre mondiale. Surtout, la mainmise
sur les terres les plus riches et l'introduction des produits
européens bouleversent la société et l'économie du pays.
La contribution française porte principlament sur trois
points : construction des routes et des chemins de fer,
développement du port de Casablanca et déplacement de la
capitale politique à Rabat.
Dès 1930, un fort courant nationaliste se développe,
encouragé par le succès d'autres peuples dans leur volonté
d'indépendance et par l'affaiblissement des colonisateurs
engagés dans la deuxième guerre mondiale. Le roi Mohammed
V se rallie alors à la cause du parti de l'Istiqlal (indépendance)
mais est destitué puis exilé à Madagascar en 1953. Devant
l'ampleur du mouvement nationaliste, les autorités
françaises ramènent le sultan de son exil et accordent finalement
au Maroc son indépendance le 2 mars 1956.
Le Maroc est une monarchie constitutionnelle et
héréditaire. Le Roi y est à la fois une autorité religieuse (« Commandeur des croyants »), le chef suprême des armées et préside le Conseil des Ministres. Il choisit le Premier Ministre et nomme les Ministres sur proposition de celui-ci. Le Parlement est composé de deux chambres élues : la chambre des représentants et la chambre des conseillers.
Le Maroc a opté pour le pluralisme politique. On dénombre une trentaine de partis légaux. L'ancienne opposition était dominée par deux partis héritiers du Mouvement national pour l'indépendance du Maroc : l'Istiqlal (PI) et l'Union socialiste des forces populaires (USFP). Elle a accédé en 1998 à la tête de la coalition gouvernementale, appelée « gouvernement d'alternance ». Suite aux élections législatives de septembre 2002, une nouvelle coalition a été formée incluant : l’USFP, le PI, le RNI (centre droite), le MP et le MNP (partis berbéristes), et le PPS (ex-parti communiste), avec à sa tête un Premier ministre apolitique, M. Driss Jettou.